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Hôtel Fontfreyde
Hôtel Fontfreyde - Centre Photographique / Photo 7 Jours à Clermont
Culture Rencontre

Centre photographique : “Avoir des regards originaux sur l’agglomération”

Emblème de la ville, l'Hôtel Fontfreyde - centre photographique est définitivement engagé pour la ville et ses habitants. François Nicolas L’Hardy, directeur-chargé programmation et Paule Lanternier, chargée des relations et de la médiation nous ont ouvert les portes du lieu pour en expliquer son fonctionnement avec les résidences d’artistes et les visites atypiques.

Depuis 2010, le Centre Photographique Fontfreyde accompagne la création avec la résidence d’artiste pour « garder une trace historique » de Clermont. Actuellement, son fonds conserve environ 300 à 400 œuvres avec des expositions en perpétuelle circulation avec le Réseau Diagonal. Grâce au travail de médiation, il “brasse toutes les classes sociales” et d’âges et de manière la plus originale possible avec “les visites atypiques” où des intervenants extérieurs complètent les présentations.

François Nicolas L’Hardy, directeur et chargé de la programmation : “Le but c’est d’avoir des regards originaux sur l’agglomération”

7J : Il y a-t-il toujours un appel à candidature pour choisir les artistes en résidence ?
FNLH : L’année de Marion Poussier c’était comme ça mais pour l’année suivante en 2019, on a transformé le système de la résidence en une sorte de mission photographique du chantier de la nouvelle Comédie. C’était important pour la ville d’avoir une trace historique de ce moment. Pascal Aimar s’était chargé de cette mission, c’est un photographe qui vit d’ailleurs dans la région. C’étaient des personnes en capacité de le faire et non pas un appel à candidature.

7J : Comment s’est déroulé l’accompagnement de Marion Poussier ?
FNLH : La résidence de Marion a débuté en 2018 et s’est étalée sur presque un an et demi. Après sa série de photos, il a fallu réfléchir à la manière d’organiser l’exposition découlant du projet à Clermont. Je tenais vraiment à présenter ses séries les plus anciennes pour les mettre en contexte et présenter son avancée dans la photographie. Elle a voulu travailler avec Sonia Chiambretto, une écrivaine et l’idée du livre est venue ensuite.

Fontfreyde tu me loves
Expo “Tu me loves ?” / photo E. D’Aversa

7j : Les artistes en résidence doivent-ils toujours photographier la ville ?
FNLH : Oui, c’est le contrat que l’on passe avec les artistes. Le but c’est d’avoir des regards originaux sur l’agglomération. C’est la dimension humaine qui m’a poussé à choisir Marion Poussier. Son projet était déjà bien défini. Elle voulait s’intéresser aux rencontres, aux clermontois plutôt qu’aux rues, aux histoires d’amours et aux banlieues.

7J : Dans la série « Tu me loves », quels étaient les quartiers de Clermont représentés ?
FNLH : Marion parcourait la ville en tramway pour se rendre dans ces lieux, en allant des Vergnes à Croix de Neyrat. Les quartiers sont anonymisés pour proposer une vision poétique et qui n’est pas clichée. Cela s’est fait naturellement car Marion s’intéresse vraiment aux gens. Elle ne fait pas une étude sociologique sur les quartiers. Elle vient avec son thème à elle : les histoires d’amour de jeunesse. Il se trouve que c’était dans les banlieues et ce n’était pas simple.

7J : L’exposition durera jusqu’au 19 septembre, qui sera le prochain artiste exposé ?
FNLH : Ce sera “Grand remix urbain”. C’est une exposition collective sur la ville et son architecture. Je voulais travailler avec Michelin, l’école supérieure d’art de Clermont et avec la biennale de l’architecture pour essayer de donner une vision mosaïque de Clermont et capturer des lieux emblématiques. Il y aura notamment la série de Pascal Aymard sur la nouvelle Comédie.

Paule Lanternier, chargée des relations et de la médiation : “brasser toutes les classes sociales “

Quel est le profil des visiteurs à l’Hôtel Fontfreyde – centre photographique ?
Il est de plus en plus varié grâce aux actions de médiation mises en place. Nous accueillons des personnes des quartiers de Champratel et de Croix-de-Neyrat. Je travaille aussi avec des séniors et du très jeune public. Finalement, le public le plus difficile à capter est les actifs.

7J : Au-delà des expositions, croyez-vous que l’affluence de l’Hôtel Fontfreyde soit dû à son architecture du XVIème et sa gratuité ?
PL : La gratuité est primordiale pour brasser toutes les classes sociales et ne pas avoir qu’un public de privilégiés. L’architecture joue aussi. Il y a des personnes qui ne sont pas du tout intéressées par les expos et qui viennent pour le patrimoine que représente le lieu.

Expo "Tu me loves ? / Photo E.D'aversa
Expo “Tu me loves ? / Photo E.D’aversa

7J : Pour les “visites atypiques”, vous avez collaboré avec Lee Voirien qui s’évertue à transmettre l’art aux personnes malvoyantes. Comment ont-il pu faire leur travail pour la photographie?
PL : Même si les personnes ne voient pas, des visites guidées théâtralisées sont organisées dans lesquelles l’association Lee Voirien intervient en tant que médiateur. Certains sont comédiens et jouent des scènes inspirés des rôles tirés des photographies. Les visites étaient ponctuées par des scénettes.

7J : Pour d’autres “visites atypiques”, vous avez œuvré avec le SUC (Service Culture Universitaire) et avec un groupe de chanteurs inspiré du monde des drag queens pour toucher un public encore plus diversifié.
PL : Les étudiants de la filière gestion culturelle s’investissent pour présenter l’exposition avec une intervention thématique. Ce sont des visites interdisciplinaires avec des danses comme de la salsa, des sketchs et du violoncelle. Inspirés des drag queen, des jeunes font du playback sur des chansons d’amour, tous les premiers mercredis et samedis du mois durant les visites tout public. Je leur fais une visite en amont et ils me font des propositions de chansons très différentes, des plus anciennes et modernes. Pour l’exposition de Marion Poussier, le lip sync permet de mettre un peu de distance, parce qu’il y a de l’autodérision.

7J : Comment appréhendez-vous les visites avec des groupes de publics d’âges très différents ?
PL : Je travaille avec les séniors du CCAS. Certains peuvent se rendre à l’exposition et l’on organise des lectures photographiques. En période scolaire, je travaille avec des élèves de tous niveaux. Avec le Covid et les groupes, il faut respecter les jauges sanitaires.

7J : Quel sera l’événement prévu lors de la journée du patrimoine du 19 septembre ?
PL : Il y aura des visites commentées tout l’après-midi. Entre chaque visite, un orchestre de fanfare, ktipietok orkestar, viendra jouer des morceaux. Nous avons déjà fait des répétitions. Ce sera très joyeux et cela apportera beaucoup de bonne humeur. Ils joueront sur les fenêtres qui donnent sur la rue des Gras.

Centre Photographique – Hôtel Fontfreyde : 34 rue des Gras, Clermont-Ferrand. Ouvert du mardi au samedi de 14h à 19h

À propos de l'auteur

Emma D'Aversa

Étudiante en Master d’histoire et anciennement en hypokhâgne, Emma souhaite faire du journalisme son métier. Originaire de Clermont, elle est particulièrement intéressée par l'actualité culturelle mais aussi sociale, environnementale et politique.

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