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Rentrée scolaire à Amédé Gasquet comme partout ailleurs / Photo 7 Jours à Clermont
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Rentrée scolaire 2026 : téléphone, IA, canicule et inclusion

À l'aube d'une année scolaire marquée par une baisse importante du nombre d'élèves, le déploiement de nouvelles règles sur le portable, la nécessité d'intégrer l'IA, la rectrice de l'académie de Clermont fait le point sur les défis de cette rentrée 2026.

1er septembre 2026, jour de rentrée scolaire. Dans l’académie de Clermont, 206 713 élèves suivront l’enseignement cette année, 103 749 pour le premier degré, 102 964 pour le second. Par rapport à la rentrée 2025, c’est 3 377 élèves de moins, une baisse importante à laquelle doivent faire face 1 223 écoles, 185 collèges et 1 488 établissements du second degré dans lesquels travaillent 22 745 personnels dont 16 784 enseignants. Virginie Dupont, rectrice d’académie, vit sa seconde rentrée et doit gérer les grands dossiers du moment.

« On a toujours des sujets qui nous intéressent plus que d’autres »

Virginie Dupont, c’est votre seconde rentrée en tant que rectrice de l’académie de Clermont. L’an dernier, vous découvriez un peu le territoire. Là, vous avez un an de recul. Avez-vous mis votre patte personnelle cette année ? Vous démarquez-vous de ce que vous demandent vos instances nationales ?
Virginie Dupont : Alors, écoutez, oui, deuxième rentrée, donc j’ai appris à mieux connaître le territoire et j’espère pouvoir mettre davantage ma patte sur les projets de l’académie. Et puis pour tout vous dire, on va devoir travailler sur le projet académique qui va devoir se mettre en place début 2027. Donc ça va être l’occasion justement de réunir un certain nombre de personnes pour y réfléchir et essayer de construire un projet à 3 ans. Et pour autant, les priorités nationales sont pour l’Éducation nationale, donc elles sont forcément pour l’ensemble des académies. Après, on a toujours des sujets qui nous intéressent plus que d’autres, où on a envie d’impulser davantage parce que ça nous tient à cœur. Et puis aussi, le territoire fait aussi qu’on a envie d’aller approfondir un certain nombre de champs plus que d’autres.

7JàC : 1er septembre, le grand jour, la rentrée : êtes-vous sereine ?
V. D : Écoutez, oui, sereine puisque donc on a globalement un enseignant devant chaque élève. Il nous reste quelques moyens provisoires dans quelques disciplines qui ne sont pas encore réalisés, mais ça veut dire en fait quelques heures disciplinaires et pas des postes entiers en fait dans les établissements. Donc globalement, oui, on peut être satisfaits du travail qui a été fait avec les établissements et les RH du rectorat pour mettre un enseignant devant chaque élève à la rentrée.

Le téléphone portable au fond du sac

7 Jours à Clermont : Inclusion, téléphone portable, IA… est-ce que ce sont des choses que vous avez incluses dans vos priorités pour le territoire précisément ? Virginie Dupont : Oui, effectivement, l’inclusion, le numérique, le téléphone, sont des sujets de toute façon qui nous concernent tous. Donc le téléphone portable, on va devoir appliquer la loi, c’est-à-dire que le téléphone au lycée sera au fond du sac. Et ensuite, pour l’utilisation, on va dire qui pourrait être autre et donc permise au sein de l’établissement, chaque conseil d’administration d’établissement va devoir être revu au cours du mois d’octobre pour déterminer la façon dont le portable doit être utilisé par chacun dans un établissement.

7JàC : Quel est le message en fait derrière la non-utilisation du téléphone pour les élèves pour cette rentrée scolaire ?
V. D. : Le message, c’est que les élèves se concentrent sur leurs apprentissages, se concentrent justement sur les cours avec l’objectif important que ça vienne améliorer le climat scolaire, parce qu’avec l’utilisation du téléphone se rajoute l’utilisation des réseaux sociaux. Aujourd’hui, ils n’ont pas été interdits, il est possible que ça revienne dans les mois à venir, mais l’objectif, c’est vraiment d’essayer que les jeunes, pendant les temps où ils sont au lycée, se concentrent uniquement sur leurs apprentissages.

7JàC : Quelques mots sur l’inclusion ?
V. D. : Pour l’inclusion, on travaille au plus près pour essayer d’accompagner et d’accueillir le plus possible les élèves dans les établissements. Et on travaille aussi au plus près avec la MDPH (Maison départementale des personnes handicapées). Aujourd’hui, on va mettre en place les pôles d’appui à la scolarité qui devraient nous permettre d’accompagner mieux les élèves à besoins particuliers, dont les élèves en situation de handicap.

7JàC : La cybersécurité est un sujet qui vous préoccupe aussi ?
V. D. : Chacun doit prendre sa part sur le volet du numérique. La vigilance au niveau du numérique, de l’élève à l’enseignant, au personnel administratif et technique, doit conduire à une utilisation la plus raisonnée possible du numérique et à une utilisation des mails qui soit la plus propre et la plus protectrice pour l’ensemble des systèmes d’information de l’Éducation nationale.

