Championne de France avec l’ASM Romagnat Rugby Féminin en 2021, la troisième ligne Lauryne Chèze, responsable développement et innovation dans l’entreprise familiale Minéral Déco située à Ébreuil dans l’Allier, fait son retour sous les couleurs jaune et bleu. À 27 ans, elle montre une envie certaine de retrouver le parfum du haut niveau du rugby féminin.
7 Jours à Clermont : Lauryne, peux-tu nous expliquer un peu ton parcours, durant ces cinq années, plus ou moins loin de ta vallée de la Sioule et des montagnes d’Auvergne ?
Lauryne Chèze : Juste après le titre de championne de France de 2021 face à Blagnac, j’ai eu l’opportunité de partir au LOU, pour connaître un autre projet de rugby, mais aussi avec un travail derrière. C’était l’occasion de découvrir une autre dimension au niveau de mes études, de mon travail sur l’innovation et le développement, dans une ville qui est très dynamique économiquement. J’ai fait 3 ans et demi là-bas, puis, par la suite, je suis partie un an au Canada pour voyager et développer l’aspect linguistique. J’ai joué au rugby également dans ce pays, ce qui m’a permis de faire pas mal de connaissances. Après, je suis rentrée en France, avec pour objectif de partir en Irlande pour travailler, mais cela ne s’est pas fait. Du coup, j’ai commencé à travailler avec mes parents et ma sœur, ce qui m’a bien plu, au point de vouloir continuer l’aventure avec eux. J’ai aussi donné un coup de main à l’équipe féminine de l’Entente Sioule Limagne, à Gannat (club où Lauryne a commencé le rugby), où j’ai entraîné quelque temps suite au décès de leur coach Tarik.
7JàC : Au LOU, tu es arrivée dans un projet sportif qui débutait au niveau du rugby féminin ?
L. C : Oui, comparé à ici où le rugby féminin est ancré depuis longtemps, la genèse du projet sportif du LOU est beaucoup plus récente. J’ai eu comme coachs David Attoub et Jean-Matthieu Alcalde principalement. Nous avons très vite fusionné avec le centre de formation et les pros ; j’ai pu découvrir de superbes infrastructures.
« Tout s’est très vite professionnalisé »
7 Jours à Clermont : 5 ans après, te revoilà au club. Quel regard portes-tu, justement, sur l’ASM Rugby Féminin ?
Lauryne Chèze : Beaucoup de choses ont changé depuis mon départ. J’ai repris en mai, lorsque j’ai fait part à Fabrice (Ribeyrolles) et Vincent (Fargeas) de ma volonté de revenir ici. J’ai fait la fin de saison en tant que sparring-partner, ce qui m’a permis de reprendre la préparation physique. J’ai le plaisir de retrouver le noyau central des filles, qui n’a pas beaucoup bougé, et de découvrir le projet de la Cité du rugby qui va bientôt nous accueillir. Je vois que, maintenant, tout s’est vraiment professionnalisé, tant sur le fond que sur la forme, avec de beaux outils de travail et un staff qui s’est élargi. J’ai aussi hâte de découvrir cette Cité du rugby, qui va nous offrir de belles conditions de travail pour performer et pour recruter. Je vois que le travail sur la formation est pertinent avec des jeunes qui montent de cadettes et qui s’entraînent avec nous. Le recrutement est solide et va nous amener dans une concurrence positive. Cela pousse vers le haut. Je me sens bien ici.
« Besoin de me densifier physiquement en gardant mes qualités de guerrière »
7 Jours à Clermont : Performer, ce mot te va bien, toi qui ne laisses rien au hasard dans ta préparation et toi qui es reconnue comme une vraie guerrière sur le terrain ?
Lauryne Chèze : Cette approche du rugby, je l’ai depuis mes 15 ans. C’est un peu ma façon de fonctionner. Le rugby est mêlé à ma vie. Tant que nous sommes étudiantes, il est plus facile de s’adapter aux horaires d’entraînement. Lorsque nous entrons dans la vie active, c’est un autre sujet. Il faut arriver à concilier le travail et le rugby de très haut niveau. Je vais travailler sur mon rôle de polyvalence entre la troisième et la deuxième ligne en gardant mes qualités de guerrière et de plaqueuse, comme tu le soulignais. J’ai un vrai enjeu aussi de me densifier au niveau physique pour pouvoir rivaliser sur les postes de deuxième ou troisième ligne. Il me faut aussi reprendre des automatismes de vitesse, car le jeu ne cesse de s’accélérer. Avec une coupure d’un an, il faut se remettre dedans, et donc travailler.
7JàC : Tu vas redécouvrir ce championnat Élite 1 qui s’annonce assez dense ?
L. C : Oui, j’ai hâte de me frotter à ce qui se fait de mieux au niveau du rugby féminin en France. Ce championnat évolue, il faut suivre physiquement et mentalement. Il faut donc faire les efforts nécessaires pour rester compétitive en tant que joueuse. Cette compétition se joue avec un effectif de presque 35 à 40 joueuses pour répondre aux doublons, aux blessures éventuelles. Je pense que les matchs seront plus accrochés cette année, ce qui est une bonne chose pour la lisibilité de notre championnat et pour le diffuseur, qui est Canal +.












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