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Final de la 39e édition de Jazz en Tête - Baptiste Herbin Minini Garay Quartet Photo 7 Jours à Clermont
Baptiste Herbin Minini Garay Quartet /Photo 7 Jours à Clermont
Culture

Jazz en Tête : transmission et filiation

L'équipe de Jazz en Tête a déjà l'esprit tourné vers 2027 qui célébrera la 40e édition du festival international de jazz de Clermont. La manifestation a reçu l'assurance d'un soutien reconduit de la ville de Clermont, Catherine Pinet-Talon, adjointe à la culture, s'y est engagée formellement lors de la cérémonie d'inauguration de la 39e édition du festival, qui vient de se refermer.

En attendant 2027 et la 40e de Jazz en Tête , que faut-il retenir de cette édition ?
Plus que jamais, la manifestation s’est déroulée sous le signe de la filiation et de la transmission, une caractéristique présente dans la programmation du festival depuis sa création. Xavier Felgeyrolles, co-créateur et directeur artistique du festival, a toujours mis en avant cette idée que le festival de Clermont devait témoigner du passage de témoin entre les générations de musiciens, en leur laissant la liberté d’exprimer leurs capacités à faire évoluer le jazz ou au contraire de garder l’héritage intact. Cette démarche n’est pas sans rappeler celle du batteur Art Blakey qui, en 1953, avait créé, avec le pianiste Horace Silver, The Jazz Messengers, une formation “école du jazz” où passèrent de nombreux artistes à l’aube de formidables carrières. D’ailleurs, des anciens Messengers furent nombreux à être programmés à Clermont.

Coltrane et Davis, inspirateurs

De nombreux symboles ont émaillé toute la programmation de la 39e édition, alors qu’en 2026 le monde du jazz célèbre le centenaire de la naissance de deux géants : John Coltrane et Miles Davis.
C’est justement le dernier saxophoniste de Miles Davis, Kenny Garrett, qui a ouvert cette édition 2026 avec sa tournée Sounds From The Ancestors. Ils avaient joué ensemble en 1990 à la Maison des sports de Clermont et par la suite, il était revenu 7 fois. Pour ce 9e passage, il était accompagné par le pianiste Keith Brown, fils de Donald Brown, ex-jazz messenger, habitué de Jazz en Tête et coproducteur de… Kenny Garrett.
Autre symbole fort, durant le concert solo du pianiste américain Danny Grissett, un hommage au regretté Mulgrew Miller, encore un pianiste des Jazz Messengers, conseillé dans sa jeunesse par Donald Brown avant de monter un quintet dans lequel jouait Kenny Garrett.
Ainsi Jazz en Tête se place au cœur de cette transmission, le festival ayant au fil des ans, acquis cette image de manifestation défendant le canal historique du jazz où se croisent les musiciens qui deviennent ainsi des messagers de la cause.

Le jazz comme un legs universel

Jazz en Tête est aussi le lieu où le public peut découvrir comment se transmet l’héritage. Lucy-Ann Daniels, petit bout de femme venue d’Angleterre d’à peine 23 ans, a exprimé tout son talent en montrant une étonnante maturité et déjà une grande connaissance des classiques songbooks américains, magnifiés en leur temps par les déesses Ella et Sarah. Le final, un époustouflant concert du quartet latino de Baptiste Herbin et Minino Garay, a apporté la preuve que le jazz est une musique aux influences multiples tout en restant une sorte de langage universel. Baptiste Herbin, saxophoniste, qui a forcément écouté l’œuvre de Coltrane, a rappelé tout le bonheur qu’il ressent en jouant à Jazz en Tête, manifestation dont la première édition a eu lieu l’année de son premier anniversaire.

Une édition spirituelle

La 39e édition aura également été marquée par la présence d’une spiritualité, peut-être plus marquée qu’à l’accoutumée. Certes, les musiciens de jazz ont toujours cherché l’inspiration dans le spirituel, mais le sujet semblait plus récurrent cette année. Cela a été particulièrement appuyé lors du concert de Nduduzo Makhathini, pianiste chanteur originaire d’Afrique du Sud qui est également philosophe et guérisseur, mais aussi durant la prestation de Joanne Dolly. Cette spiritualité, qui montre que les musiciens de jazz sont attentifs aux dérives du monde, se retrouve aussi dans ce perpétuel hommage consistant à s’approprier des standards écrits en leur temps par des artistes disparus, les Ancestors de Kenny Garrett, (qui a d’ailleurs réussi à faire chanter tout le public de la Maison de la Culture A Love Supreme de Coltrane ) dont l’âme ne s’est jamais vraiment éloignée d’une scène bien vivante.

Lucy Anne Daniels Photo 7 Jours à Clermont
Lucy Anne Daniels / Photo 7 Jours à Clermont
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À propos de l'auteur

Olivier Perrot

Pionnier de la Radio Libre en 1981, Olivier Perrot a été animateur et journaliste notamment sur le réseau Europe 2 avant de devenir responsable communication et événements à la Fnac. Président de Kanti sas, spécialisée dans la communication culturelle, il a décidé de se réinvestir dans l'univers des médias en participant à la création de 7jours à Clermont.

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