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Marc François.
Photo Fanny Reynaud.
Edito

Désenchantement européen

Dans deux mois, les citoyens européens désigneront 720 députés pour les représenter. Les conséquences seront importantes, pourtant l’événement ne suscite guère d’enthousiasme.

L’élection européenne n’est certes pas le scrutin préféré des Français. L’abstention s’y révèle généralement massive voire record.  Le phénomène n’est pas forcément révélateur d’une hostilité de principe à l’union « politico-économique » mais il s’explique plutôt par la distance et la désincarnation d’une structure, perçue davantage comme un appareil ou un système que comme l’idéal commun qu‘elle pourrait ou devrait être.

Pas de sex-appeal

S’il a parfois bon dos, servant régulièrement de fusible, il faut avouer que l’actuel modèle européen, hyper-technocratique, ne fait pas rêver et qu’il porte les germes de sa propre impopularité. En fait, l’organisme ne fait guère d’efforts pour séduire les populations.

L’enjeu européen paraît ainsi lointain, diffus, complexe, relatif, imprécis, indirect, abstrait à de nombreux concitoyens qui, le 9 juin prochain, déserteront les bureaux de vote. Il est pourtant conséquent voire déterminant, prégnant sur le quotidien, primordial pour l’avenir. Il s’agira en l’occurrence non seulement de désigner des députés siégeant à Strasbourg mais surtout d’affirmer quelle Europe les électeurs veulent pour demain. Ecologie, économie, immigration, sécurité, relations internationales, guerre en Ukraine : rares sont les sujets qui échappent de nos jours au giron européen.

Ici Paris

Au-delà de sa dimension « continentale », le scrutin affirmera aussi un évident caractère national que les différents camps affirmeront ou relativiseront au soir de l’élection, en fonction des résultats. Entre mauvaise foi et langue de bois… Pour l’heure, les différents états-majors se positionnent, avec un œil sur les sondages. Ceux qui ont le vent en poupe tentent de profiter de leur élan, ceux qui apparaissent en position fâcheuse s’efforcent déjà de sauver les meubles. Et quelques outsiders se mettent à rêver de troubler le jeu. La vérité qui sortira des urnes à la fin du printemps  ne constituera- pour notre pays- qu’une photographie de l’état actuel de l’opinion. Mais elle sera scrutée, étudiée, analysée, décortiquée. Et il est sûr que certains auront la gueule de bois.

 

 

À propos de l'auteur

Marc François

A débuté le métier de journaliste parallèlement sur une radio libre et en presse écrite dans les années 80. Correspondant de plusieurs médias nationaux, rédacteur en chef de l’hebdomadaire Info Magazine (Clermont, Limoges, Allier) pendant 9 ans, il a présidé le Club de la Presse Clermont-Auvergne entre 2009 et 2013. Il est l’initiateur de 7 Jours à Clermont.

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