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F. Ranchon L. Forcade J-O.Bay,pr au CHU / Photo 7 Jours à Clermont
Photo 7 Jours à Clermont
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“La musique sur ordonnance” : une première en France pour le CHU de Clermont

Apporter de la douceur dans le parcours de soins : c'est l'ambition du dispositif « La Musique sur Ordonnance », lancé pour la saison 2026/2027 par le CHU de Clermont et l'Orchestre national d'Auvergne-Rhône-Alpes. Une première en France qui permettra aux médecins de prescrire des concerts aux patients atteints de maladies graves ou chroniques.

Dans l’histoire culturelle clermontoise, il y avait 7 morts sur ordonnance, célèbre film de Jacques Rouffio tourné dans les années 70 ; il y aura désormais « La Musique sur Ordonnance », une opération montée conjointement par le CHU de Clermont et l’Orchestre national d’Auvergne-Rhône-Alpes grâce au soutien financier du Crédit Mutuel Massif Central, grand mécène de la musique.

Inspiré d’une pratique de l’Orchestre symphonique de Montréal, le dispositif « La Musique sur Ordonnance », qui est une première en France, débute pour la saison musicale 2026/2027 de l’orchestre. Cette initiative permettra à des médecins du CHU de prescrire à certains patients, notamment ceux atteints de maladies chroniques, une expérience culturelle. Ils pourront ainsi assister gratuitement à un concert de l’Orchestre national d’Auvergne-Rhône-Alpes, accompagnés d’un proche.
Au total, sur la saison, ce ne sont pas moins de 230 places de 1ère catégorie qui seront offertes aux patients fréquentant les services d’oncologie et d’hématologie clinique adulte.
Pour 19 concerts de la saison régulière, sans distinction, 8 à 10 places seront destinées à cette opération, qui s’inscrit dans la continuité des actions menées par l’Orchestre au CHU de Clermont depuis 15 ans, comme les cafés-concerts de Noël ou l’Âme heureuse qui offre aux patients des unités de soins de longue durée l’expérience de la découverte et de l’apprentissage du violon.

Responsable du service d’oncologie médicale et du service de thérapie cellulaire et d’hématologie clinique adulte au CHU, le professeur Jacques-Olivier Bay s’est investi dans le projet « La musique sur ordonnance », qui offre la possibilité aux patients de sortir du quotidien du parcours de soins.

La musique adoucit les maux

7 Jours à Clermont : Comment est née l’idée de “La musique sur ordonnance” ?
Jacques Olivier Bay : On a beaucoup de malades qui sont en souffrance par rapport à leur traitement, par rapport à leur leur difficulté de vie et on s’est dit avec avec leur Caisse nationale d’Assurance Maladie d’Auvergne-Rhône-Alpes que ça serait une bonne occasion de leur ouvrir d’autres perspectives qui certes sont culturelles, mais aussi j’oserai dire, d’harmonie pour le coup avec du public, avec un orchestre et d’avoir un peu de douceur un peu plus complémentaire dans leur vie.

7JàC : On pense spontannéement à la lecture pour les patients hospitalisés, mais la musique est-elle présente dans leur quotidien ?
J-O. B : Alors, l’expérience de ce qu’on a vu chez nos patients quand on passe de chambre en chambre, où à l’évidence il y en a beaucoup qui écoutent de la musique, quelle qu’elle soit. Et puis parce que, comme j’aime le dire la musique adoucit les mœurs, mais adoucit aussi les maux. Voilà, je pense que c’est il n’y a pas grand-chose d’autre à dire, c’est vraiment la réalité.

7JàC : Est-ce qu’en tant que médecin, vous allez préconiser certaines musiques ? Est-ce que la musique classique est plus efficace que d’autres styles ?
J-O. B : Non, je pense que non, et il n’appartient pas au prescripteur de savoir comment la musique va être ressentie. Chacun finalement reçoit le langage de la musique comme il doit le ressentir et il se trouve que nous, c’est avec l’Orchestre national d’Auvergne-Rhône-Alpes, mais on aurait pu imaginer que ce soit avec d’autres organisations. Mais il est vrai que là, il y a aussi une dimension un peu symbolique. Un orchestre, finalement c’est une unité autour d’un chef d’orchestre, autour d’une partition et autour d’une du résultat qui est ce que l’on entend. Somme toute, la médecine, c’est aussi un petit peu ça, c’est une harmonie entre le médecin, les aidants, les amis, les soignants, les paramédicaux et cette harmonie, on essaie de la créer. Si la musique vient autour, eh ben je pense que c’est encore mieux.

