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Homme au bout d'un ponton Photo Hubert Nowik Pexels
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Edito

Retraite et force de l’habitude

Quand on referme le chapitre de sa vie professionnelle s’ouvrent en principe de nouvelles perspectives. Mais le temps est compté.

Un de mes amis ne va pas tarder à « prendre sa retraite ». Comme beaucoup d’entre nous à la soixantaine bien sonnée, il ressent une évidente lassitude face à son quotidien, après des années et des années de labeur répétitif et systématique. Un ras-le-bol qui va de pair avec une forte envie de disposer de temps pour mener à bien d’autres projets et retrouver, peut-être, l’essentiel. Cette aspiration légitime est d’autant perceptible chez lui qu’il travaille pour l’éducation nationale. Un beau métier sans doute que celui de transmettre mais qui s’exerce aujourd’hui dans des conditions délétères. Les enfants et adolescents de 2026 ne ressemblent guère à ceux que nous fûmes il y a un demi-siècle. J’imagine combien il doit être difficile d’enseigner dans la situation actuelle, avec un déficit d’autorité et un respect naturel rarement au rendez-vous.

Juste avant

Fort de ma propre expérience, je lui conseille régulièrement de bien profiter de ces derniers mois d’exercice professionnel, de goûter autant que possible à cette période précieuse de l’ « avant » sachant qu’elle sera éphémère. Rien n’est plus délicieux en effet que ce qui précède un événement heureux. C’est comme attendre un amour sur un quai de gare en grillant une cigarette ou bien guetter l’arrivée de vacances désirées depuis longtemps. Plus tard, on finit nécessairement par s’habituer et l’ordinaire est rarement compatible avec le désir, la répétition avec le plaisir.

À bout de souffle

À la vérité, l’ami en question ne semble guère écouter mes conseils, n’aspirant qu’à pousser un « ouf » de soulagement et à mener une nouvelle vie qui, en réalité, ne sera jamais, dans le meilleur des cas, qu’un quart de vie. Car la retraite, si elle apporte une forme de liberté relative, n’est en rien un élixir de jeunesse et les années finissent par plomber même ceux qui ne se voient pas vieillir.  L’existence peut être comparée à un livre mais certainement pas à un repas où l’on garde souvent le meilleur en guise de conclusion. La vie, elle, se termine toujours mal. Elle nous prive naturellement de dessert.

Marc François

Marc-Francois / Photo Fanny Raynaud
Photo Fanny Raynaud

 

 

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À propos de l'auteur

Marc François

A débuté le métier de journaliste parallèlement sur une radio libre et en presse écrite dans les années 80. Correspondant de plusieurs médias nationaux, rédacteur en chef de l’hebdomadaire Info Magazine (Clermont, Limoges, Allier) pendant 9 ans, il a présidé le Club de la Presse Clermont-Auvergne entre 2009 et 2013. Il est l’initiateur de 7 Jours à Clermont.

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