L’Insee Auvergne-Rhône-Alpes a publié une étude sur le lieu de naissance des habitants de la ville de Clermont, classée 24e ville de France en 2023 avec 146 400 habitants. Entre 2017 et 2023, le nombre de Clermontois a augmenté de 0,3 % chaque année, ce qui est moins que la moyenne de la région Auvergne-Rhône-Alpes, qui s’établit à 0,5 %. La croissance est portée par ce que l’on nomme l’excédent naturel. Avec des naissances plus nombreuses que les décès, Clermont compte 540 âmes supplémentaires, mais comme, parallèlement, 130 personnes quittent la ville, la croissance est au final de 410 nouveaux habitants chaque année.
Être né quelque part
Mais tous ces habitants sont-ils nés à Clermont ? Selon les statistiques, seuls 29 % des Clermontois sont réellement nés à Clermont, soit moins de 3 sur 10. C’est un taux plutôt faible si on le compare avec celui de villes de même importance. Mais la situation est-elle si limpide que cela ? L’Insee se base sur les chiffres bruts, alors que parfois la réalité territoriale pousse à la distorsion. Le nombre de naissances sur une commune dépend évidemment de la présence de maternités et de leur implantation. Dans la métropole clermontoise, on peut accoucher par exemple à Beaumont, où est installée la très réputée maternité La Chataigneraie. Ainsi, en 2023, 17 % des Clermontoises ont choisi d’accoucher en dehors de Clermont. À cela s’ajoutent les déménagements vers les villes limitrophes. Un natif de Clermont qui s’installe aux Galoubies, donc à Chamalières, ne reste-t-il pas clermontois ? Selon les chiffres de l’Insee, non, alors que dans la réalité quotidienne cela ne change pas grand-chose.
5 % des Clermontois sont nés dans l’Allier
Si seulement 29 % des Clermontois sont nés à Clermont, quels sont les lieux de naissance des 71 % autres ? On évoque ici un indice d’attractivité et, sans surprise, les Clermontois nés dans une commune du Puy-de-Dôme représentent 13 %, chiffre identique à la somme des départements limitrophes. L’Allier arrive en tête avec 5 % des Clermontois y étant nés. Le taux baisse à 2 % pour le Cantal, la Loire et la Haute-Loire, et tombe à 1 % pour la Corrèze et la Creuse. Au total donc, plus de la moitié des Clermontois sont nés dans le Puy-de-Dôme ou dans l’un des départements qui l’entourent, le taux d’attraction devenant plus faible avec l’accroissement de la distance. Reste l’autre moitié : 25 % sont nés « ailleurs » en France, y compris dans les territoires d’outre-mer, et 20 % sont nés à l’étranger, soit environ 30 000 personnes. Quinze mille sont nés en Afrique, le Maghreb représentant à lui seul 9 500 Clermontois. Les autres sont nés en Europe, avec trois pays bien représentés : le Portugal, l’Italie et l’Espagne, résultat du flux migratoire de la main-d’œuvre ouvrière d’après-guerre. Enfin, les personnes natives d’Asie ne représentent que 3 % de la population clermontoise.
L’université attire les jeunes
Avec une offre de formation universitaire complète et des logements assez abordables (lire notre article Les premiers chiffres de l’Observatoire territorial du logement étudiant de la métropole clermontoise), Clermont attire la jeunesse, y compris de loin, sans doute de départements où il y a peu de possibilités de faire des études supérieures. Parmi les jeunes Clermontois nés dans d’autres départements français, deux sur cinq sont âgés de 18 à 29 ans. Les moins de 18 ans sont quant à eux 33 % à être nés à Clermont, contre 17 % pour l’ensemble des Clermontois nés ailleurs.











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