Stirling était autrefois la capitale du royaume d’Écosse. Cette ville, située au nord de Glasgow, porta le titre de « bourg royal » jusqu’à ce que la reine d’Angleterre Élisabeth II lui accorde le statut de « cité » en 2002, à l’occasion de son jubilé.
C’est dans cette ville, qui compte un peu plus de 45 000 habitants, que Lola Otto, une native de la région d’Avignon inscrite dans un Master international à l’Université de Clermont, arriva un jour pour faire un stage dans le cadre du fameux programme Erasmus. Un second stage à Huntly, ville proche d’Aberdeen (ville jumelée avec Clermont), la persuada de quitter le sud de la France pour s’installer définitivement en Écosse après avoir rédigé son mémoire de fin d’études sur le tartan, célèbre étoffe de laine à carreaux aux couleurs des peuples celtes.
Le Covid et le Brexit en décidèrent autrement. Lola dut revenir à Clermont et envisager son avenir en Auvergne, où les paysages ressemblent parfois un peu à ceux du Nord de l’île britannique, mais avec des montagnes moins pointues.
Un projet développé au sein de l’incubateur du Damier
D’Écosse, Lola Otto ramena une véritable passion pour le whisky, qu’elle a développée en plus de celle qu’elle avait de longue date pour le polar et le thriller. Cette double passion la poussa à imaginer un projet de librairie-café, une forme de commerce nouvelle à Clermont* si l’on considère que le Café des Volcans n’est qu’un élément supplémentaire de la librairie et que Emma’s Book Shop n’est pas un café mais un salon de thé.
Avant de lancer son affaire, la jeune femme de 31 ans, qui avait eu des jobs d’étudiante à la fois dans la restauration et dans la librairie, développa son projet au sein d’UBIK, l’incubateur d’entreprises du Damier, le cluster des Industries Culturelles et Créatives. Le projet bouclé, il ne restait plus qu’à trouver un lieu avec un impératif : qu’il soit situé dans le quartier Ballainvilliers, le nouveau place to be clermontois.
« On n’a pas l’impression d’être en France »
Le 22 septembre dernier, les Clermontois ont pu découvrir, au 18 de la rue Saint-Esprit, Stirling Books & Drinks avec, au-dessus de la porte d’entrée, le dessin d’une superbe vache de race Highland en train de bouquiner. Le lieu développe 70 m2. À gauche la partie librairie, à droite le bar, au fond une salle surélevée très cosy, avec deux beaux fauteuils recouverts de tartan. Dans cette salle, on peut se poser pour boire, travailler ou lire un livre issu de la bibliothèque de Lola, mais pas de sa librairie, car les livres neufs doivent le rester…
« On n’a pas l’impression d’être en France » ou « on se sent ici comme à la maison » sont des réactions qui reviennent souvent de la part des clients qui se sont approprié l’établissement. Des commerçants ont également déjà fait de Stirling Books & Drinks leur QG et viennent y déjeuner, car même si Lola Otto ne fait pas à manger, elle autorise que ses clients débarquent avec un en-cas. Ces cinq premières semaines d’exploitation ont donc conforté la cheffe d’entreprise qui a déjà réussi un pari : celui d’insuffler dans le centre historique de Clermont cette ambiance si particulière propre aux lieux de vie d’une Écosse où la culture est bien différente de celle de la France.
2 000 références de polar, 10 de whisky chez Stirling Books & Drinks
Pour son premier mois d’exploitation, le plan du business model a été parfaitement respecté. La moitié du chiffre d’affaires a été faite par la librairie, l’autre moitié par le bar.
Mais au fait, que consomme-t-on chez Stirling Books & Drinks ?
Côté livres, exclusivement du polar et du thriller avec des incontournables des genres et des parutions d’actualité. Lola Otto propose environ 2 000 références, et pas seulement des parutions britanniques, car selon la libraire, les écrivains qui écrivent de bons polars résident partout dans le monde.
En revanche, côté whisky, la libraire-bistrotière a limité son choix à 10 références venues de quatre régions d’Écosse. Chacune a été sélectionnée pour une raison bien précise, un choix présenté comme « intellectuel » : provenance d’un lieu cher à Lola Otto, distillerie assurée par une femme ou présence dans un polar… entre autres exemples. Le Loch Lomond, rendu célèbre par le Capitaine Haddock, ne sera quant à lui jamais proposé. Ici, on ne parle pas BD : les grands spécialistes sont de l’autre côté de la rue.
Les autres produits à boire sont locaux : bière brassée à Clermont, la blonde étant une recette personnelle rapportée d’Écosse, café torréfié dans la métropole, sirops et infusions en circuits courts. Seule entorse : un curieux thé… parfumé au whisky, naturellement.
Comme toute bonne librairie qui se respecte, Stirling Books & Drinks propose des rencontres-dédicaces avec des auteurs. La prochaine aura lieu le samedi 28 novembre de 14h à 19h avec l’auteure belge Lorie Forêt pour le tome 2 de sa série cosy mysteries « Meurtres et préjugés », publié aux éditions Eyrolles.
* Concept répandu en Bretagne où 25 % des librairies ont une Licence IV.
**Librairie Esprit BD












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