Utilisation rationnelle de l’IA

7 Jours à Clermont : Sur l’IA, quelle est votre ligne de conduite ?
Virginie Dupont : C’est de former tout le monde, à la fois les personnels administratifs, les enseignants et les élèves, à une bonne utilisation de l’IA, mais une utilisation qui fait qu’ils en comprennent les enjeux. Les personnels, eux, vont surtout l’utiliser pour faciliter leur travail quotidien. Pour les élèves, l’enjeu est surtout de l’utiliser pour mieux comprendre les choses, une utilisation qui ne les amène pas à ne plus avoir d’esprit critique et à ne plus réfléchir, ni à prendre ça comme une solution facile en disant : « Eh bien je vais utiliser l’IA, comme ça en fait ça va me demander moins de travail. » Mais non, ce n’est pas ça l’objectif. Donc il faut aussi qu’on forme nos enseignants pour qu’ils puissent aussi utiliser cette IA avec les élèves avec une utilisation qui soit intelligente.

7JàC : Au regard de la progression de l’IA, c’est difficile de former des enseignants sur quelque me chose qui ne sera peut-être plus d’actualité 6 mois plus tard. V. D. : C’est sûr que c’est quelque chose qui va devoir aller vite… mais on se doit de le faire. Donc on ne dit pas qu’on va devancer ce qui va se passer, mais en tout cas, il faudra être au plus près de l’innovation pour répondre le mieux possible, parce que c’est un enjeu fort, à la fois pour les enseignants et pour les élèves.

Un plan canicule à venir

7JàC : On sort d’une longue période de chaleur. Est-ce que dans l’académie, vous avez eu des remontées d’établissements où il est très difficile de travailler, notamment à partir du mois de juin ?
V. D. : Oui, comme dans les autres académies. Il a quand même fait particulièrement chaud sur le territoire au mois de juin et au mois de juillet. On a eu des établissements et notamment des écoles, parce que leur nombre est plus important, qui ont eu des problématiques climatiques avec des sensations au-delà de 30-35 degrés dans les classes. Et si on doit réfléchir à du moyen-long terme pour des réaménagements, des isolations des bâtiments… Pour autant, il faudra qu’on voie dans certains établissements des aménagements d’horaires, dans les périodes les plus chaudes, comme ça a pu être le cas cette année.

7JàC : Et s’il y a une grosse canicule qui arrive en septembre, est-ce qu’il y a quelque chose qui change du point de vue du protocole par rapport à celui de juin dernier ?
V. D : Alors, par rapport au protocole qui a été mis en place en juillet dernier, non, puisqu’on regardera les situations au cas par cas avec des aménagements d’écoles notamment et ça se fera avec les DASEN*. Il n’y aura pas de changement radical par rapport à ce qui s’est passé en juillet parce que c’est un peu tôt. Il faut attendre le retour d’expérience de ce qui s’est passé et qui est en cours au niveau national. Ensuite, il sera proposé un plan canicule. Et donc, à ce jour, en tout cas, on n’a pas les éléments. Si dans 15 jours-3 semaines, il y a un autre phénomène caniculaire, eh bien on travaillera comme on l’a fait en fait au début de l’été.

3 500 élèves de moins pour la rentrée 2026

7 Jours à Clermont : Une problématique commence à poindre, la baisse de la démographie. Vous allez devoir anticiper cette baisse, avec un nombre d’élèves moindre et donc d’enseignants moindre ?
Virginie Dupont : Tout à fait, une baisse démographique sur 10 ans de -16 %, ce qui est énorme. -2,2 % cette année déjà, ça fait presque 3 500 élèves de moins pour la rentrée 2026. Donc oui, il y aura un regard forcément sur le nombre d’enseignants, c’est inévitable. On a des contractuels aujourd’hui que l’on engage à passer le concours pour qu’ils deviennent titulaires et qu’ils ne soient plus sur des emplois précaires. On aura des dialogues avec le ministère sur le nombre de postes qui seront ouverts et offerts l’année prochaine aux futurs étudiants. Et forcément, dans le temps, eh bien ce nombre de postes va diminuer. Ce sera quand même néanmoins à regarder avec les territoires et aussi en lien avec la pyramide des âges sur chacun de ces territoires.

7JàC : On peut craindre une crise de vocation avec moins d’emplois, donc des étudiants qui se dirigent moins vers le métier d’enseignant ?
V. D. : Alors écoutez, non, je ne pense pas. Avec la réforme des concours qui vient d’être réalisée, on s’est aperçu qu’il y a eu un regain de candidatures. Et d’ailleurs, les résultats ont été très bons dans l’académie, donc on est très satisfaits. On est une académie aujourd’hui qui est toujours extrêmement attractive avec des lauréats qui sont des lauréats avec de très bonnes notes, ce qu’on ne voit pas forcément dans toutes les académies. Donc je pense qu’en tout cas dans notre académie, il y aura toujours une forte attractivité pour ce métier. Le fait est que les postes risquent peut-être de diminuer et donc qu’il y aura moins de reçus. Mais l’attractivité est toujours forte.

*DASEN : Directeur académique des services de l’éducation nationale.

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À propos de l'auteur

Olivier Perrot

Pionnier de la Radio Libre en 1981, Olivier Perrot a été animateur et journaliste notamment sur le réseau Europe 2 avant de devenir responsable communication et événements à la Fnac. Président de Kanti sas, spécialisée dans la communication culturelle, il a décidé de se réinvestir dans l'univers des médias en participant à la création de 7jours à Clermont.

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