Accueil » Sports » ASM : grand-messe, trombinoscope et poker menteur
JALA et ses oeuvres Photo Yves Meunier
JALA et ses oeuvres Photo Yves Meunier
Sports

ASM : grand-messe, trombinoscope et poker menteur

Une partie de poker menteur n’est pas la guerre. En préambule à l’ouverture de négociations qui s’annoncent serrées, le président et le manager de l’ASM ont joué groupés à l’invitation de l’incontournable grand-messe annuelle initiée par le « Bouclier Arverne ». Un club de supporters qui cultive son originalité.

Y aurait-il parmi eux des Astérix, Obélix, Idéfix ou Agecanonix ? Assurément, car on en connaît des petits malins nerveux, des bien enrobés, des têtus et… pas mal d’anciens, tous activistes notoires, fondateurs de cette cohorte de Gaulois regroupés sous la bannière du « Bouclier Arverne » depuis l’an 2000. Avec Goscinny et Uderzo, cette même bannière évoquait la résistance à l’occupant romain. Cette fois, il s’agissait d’agir au soutien d’une troupe en Jaune et Bleu s’épuisant depuis sept ou huit décennies dans la conquête d’un fuyant Bouclier de Brennus.

À l’époque, plusieurs associations de supporters de l’ASM y allaient chacune de leurs initiatives, jusqu’à la création en 2006 d’un Interclubs voué à fédérer les énergies. Au programme : organisation de déplacements hexagonaux ou européens, animations dans le stade, réservations de places pour les matchs à l’extérieur…

Trombinoscope

Avec ses 150 adhérents, pilotés depuis l’origine par Alain Néron et depuis peu par Patrice Grand, le Bouclier Arverne fait partie des 22 associations de supporters adhérentes de l’Interclubs. Une « Yellow Army » forte d’environ 3 000 soldats.

L’originalité du Bouclier Arverne réside notamment dans l’organisation d’une grand-messe de rentrée chaque jeudi soir précédant le coup d’envoi du TOP 14. Comme à l’habitude, c’est sous les frondaisons clermontoises du siège de la Banque Populaire que s’est déroulée début septembre cette immuable cérémonie dont le caricaturiste JALA est l’indéfectible ministre du culte depuis 26 ans.

Photos Yves Meunier
Photos Yves Meunier

Des joueurs et entraîneurs jusqu’au staff de direction, personne n’échappe au trombinoscope des troupes caricaturées façon Fernand Raynaud et son emblématique « régiment qui passe ». À chaque année sa tête de Turc en couverture de ce calendrier illustré de la saison des « Jaune et Bleu ». Une exception toutefois pour cette édition 2026 puisque c’est la Cité du Rugby qui a les honneurs de la une du trombinoscope. En cours d’achèvement du côté des Gravanches, ce projet unique en France rassemblera l’ensemble des équipes du « One ASM » (pros, filles, formation, école de rugby) en mutualisant les installations dans l’esprit d’un partage des compétences.

Plusieurs unités du One ASM devraient s’y mettre à l’abri avant l’hiver, mais pas encore les pros du XV que le général Urios préfère ne pas dépayser avant la trêve de février.

Côté cour, le président Jean-Claude Pats et le brain trust du club étaient au rendez-vous de cette 26e grand-messe du Bouclier Arverne au fil de laquelle Christophe Urios a présenté ses nouveaux soldats. Côté jardin, les discussions allaient bon train quant aux actualités du moment suite aux récents « seuls en scène » du manager et du président.

Un président de l’ASM vénère

Il n’avait pas dit « y en a ras le bol » ou « ça me gonfle sévère », mais un plus académique : «Ce n’est pas possible…la saison n’a pas commencé qu’on est déjà en train de parlerdu recrutrement de la suivante, c’est délétère pour les joueurs et les clubs. » Référence du président aux départs inattendus pour Toulon de Régis Montagne et Léon Darricarrère à l’issue de l’exercice 2026-27. Et d’en appeler au rugby pro « de se remettre en question pour légiférer de manière différente. »

Il fut un temps où les joueurs internationaux se trouvaient interdits de terrain pendant une saison en cas de changement de club… afin d’éviter les surenchères. Il fut un autre temps, pas si lointain, où les acteurs du rugby pro se voyaient menacés de sanctions s’ils révélaient des mutations avant le mois d’avril. Mais ça, c’était avant la logorrhée des réseaux sociaux alimentés par ces mêmes acteurs du terrain, leurs copains ou les agents, le tout inévitablement repris par la presse. Si quiconque peut croire à un retour à la sagesse, il se goure !

