Au début des années 2010, Clémence et Philippe, Parisiens originaires de Clermont, travaillent dans une ressourcerie parisienne nommée La Petite Rockette. Avec l’envie de revenir en Auvergne, ils décident de monter leur projet de ressourcerie à Clermont et s’entourent de cinq ou six personnes pour ouvrir Je Recycle Parc, dans un local situé au numéro 32 de l’avenue Édouard-Michelin. Pour cela, ils créent une association loi 1901, qui pendant onze ans accueille une trentaine de salariés et tout autant de bénévoles attirés par cette aventure à la fois humaine, solidaire et écologique.
Jusqu’à 110 tonnes triées par an
La base du projet Je Recycle Parc est d’essayer d’arrêter de jeter et de favoriser l’achat de seconde main. Cette démarche prend tout son sens aujourd’hui, à l’heure d’une surconsommation généralisée, en particulier dans le domaine des textiles où les plateformes web du low-cost sont devenues reines. Rapidement, Je Recycle Parc entre dans la vie des Clermontois, qui trouvent dans cette ressourcerie une alternative aux déchetteries qui n’offrent pas de seconde vie aux objets.
« On a débuté à moins de 5 tonnes au démarrage de Je Recycle Parc, on termine entre 75 et 110 tonnes triées par an », explique Julien Berland, arrivé comme bénévole au début de l’aventure et aujourd’hui président de l’association, qui précise : « L’association ne s’occupait que de ce qu’il y a dans une maison : mobilier, électronique, électroménager, livres, jouets, vêtements. On ne triait pas chez les donateurs, on récupérait la totalité de ce que les gens donnaient, on faisait ensuite le tri dans le local de l’association. »
« On ne peut plus continuer malgré les aides des éco-organismes et de la métropole »
Si Julien Berland parle au passé, c’est que l’aventure Je Recycle Parc prend fin ce dernier week-end de septembre. L’association a opéré quelques choix stratégiques malheureux et fait partie des victimes de la crise économique qui touche les populations les plus précaires.
« C’est un mélange de plein de choses, nos choix ont rendu les choses compliquées et les gens ont de moins en moins les moyens. Ils ont l’obligation de réfléchir à où va leur argent. Un objet non utile comme un bibelot ne va pas s’acheter, contrairement aux choses de première nécessité comme les vêtements, les gazinières, les machines à laver… qui rendent la vie plus simple. Tout cela cumulé fait que l’on ne peut plus continuer malgré les aides des éco-organismes et de la métropole. »
Tristesse et larmes aux yeux
Au-delà de l’arrêt de l’activité de ressourcerie, très utile à la population, la fermeture de Je Recycle Parc a également un impact social. Les locaux, au fil des ans, avaient fini par devenir un lieu de vie où se côtoyaient clients, collectionneurs, bénévoles, salariés, acteurs de l’économie sociale et solidaire, sans compter les habitants du quartier qui venaient aussi pour discuter sans forcément acheter.
« Je suis triste de terminer cette aventure à laquelle je participe depuis 11 ans », reprend Julien Berland. « Heureusement, certains avaient une vie en parallèle, ce qui est mon cas, car je suis artiste peintre, et ils auront plus de temps à consacrer, mais les salariés vont devoir retrouver un emploi. Et puis pour les clients que l’on voit tous les jours depuis des années, il y a aussi de la tristesse et des larmes aux yeux, parce qu’on était un lieu de communication, de rencontres. Certains venaient pour passer une heure à discuter, ils prenaient un objet à un euro, histoire de dire, mais c’était leurs moments à eux. Et puis il y a aussi les bénévoles, tristes parce qu’ils voulaient que l’association évolue, grandisse et s’épanouisse. »
Les Clermontois qui souhaitent que leurs objets inusités suivent la filière réemploi perdent un service de centre-ville, mais ils peuvent néanmoins se retourner vers l’association Les Mains Ouvertes à Gerzat ou Emmaüs à Aubière.








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