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Bernard Murat derrière une Arnolt Bristol datant de 1955. Photo Denis Pourcher.
Rencontre Week-End

Bernard Murat: “L’esprit de Charade Classic n’est en rien dénaturé…”

Le rendez-vous mensuel des passionnés de véhicules anciens est désormais payant sur le circuit de Charade. Avant le deuxième rendez-vous 2018, ce dimanche 6 mai, Bernard Murat, initiateur de la manifestation, explique les raisons de ce changement et les nouveautés qui en découlent...

Le deuxième épisode de Charade Classic- version 2018 se déroulera dimanche 6 mai avec un zoom particulier porté à la R6 et à la R4. La première a 50 ans, la seconde est éternelle. Avant ce rendez-vous mensuel qui draine les passionnés vers le vénérable circuit, 7 Jours à Clermont a rencontré Bernard Murat, l’un des initiateurs de la manifestation. Lui-même bien entendu mordu de belles mécaniques anciennes, de silhouettes élégantes, de robes rutilantes et d’engins qui en ont sous le capot.

7 JOURS A CLERMONT: 2018 marque une évolution pour Charade Classic. La formule de gratuité, appréciée par le public, a vécu. Pourquoi ce changement? Était-ce l’heure de passer la vitesse supérieure?

BERNARD MURAT: En réalité, il y a eu un accord entre le Conseil départemental, propriétaire du circuit, et le gestionnaire du lieu afin que la collectivité territoriale limite son soutien. La solution envisagée a donc été de faire payer les entrées à la manifestation. Ça n’est en rien un changement d’orientation ou une nouvelle philosophie…

7JC: L’équipe d’organisation de Charade Classic n’est donc pas indépendante…

B.M: Juridiquement, nous n’avons pas d’existence. C’est la direction du circuit qui, officiellement, organise la manifestation et il en est ainsi depuis le début de l’histoire. Lorsque j’ai pensé à cet événement récurrent, je suis allé voir la direction du circuit. Elle a été séduite immédiatement mais n’avait pas l’expertise de ce type de rendez-vous. Du coup, elle s’est entourée d’une dizaine de bénévoles dont je fais partie en tant que créateur. Nous nous sommes basés sur le principe des Cars and Coffees américains.

7JC: Quelles sont donc les principales modifications entrées en vigueur au mois d’avril?

B.M: L’accès est donc payant: 5€ pour les véhicules exposés et 2€ par personne pour le public alors que, jusque-là, nous étions dans la gratuité pour les uns et les autres. L’objectif est d’être indépendants pour soulager le Département. Afin de faire passer la chose auprès du public, nous nous sommes dits qu’il fallait en offrir davantage. Du coup, la journée est étendue, de 9h à 17h désormais, alors que nous stoppions à midi jusqu’à maintenant. On met sur pied, chaque mois, de nombreuses animations: la formule pique nique, des stands, des  propositions pour les enfants telles les mini-motos ou des véhicules radio-commandées. Désormais, le public peut également découvrir le circuit au volant, à travers des parades, ou en tant que passager, grâce à des baptêmes de voitures de course. J’organise aussi le Best of Show, l’élection mensuelle du plus beau véhicule, auto et moto, avec remises de coupes et de diplômes. Tout cela fait partie des petits plus…

7JC: Cela dénature-t-il l’esprit de la manifestation?

B.M: Selon moi, absolument pas. Globalement, en avril, les gens ont apprécié les nouveautés proposées et les efforts pour les divertir…

7JC: La fréquentation a-t-elle souffert de ces nouvelles dispositions lors de l’ouverture, le mois dernier?

B.M: Il est difficile de tirer des enseignements en fonction d’un seul dimanche. Nous avons noté une légère baisse, nous nous y attendions. En effet, le premier dimanche d’avril correspondait au week-end de Pâques avec son pont de trois jours et il y avait aussi la concurrence du match de l’ASM au Michelin. Nous avons accueilli 350 véhicules, contre 500 pour le meilleur score jusque-là enregistré, et plus de 500 personnes, en ce qui concerne le public visiteurs. Nous sommes optimistes pour la suite…

7JC: Le principe d’un thème mensuel est-il maintenu?    

La R4 Savane à l’honneur le 6 mai.

B.M: Oui, cela plaît et constitue une animation supplémentaire, goûtée par le public. Nous mettons ainsi en exergue une marque, un modèle, des années, une philosophie… Pour ce mois de mai, les R4 et R6 seront à l’honneur. En juin, nous accueillerons un rassemblement de véhicules d’origines américaines et en juillet, sur le thème du hippie day, coccinnelle et combi VW seront à l’affiche.

7JC: La Traversée de Clermont aura-t-elle lieu cet été?

B.M: Effectivement, elle se déroulera le premier dimanche de juillet. Cette manifestation est organisée par l’association M.E.C (Motoring Enthusiast’s Club) qui fait partie de l’organisation de Charade Classic mais la structure est indépendante. Notre projet actuel, c’est de partir de L’Aventure Michelin, la manufacture nous aide, en effet. Nous devrions rejoindre Vulcania pour y pique-niquer et  finir la journée à Charade Classic. Toutefois, ce parcours n’est pas finalisé, nous sommes encore en tractation avec Vulcania.

7JC: Selon vous, les passionnés de véhicules anciens sont-ils d’irréductibles nostalgiques ou de grands enfants qui ont besoin de beaux joujous?

B.M: Des nostalgiques, sans doute, mais pas seulement. Il y a aussi, parmi eux, des investisseurs, des amoureux de mécanique et simplement des curieux. Une certitude: les voitures étaient plus belles autrefois, elles avaient de la personnalité, une âme. Dans la passion des véhicules anciens, il existe certainement une dimension esthétique.

7JC: Vous croyez en l’avenir du circuit de Charade…

B.M: Dans la mesure où je travaille pour cela, je veux y croire et j’y suis profondément attaché. Toutefois, j’y croirais davantage si une collectivité ou un privé se donnait les moyens d’une telle réussite. Or, faire vivre un circuit, cela demande beaucoup d’argent…

À propos de l'auteur

Marc François

Marc François

A débuté le métier de journaliste parallèlement sur une radio libre et en presse écrite dans les années 80. Correspondant de plusieurs médias nationaux, rédacteur en chef de l’hebdomadaire Info Magazine (Clermont, Limoges, Allier) pendant 9 ans, il a présidé le Club de la Presse Clermont-Auvergne entre 2009 et 2013. Il est l’initiateur de 7 Jours à Clermont.

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