Quant aux deux futurs ex-Montferrandais en question, leur exil annoncé vers la Méditerranée ne serait donc pas une affaire d’argent. Peut-être alors que l’indicible effroi affiché par la fille de Bernard Tapie à l’idée de déménager du Pays basque vers l’Auvergne dans le sillage de son compagnon rugbyman leur a ouvert les yeux : la Grande Bleue, c’est quand même autre chose que le plan d’eau de Cournon ou le lac d’Aydat ! Quoi qu’il en soit, le président Pats s’est révélé « déçu et triste ». Fermez le ban !

J.C pats et C. Urios par JALA
J.C Pats et C. Urios par JALA

Urios à quitte ou double

Au terme d’un premier bail, le club avait remis au pot avec Christophe Urios pour deux saisons plus une en option. Même s’il peut paraître inapproprié de mettre sur le tapis les mouvements de joueurs pour la saison suivante, l’avenir de l’encadrement sportif semble relever d’une certaine urgence.

Le principe est, à peu de chose près, celui du « Jeu des 1000 euros ». À la fin du premier questionnaire (le contrat de 2 ans), le candidat peut se voir proposer un tour de piste supplémentaire (le Banco) qu’il acceptera ou non, selon ses envies et ambitions. Sur France Inter, l’animateur (Nicolas Stoufflet, vieille connaissance chamaliéroise) exige un choix immédiat : « Banco ou pas Banco ? ». Entre Jean-Claude Pats et Christophe Urios, ce sera différent. On donnera du temps au temps, jusqu’au passage du Père Noël… D’ici là, dans quel camp la balle sera-t-elle ?

Le président de l’ASM constate que dans le monde du rugby : « Il y a aujourd’hui un turn-over important chez les entraîneurs. Mais je ne souhaite pas être un acteur actif dans ce domaine. J’accorde beaucoup d’importance au travail dans la durée. » Une position étayée par le fait qu’à part un bataillon de seconds couteaux, les éventuels successeurs du manager de l’ASM Clermont ne seraient pas légion sur le marché.

Le temps des négociations est donc venu entre le club qui, apparemment, préférerait jouer la continuité, et l’entraîneur en chef dont on ne sait s’il se contenterait du Banco ou serait tenté par le coup du Super Banco. Une chose est sûre, les résultats de l’automne vont forcément alimenter des parties de poker menteur dans lesquelles l’habile manager semble avoir pris la main.

Pendant ce temps-là… les supporters pourront prier pour que le bon choix soit fait et allumer des cierges aux pieds de Notre-Dame du Rugby, à proximité du stade Michelin. Depuis fin août, l’église Notre-Dame de la Prospérité abrite une chapelle dédiée au culte du « Jaune et Bleu ».

Dans cette yellow church, les supporters pourront participer à des temps de prière les jours de match avant d’aller à la rencontre de nourritures moins spirituelles du côté des food trucks et des buvettes du stade.

Comme le rabâchent depuis des lustres entraîneurs, capitaines, meneurs d’hommes et supporters : « Faut y croire les mecs, faut y croire, allez, allez ! »

ND du Rugby
ND du Rugby
Partager :

À propos de l'auteur

Yves Meunier

Bourbonnais originaire de Gannat où il s’est essayé au rugby sous le maillot de l’ASG pendant une douzaine d’années. Diplômé d’Etudes Supérieures en Sciences Economiques à l’Université de Clermont. Journaliste à France3 Région de 1972 à 2007. Aujourd’hui impliqué avec des amis dans une aventure viticole du côté de Saint-Emilion et toujours en prise avec le sport auvergnat au sein de l’Union des Journalistes de Sports en France.

Commenter

Cliquez ici pour commenter

Sponsorisé

Les infos dans votre boite

Sponsorisé