Le nombre de morts sur les routes du Puy-de-Dôme depuis le début de l’année 2026 est anormalement élevé. Depuis le 1er janvier, 37 personnes ont perdu la vie dans un accident de la circulation, soit 11 de plus que toute l’année 2025 durant laquelle on avait dénombré 26 décés.
Cette hausse peut s’expliquer par un phénomène observé depuis plusieurs mois, à la fois par les services de l’État et les forces de sécurité intérieure qui ont relevé davantage de comportements à risque sur les routes. Plusieurs causes ont été identifiées. La vitesse excessive est naturellement une des principales, mais elle n’est pas la seule. La hausse de la consommation d’alcool et/ou de stupéfiants et l’usage du téléphone prennent leur part, et il est constaté que ces facteurs sont parfois cumulés dans un même accident.
En concertation avec Éric Serfass, le procureur de la République, et les forces de sécurité, Anne Frackowiak-Jacobs, préfète du Puy-de-Dôme, a pris de nouvelles mesures qui entrent en vigueur à compter de ce 1er octobre.
Son objectif est de renforcer la répression pour tenter d’endiguer le phénomène des comportements à risque et d’éloigner de la route les automobilistes dangereux.
Les points de permis disparaissent davantage avec la vitesse
Le barème propre au département du Puy-de-Dôme fait état de mesures de suspensions administratives du permis de conduire renforcées :
– Pour un excès de vitesse de plus de 40 km/h, la rétention du permis passe désormais à 5 mois, et à 6 mois en cas de grand excès de vitesse de plus de 50 km/h.
– Un conducteur contrôlé au volant sous l’emprise de stupéfiants est désormais sanctionné de 6 mois de suspension de permis, et de 12 mois pour une récidive.
– Sous l’emprise de l’alcool, un conducteur contrôlé positif risque de 2 à 12 mois de suspension.
– En cas de consommation cumulée d’alcool et de stupéfiants, de refus de se soumettre à un dépistage ou de refus d’obtempérer, le tarif est d’office de 12 mois de retrait.
– Enfin, grâce à la loi RIPOST, un “rodéo” est à présent sanctionné par 6 mois de suspension.
2 mois de suspension de permis pour usage du téléphone au volant
Il est prouvé que téléphoner en conduisant multiplie par 3 le risque d’accident, et les statistiques sont là : l’utilisation du téléphone est aujourd’hui responsable d’un accident corporel sur 10.
Or, selon le baromètre 2024 d’Axa Prévention, 46 % des conducteurs français déclarent téléphoner en conduisant aux dépens de la sécurité. Ils avouent utiliser leur smartphone au volant pour au moins un usage : appels, SMS et GPS qu’ils sont 41 % à paramétrer en roulant. De 31 % à 36 % consultent ou envoient des SMS, alors que 22 % consultent leurs notifications.
Face à ce fléau, la préfète du Puy-de-Dôme a décidé de ne pas tergiverser. L’usage du téléphone au volant entraînera désormais une suspension systématique de 2 mois du permis de conduire. Jusqu’alors, la suspension n’était possible qu’en cas de cumul d’infractions, téléphone et vitesse par exemple.
Autrement dit, les mauvaises habitudes vont devoir disparaître et les deux mains rester sur le volant, seule solution possible pour ceux qui ne peuvent pas se passer de téléphoner en conduisant : avoir une voiture équipée d’un système mains libres intégré. Oreillette, écouteur ou casque et manipulations de l’appareil sont interdits.
Port du casque désormais obligatoire pour les trottinettes
Autre mesure qui va nécessiter un changement radical des habitudes, le port du casque devient obligatoire dans tout le département du Puy-de-Dôme pour les EDPM (engins de déplacement personnel motorisés). On parle ici de toutes les trottinettes électriques, des gyropodes et des vélos à assistance électrique d’une puissance moteur supérieure à 250 watts ou dotés d’une gâchette de vitesse.
Il convient de rappeler que la vitesse maximale par construction des engins de déplacement personnel motorisés est limitée à 25 km/h. Circuler avec un modèle débridé ou capable de dépasser cette vitesse est tout simplement interdit sur les pistes cyclables, les routes et les zones ouvertes au public.
Il existe également des vélos électriques homologués dont les moteurs affichent une puissance supérieure à 250 watts avec une vitesse maximale de 45 km/h. Ces modèles sont considérés comme des cyclomoteurs et doivent posséder une carte grise et une immatriculation ; ils ne peuvent pas circuler sur les pistes cyclables et leurs utilisateurs doivent posséder les équipements de sécurité requis.
À noter enfin que le port d’un gilet de haute visibilité ou d’un équipement rétro-réfléchissant en cas de visibilité insuffisante ou de nuit devient lui aussi obligatoire dans le Puy-de-Dôme.
La préfecture annonce des contrôles renforcés avec beaucoup de fermeté et de nombreuses infractions qui feront l’objet de mises en fourrière systématiques des véhicules.











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