Sauts, lecture de jeu, adroite ballon en main, efficace en défense, la troisième ligne de l’ASM Rugby Féminin a tout simplement éclaboussé de sa classe ce match contre le Canada. Arrivée à l’ASM Romagnat en 2019, en provenance de Perpignan, Mouna Touré n’a cessé de grandir sous la houlette du tandem Fabrice Ribeyrolles – Vincent Fargeas.
Mouna Touré met tout le monde d’accord
« Deux années après mon arrivée au club, je suis championne de France », déclare celle qui ne lâche jamais rien sur un terrain. Crainte par ses adversaires, oubliée par le staff tricolore d’avant, certains se demandaient si la jeune femme de 25 ans possédait les qualités pour jouer en bleue et s’y installer durablement. Mouna Touré a donné la réponse, samedi 26 septembre, sur la pelouse du stade Marcel-Deflandre.
Dès ses premiers plaquages, nous avons senti que ce serait un bon jour pour la troisième ligne tricolore, qui a sans cesse mis son équipe dans l’avancée. Au sein d’une formation tricolore qui a trouvé des solutions et qui a connu beaucoup moins de déchets que lors des deux autres matchs, Mouna Touré s’est mise très vite au diapason du très haut niveau. Disponible au soutien, véritable poison en touche, la tricolore, pour sa première titularisation, a annihilé pas mal d’attaques adverses, semant le doute chez les Canadiennes. Nous ne pouvons passer non plus sous silence son grattage important en début de seconde période, prouvant que son bagage rugbystique est complet.

À cela, il faut ajouter une condition physique hors norme chez cette athlète qui n’hésite pas à couvrir, avec intelligence, les quatre coins du terrain. Nul doute que les prochains adversaires vont scruter son jeu à la loupe pour essayer de contrer celle qui « féraille », comme aime à le rappeler le coach tricolore François Ratier. Mathilde Lazarko et Alexandra Chambon, avec un superbe essai pour cette dernière, ont réalisé des rentrées très propres, amenant encore plus d’énergie et de maîtrise en fin de rencontre à cette équipe de France qui va pouvoir s’envoler plus sereinement vers le pays du Long Nuage Blanc pour trois matchs contre les Black Ferns.
En adéquation avec le projet de jeu
Disciplinées, efficaces en défense comme sur le jeu au large, les coéquipières de Pauline Bourdon n’ont laissé aucune chance aux Canadiennes, dépassées par l’intensité des Françaises. Car ces dernières se sont remises en question, sur leur indiscipline et surtout sur les plaquages, bien trop hauts la semaine dernière. Le discours a porté ses fruits et les Françaises ont maîtrisé leur rugby en imposant leur style de jeu et en étant très pragmatiques dans le jeu au sol.
Avec des ballons éjectés très rapidement après deux ou trois temps de jeu, les Françaises ont très rapidement imposé leur rythme, ne laissant que trop peu d’occasions à leurs adversaires pour espérer autre chose. Ce jeu au large, aéré avec un maximum de vitesse, est la marque de fabrique de ce staff. C’était l’objectif de François Ratier et de son staff de vouloir dynamiser ce jeu chez les Bleues, en amenant dans le bon tempo le ballon sur les côtés. Elles ont même gagné en précision avec une utilisation du ballon beaucoup plus définie.
« Nous voulons prendre du plaisir et en donner également aux spectateurs », soulignait l’ex-Clermontoise Assia Khalfaoui avant le match contre l’Irlande au printemps dernier. Avec des stades toujours aussi bien garnis lors des rencontres internationales de rugby féminin, cette équipe entre dans le cœur des supporters, car il se passe vraiment quelque chose dans ce groupe qui concerne environ 50 joueuses et dont les rotations amènent une certaine plus-value. Et, par ces temps moroses, cela fait du bien de voir ces joueuses avec un tel caractère, une envie de partager de belles histoires ensemble et de bien jouer au rugby, tout simplement.










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