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Eglise Vianney Beaumont / photo 7 Jours à Clermont
Photo 7 Jours à Clermont
Patrimoine

Étonnante église Saint Jean-Marie Vianney

A la limite de Clermont et de Beaumont, se cache une église moderne qui mérite le détour. Voici l'histoire de cette importante pièce du patrimoine de la métropole clermontoise.

A la fin des année 50, le curé de l’église Jeanne-d’Arc, Paul Combris, s’inquiétait de l’extension tant géographique que démographique que prenait sa paroisse. Située sur le boulevard Jean-Jaurès dans le quartier des Salins, son église se retrouvait bien éloignée des fidèles qui avaient choisi de résider à la limite de Clermont et de Beaumont. Il sollicita, alors, Monseigneur de la Chanonie, l’évêque de l’époque, afin d’obtenir l’autorisation de construire une nouvelle église non loin du célèbre Pont de Vallières. La réponse positive arriva sous la forme d’une lettre écrite en latin. «Ecclesia Aedificaretur», sorte de permis de construire catholique préalable à la demande du vrai permis de construire délivré par la commune*. L’emplacement de la future église allait être déterminé par l’achat du presbytère, rue du Docteur Lepetit.

Un manque de moyens qui en fait une église remarquable

Eglise Vianney Extérieur / photo 7 Jours à Clermont
Eglise Vianney, extérieur / photo 7 Jours à Clermont

Au milieu du XXe siècle, l’Église Catholique n’est plus aussi riche que par le passé, et l’édification nécessite d’avoir recours à un financement par les paroissiens eux-même, forme primitive de financement participatif, la foi en contrepartie. L’architecte Albéric Aubert assisté de Joseph Massota est appelé à travailler sur un édifice forcement marqué par l’économie de moyens. A une époque où l’on maîtrise parfaitement le béton, il conçoit une église aux formes rectilignes sans fioriture. Le corps principal est un cube tout simple et le clocher de 28 mètres de haut est constitué de deux fines lames, en bétons elles aussi, surmontées d’une simple crois en fer. Pour faire entrer la lumière à l’intérieur, l’architecte choisit de parsemer les murs de petites dalles de verre colorées, organisées géométriquement. La nef de 30m x 16m est totalement dégagée grâce à l’utilisation de la technique du plafond caissonné qui permet de s’affranchir de piliers et autres points d’appui.
60 ans plus tard, cette église est devenu une pièce importante du patrimoine de la métropole et un témoin clé de l’architecture moderne. A l’intérieur l’ambiance reste solennelle. Il est baignée par la lumière quasi divine que laissent passer les pavés de verre. Mieux vaut la visiter par beau temps et à l’heure où le soleil est au sud, pour profiter au mieux des effets de couleur.

Dédiée au Saint Curé d’Ars

Entre la première pierre, posée au printemps 1961, et l’inauguration à la fin de l’été 1962, il se sera à peine écoulé 16 mois. L’église bénie par Monseigneur de La Chanonie, est dédiée à Jean-Marie Vianney, le Saint Curé d’Ars qui vécu dans la simplicité, à l’image de cette église clermontoise qui porte son nom. Dès le premier office, le Père Brugière, s’y installe et en restera le curé pendant près de 40 ans. Aujourd’hui la paroisse est sur une belle dynamique, le vœux de Paul Combris est donc exaucé. Les paroissiens continuent également à contribuer, n’hésitant pas, si nécessaire, à user du pinceau et du rouleau pour entretenir le bâtiment.

Albéric Aubert, architecte d’édifices remarquables à Clermont

Pavillon Emile Roux / photo 7 jours à Clermont
Pavillon Emile Roux / photo 7 jours à Clermont

Diplômé architecte de l’École des beaux -arts de Paris en 1925, Albéric Aubert, est nommé architecte des hospices de Clermont-Ferrand en 1930. L’année suivante il construit le pavillon Émile-Roux à l’entrée est de l’Hôtel-Dieu, (un bâtiment heureusement préservé dans le cadre de la rénovation du quartier) puis en 1933, le pavillon juste en face. En 1936, il se fait remarquer en signant L’Hôpital Sabourin, (aujourd’hui L’école d’architecture), dont l’architecture est marquée par le Bauhaus. Valentin Vigneron travailla sans doute avec lui sur ce projet sans que son nom n’apparaisse pour autant. (Lire notre article VV, comme Valentin Vigneron). Par la suite Aubert apposa sa signature sur le Lycée Roger Claustre et sur de nombreux immeubles du boulevard Jean-Jaurès non loin de… l’église Jeanne-d’Arc.

*Le permis de construire sous sa forme moderne date de 1943, en réponse à la volonté des pouvoirs publics de contrôler les constructions urbaines.

À propos de l'auteur

Olivier Perrot

Pionnier de la Radio Libre en 1981, Olivier Perrot a été animateur et journaliste notamment sur le réseau Europe 2 avant de devenir responsable communication et événements à la Fnac. Président de Kanti sas, spécialisée dans la communication culturelle, il a décidé de se réinvestir dans l'univers des médias en participant à la création de 7jours à Clermont.

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