7JàC : Et comment les patients du CHU sont-ils informés de cette démarche ?
J-O. B : Ils sont informés à deux endroits principaux. D’une part là où on les traite, le plus souvent, c’est-à-dire dans nos hôpitaux de jour, ils sont aussi informés dans nos consultations et ils peuvent aussi être informés au cours de leur hospitalisation. Alors c’est vrai qu’en hospitalisation ils peuvent être un peu plus faibles, donc ça peut être un peu plus difficile. C’est pour ça qu’on privilégie beaucoup les hôpitaux de jour et les consultations.

L’importance de l’aidant

7 Jours à Clermont : Parfois les médecins ressentent eux même la fatigue et le stress On peut imaginer que l’accompagnant soit un médecin ?
Jacques Olivier Bay : Pourquoi pas ? Après, je pense que le meilleur accompagnant pour un patient reste quand même son aidant et dans ces moments-là, je pense que c’est plus important d’être avec son aidant que d’être avec son son médecin, mais après c’est peut-être une conviction personnelle, mais je pense que là pour le coup, il y a vraiment une symbiose qui peut se faire autour d’un langage autre qui est la musique avec son aidant.

7JàC : Signer une ordonnance musicale est quelque-chose de positif pour un médecin ?
J-O. B : Je pense qu’en fait le rôle d’un médecin, c’est d’avoir une prise en charge qui soit la plus holistique possible, la plus globale et très clairement quand il y a un moyen complémentaire qui permette au patient de mieux vivre, on sait très bien que curieusement bien souvent ils tolèrent mieux leurs traitements, ils sont plus capables d’affronter leur maladie avec un esprit beaucoup plus positif. Donc je pense que tout ça fait partie d’une aide et finalement c’est d’une aide qui pour le coup n’est pas du tout dommageable au patient.

7JàC : Comment le CHU va-t-il évaluer cette opération sachant qu’elle ne peut qu’être positive ?
J-O. B : Je pense que la positivité, il faut la voir à deux niveaux. Est-ce que ça va marcher ? C’est-à-dire est-ce que vraiment les patients vont se déplacer et y aller ? On fera tout pour. Après, est-ce que ça va avoir un résultat pour eux ? Je pense sincèrement ça paraît difficile d’imaginer que la musique à un moment ou à un autre, ou en tout cas cet art qu’on peut leur proposer de façon finalement collective, ne permettrait pas d’améliorer quelque part un peu leur qualité de vie à domicile.

La musique ne guérit pas mais aide

7JàC : Quelles sont les réactions des patients à qui vous avez parlé du dispositif ? Sont-ils surpris ?
J-O. B : Quand on parle d’ordonnance, c’est effectivement c’est un peu un clin d’œil par rapport à, entre guillemets, une vraie ordonnance médicale. Donc les patients comprennent bien que c’est pas la musique qui va les guérir, mais à l’inverse, ils comprennent très bien que la musique peut les aider, tout comme beaucoup d’autres soins qu’on pratique, les soins de support qui existent comme l’art-thérapie, comme d’autres qui sont beaucoup plus médicaux, mais importants comme le soutien psychologique, une assistance sociale est aussi une aide. On essaie d’apporter vraiment le plus d’aide possible à nos patients pour que leur vie soit plus facile et curieusement, on voit bien dans la littérature médicale que quand les vies sont facilitées, quand la vie quotidienne est facilitée, bah finalement la survie est meilleure.

7JàC : Avec ces ordonnances peut-on parler de musicothérapie ?
J-O. B : Musicothérapie, oui, on pourrait considérer que c’est de la musicothérapie dans ce contexte.

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À propos de l'auteur

Olivier Perrot

Pionnier de la Radio Libre en 1981, Olivier Perrot a été animateur et journaliste notamment sur le réseau Europe 2 avant de devenir responsable communication et événements à la Fnac. Président de Kanti sas, spécialisée dans la communication culturelle, il a décidé de se réinvestir dans l'univers des médias en participant à la création de 7jours à Clermont.

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