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Anne-Sophie Simonet

Historienne de formation universitaire, Anne-Sophie Simonet arpente depuis des décennies le « petit monde » clermontois de la presse. Auteur d'une dizaine d'ouvrages, c'est en tant que président de l'association Les Amis du vieux Clermont qu'elle invite à cheminer dans sa ville natale, la plume en bandoulière.

D'Histoire en Histoires

Auteur : Anne-Sophie Simonet

Chroniques

La « course aux clous » Michelin, en 1892  

En 1891, Michelin et Cie n’a que deux ans lorsque la course cycliste Paris-Brest-Paris, remportée par Charles Terront en 71 heures sans sommeil, met en évidence les vertus made in Clermont du pneu démontable. Voici donc venu le temps d’enfoncer le clou ! Ce sera, l’année suivante, l’unique but de la Course Michelin internationale Paris-Clermont. En toute logique, le règlement stipule que, quelle que soit leur marque, les machines – une seule par inscrit avec plombage obligatoire des roues au départ – devront être équipées de pneus Michelin… achetés par les coureurs ! La durée de...

Histoire

Au général Henri Mordacq…

… La Ville de Clermont-Ferrand enfin reconnaissante va rendre hommage. Le 11 novembre 2018, un siècle après la fin de la « Der des Ders » et des années après sa « résurrection » par le chercheur amateur Jean-Paul Fontanon[1], une plaque en mémoire du bras droit de Clemenceau sera dévoilée sur son immeuble natal, sous l’impulsion de l’association Les Amis du vieux Clermont et en complicité avec Le Souvenir français. Clin d’œil de l’histoire, l’homme de confiance du « Tigre » est né à Clermont-Ferrand le 12 janvier 1868, 22 rue de l’Hôtel-Dieu, l’actuelle...

Chroniques

Les palettes d’Étienne Clémentel (1864-1936)

Pour accompagner la publication d’une riche biographie sur le maire de Riom pendant 32 ans*, les archives municipales de la cité consacrent, jusqu’au 28 octobre, une exposition à la redécouverte du ministre polyvalent le plus inamovible de la Grande Guerre. Pourtant, Étienne Clémentel ne réussit jamais à être président du Conseil, même à deux doigts d’y parvenir, en octobre 1929. Alors que le monde bascule dans la crise économique, place à de nouvelles ambitions, telles André Tardieu ou le nouveau potentat radical (Républicain de gauche) auvergnat, Pierre Laval, patron du journal Le Moniteur...

News de la rédaction

Et de battre le grand cœur de Béatrice Bafoil a cessé…

… Avec brutalité et pudeur, un mot apparemment en décalage avec son comportement parfois exubérant, souvent dérangeant. Pourtant, derrière l’écorchée vive, se calfeutrait une personnalité riche, profondément attachante et même romantique. Fille unique d’un couple de couteliers thiernois, Béatrice, née à Vichy le 12 août 1960, suit un parcours universitaire de juriste que son papa juge plus rentable qu’une proposition d’embauche à La Montagne. Puis, nantie d’un D.E.A. « Journalisme-Communication » obtenu à Marseille, elle devient… journaliste ! S’enchaînent alors, saupoudrés de...

Chroniques

La France en un mot

Il est un mot qui vient du fond des âges et du fond des tripes en roulant au fond des gorges comme les galets au fond du gave de Gavarnie. Il est un mot qui fait péter les conventions en un « cri libertaire du caca opprimé »[1]. Il est un mot qui a réponse aussi immédiate qu’instinctive à tout (étonnement, désarroi, chagrin, colère, joie, dépit, admiration, enthousiasme, dégoût…) et même, raffinement suprême, à rien ! Il est un mot que les gamins apprennent plus vite que les autres tant il est gentiment interdit. Il est un mot que les touristes prononcent avec une application...

Chroniques

Un peu, « bon goût », passionnément…

Des chapelets de Vierges lourdaises délicatement bleutées et nuitamment phosphorescentes. Un bâton de berger un peu plus sec que le saucisson d’un certain Justin B. mais pas assez endurant pour affronter le GR20*. À ce propos insulaire, un brin d’humour ajaccien servi sur sets de table coréens plastifiés : « Un Corse rentre chez lui après une journée de travail. Visiblement exténué, il dit à sa femme : “Le patron nous a fait travailler comme quatre. Heureusement qu’on est dix !”» Voici des ersatz de santons aux yeux bridés visiblement pas « Ravis » de crécher sur une étagère en mécréante...

Chroniques

De Richard Wagner au wagnérisme auvergnat

Le wagnérisme est à Wagner ce que le « beethovénisme » ne sera jamais à un autre maître universel de la musique, une façon d’appréhender, traduire et transmettre une influence, toutes formes d’art confondues. En France, où de défaite de 1870 en revanche attendue, tout ce qui fait référence aux Prussiens est proscrit, la pensée de l’auteur Wagner est néanmoins relayée par Verlaine, Mallarmé, Villers de l’Isle Adam, Stuart Merrill ou André Suarès, notamment via la Revue wagnérienne, mensuel paru de février 1885 à juillet 1888. Persuadé que « l’œuvre d’art doit embrasser tous...

Chroniques

Les « fusillés pour l’exemple » de 14-18

Grande Guerre et immense traumatisme… La France devra attendre 1950 pour retrouver ses 41 600 000 d’habitants de 1913-1914. Près de 1 400 000 soldats meurent au champ d’honneur, dont 68 000 issus des rangs de la 13e Région militaire clermontoise. Et comme si combattre les « Boches » ne suffisait pas, des poilus tombent sous des balles françaises bien avant les mutineries de 1917. La fleur au fusil fanée, les soldats encaissent mal le premier hiver et l’attente fébrile de permissions sans cesse reportées. À leur désarroi répondent des conseils de guerre spéciaux aux...

Chroniques

Bibi-la-Purée a choqué les ver(re)s avec Verlaine

Grand-père Bibi, Jean Salis, avait émigré de son village des Grisons suisses en Livradois pour chercher moins d’infortune. Papa Bibi, qui exerce le gouleyant métier de cabaretier, abreuve le Cercle littéraire d’Ambert. Bibi, né André-Joseph Salis à Ambert le 28 juillet 1848, est pris en charge, à 16 ans, par son oncle prêtre qui devient son tuteur et lui verse une rente. Après un hypothétique service militaire dans les zouaves, sa « figure chafouine [dans laquelle] s’étire une bouche édentée aux lèvres minces, serrant un éternel mégot » arpente Paris. Dans l’effervescent Quartier latin, Bibi...

Chroniques

Le « nègre » malgré lui de Molière

1670, année du Bourgeois gentilhomme – L’Illustre Théâtre est, depuis cinq ans, la « Troupe du Roi » en charge des spectacles officiels. De cour en salon, les envoyés spéciaux de Molière glanent des sujets d’inspiration, soigneusement mis en fiches. Puis, son staff met au point les scénarii et se partage les tâches, Molière ne jouant que le rôle de superviseur, ce qui explique sans doute l’absence de manuscrits de ses œuvres dans la langue de lui-même ! Le 3 octobre 1670, en partant chasser en forêt de Chambord, Louis XIV passe commande à sa Troupe d’une comédie-ballet à donner au château le...