« Il n’y a plus de saison » entend-on régulièrement. Expression ô combien populaire et usitée qui ne date pas d’aujourd’hui. On dit « il n’y a plus de saison » comme on emploierait « c’était tout de même mieux avant… ». Ce qui est à la fois vrai sur un certain plan et pas évident sous d’autres aspects.
Querelle de clocher
De quelle saison parle-t-on déjà ? De saison calendaire, qui débute aux environs d’un 21 du mois, ou de saison météorologique, qui la précède de quelques semaines. L’hiver attend-il vraiment les environs de Noël pour s’installer ? Et l’été doit-il guetter l’arrivée de la Saint-Jean pour jeter ses premiers feux ? De même, aux premiers jours de septembre, n’est-ce pas déjà, un peu, beaucoup, l’automne ? Saison calendaire ou saison météorologique ? Affaire de spécialiste, en réalité, qui ressemblerait presque à une querelle de clocher.
Chemises et gros pulls
Souvenirs d’hivers blancs et de printemps doux, immaculés. Etés chauds et beaux, juste perturbés par quelques orages de fins d’après-midis… Sans doute les saisons étaient-elles plus marquées il y a quelques décennies. Elles avaient leur caractère, leur personnalité, leur sensibilité et ne souffraient guère de compromis. Les nuances et les contrastes se vivaient aux interstices. Pour le reste, on savait à peu près où l’on allait : chemises en été, gros pulls et manteaux en hiver, avec une écharpe par-dessus le marché. Il en est ainsi dans nos mémoires, peuplées de longues soirées estivales et d’épisodes neigeux. Mais il n’est pas tout à fait sûr que cette vision un peu idéale résisterait à une étude plus scientifique et à une méticuleuse recherche historique. Peut-être la météo est-elle aussi affaire de cycle ?
Un constat indiscutable
Reste évidemment le dérèglement climatique qui, lui, est indiscutable. Comment d’ailleurs pourrait-il en être autrement avec l’activité humaine qui n’épargne rien, surtout depuis l’avènement de l’ère industrielle : pollution, rejets, déchets de toutes sortes, expansion territoriale, destruction des espaces naturels. Autant de phénomènes qui ne peuvent pas demeurer sans conséquence. L’homme et sa toute puissance, l’homme et son explosion démographique, l’homme et son mode de développement engendrent le chaos. Dire qu’il menace la planète n’est pas tout à fait une réalité car la Terre en a vu d’autres et elle lui survivra sans l’ombre d’un doute. Mais c’est la vie sur Terre qu’il met en péril et ça n’est tout de même pas anodin. Décidemment, « il n’y a plus de saison »…
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