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Photo Mylène Vantal.
Culture Vendredi

Ionesco, imparable et absurde…

La compagnie Clermontoise Le Valet de Coeur reprend "La Cantatrice chauve", toute première pièce d'Eugène Ionesco, dans son théâtre de poche de la rue Antoine d'Auvergne.

C’est une relation fidèle. Celle que la compagnie clermontoise Le Valet de Cœur a noué avec le théâtre d’Eugène Ionesco. Au point que la troupe lui a consacré, il y a deux ans, l’ensemble d’une saison. En ce début 2018, dans la froidure de l’hiver, le Valet de Cœur va ainsi reprendre « La Cantatrice Chauve » dans une mise en scène de Marie-Françoise Savary.

« Les conventions du théâtre sont abolies »

Cette pièce, d’abord intitulée « L’anglais sans peine » fut la toute première écrite par l’auteur. Créée en mai 1950 au Théâtre des Noctambules, elle abolit, à sa façon, les frontières entre tragique et comique et se révèle un monument du théâtre de l’absurde. « La Cantatrice Chauve ne répond à aucun code, elle n’a pas la structure classique d’une pièce avec une exposition, un développement, une chute » estime Jean-Yves Lenoir, le directeur artistique du Valet de Coeur. « Elle aurait tout aussi bien pu commencer au milieu, formant une sorte de ruban sans fin, sans fil rouge. Les conventions du théâtre sont abolies, les personnages n’ont pas de caractère, ils sont interchangeables. On est dans une sorte de déstructuration de l’être humain et de la parole… »

Clichés, lieux communs

Photo Mylène Vantal.

Mr et Mme Smith ont fini de dîner. Ils bavardent, papotent. Leurs propos sont futiles, sans intérêt. Ils sont bientôt rejoints par un couple, les Martin… S’installe une conversation d’une banalité confondante. Tout n’est que clichés, lieux communs, affirmations creuses. Le seul mérite de la discussion est peut-être de rompre le silence, d’occuper le temps, de combler les vides et, pour les personnages, d’exister en société. Sur la scène du Théâtre du Valet de Cœur : des chaises, des horloges et six comédiens : tous artisans ou objets d’une mécanique imparable. La mise en scène est signée par Marie-Françoise Savary.« Je me suis attachée au texte, strictement au texte, au rythme des phrases, écartant délibérément tout superflu. La chance est de pouvoir compter sur des comédiens totalement en phase avec la pièce » explique-t-elle. Dès lors l’engrenage se met en place. Ionesco se révèle imparable…

Les 12, 13, 19, 20, 26 et 27 janvier à 20h30 au Théâtre du Valet de Coeur, rue Antoine d’Auvergne à Clermont, tél: 04-73-91-20-66.

 

À propos de l'auteur

Marc François

Marc François

A débuté le métier de journaliste parallèlement sur une radio libre et en presse écrite dans les années 80. Correspondant de plusieurs médias nationaux, rédacteur en chef de l’hebdomadaire Info Magazine (Clermont, Limoges, Allier) pendant 9 ans, il a présidé le Club de la Presse Clermont-Auvergne entre 2009 et 2013. Il est l’initiateur de 7 Jours à Clermont.

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