L'Essentiel
Le Clermont Foot obtient le nul 1-1 à Nantes grâce à Florian Bianchini, mais Adrien Hunou manque une énorme occasion dans le temps additionnel.
Guion a tenté un 3-4-3 ou 5-2-3 sans grand effet, et l'attaque demeure désespérante avec 3 tirs et 0,31 xG.
Après le naufrage contre Guingamp, ce déplacement devait permettre de mesurer la capacité de réaction du groupe de David Guion. Si Clermont a retrouvé un peu de solidité défensive, son animation offensive reste désespérément limitée. Et les interrogations autour de la capacité de son entraîneur à redresser la situation demeurent entières.
Nantes – CF63 : Deux équipes malades…
Avant la rencontre, quelques statistiques permettaient de conserver un semblant d’optimisme. Nantes n’avait remporté qu’une seule rencontre à domicile, avec 4 points sur 15 possibles et déjà 9 buts encaissés. Clermont, de son côté, n’avait perdu qu’une fois lors de ses 4 déplacements, tout en marquant systématiquement.
Mais les difficultés des deux équipes étaient assez différentes.
Le CF63, toujours sans victoire après 10 journées, présentait le plus faible volume de tirs du championnat, le deuxième plus mauvais bilan en matière de grosses occasions créées et de xG, ainsi que le troisième plus faible nombre de ballons touchés dans la surface adverse.
Nantes souffrait surtout d’un manque d’efficacité. Thomas Robinet avait notamment manqué 8 grosses occasions, avec seulement 2 buts inscrits pour près de 5 xG et un taux de conversion de 7,4 %. Dans les buts, Maxime Dupé affichait un différentiel de -5,2 buts empêchés, malgré une défense concédant le troisième plus faible xG du championnat.
Autrement dit, là où Nantes devait principalement retrouver de l’efficacité dans les deux surfaces, Clermont devait encore apprendre à créer du danger. Une différence importante qui ne laissait pas forcément présager une soirée agréable à La Beaujoire.
Bianchini répond à Guilbert, Hunou manque le coche
Le début de rencontre est pourtant encourageant. Dès la 6e minute, Cantero profite d’une récupération haute pour provoquer et tenter sa chance, sans trouver le cadre.
Mais cette première initiative restera longtemps isolée.
À la 15e minute, Nantes ouvre le score sur une combinaison après corner. Guilbert, oublié au marquage par Bianchini, reprend tranquillement de la tête pour tromper Guivarch. Une nouvelle erreur de concentration particulièrement agaçante, d’autant que les Canaris n’avaient jusque-là pas montré grand-chose.
Clermont tente de réagir, mais les intentions restent très limitées. La possession est souvent stérile, les appels insuffisants et les transmissions vers l’avant trop lentes.
Il faudra finalement attendre la 71e minute et un geste exceptionnel de Bianchini pour voir les Auvergnats égaliser. Parfaitement lancé par Sambia, l’ailier reprend le ballon en demi-volée et expédie une frappe splendide au fond du but nantais.
Guivarch doit ensuite réaliser un arrêt important à la 89e pour préserver ce résultat.
Puis vient l’occasion qui aurait pu tout changer. Dans le temps additionnel, Douane trouve Hunou d’un magnifique extérieur du pied. Seul face au gardien, l’attaquant clermontois manque sa conclusion.
Un raté difficilement compréhensible pour un joueur de son expérience, qui prive Clermont d’une victoire inespérée et potentiellement fondatrice.
Un changement de système sans grand effet
David Guion avait pourtant tenté de modifier son organisation en optant pour un 3-4-3 ou 5-2-3, au choix.
Défensivement, le bilan semble plutôt encourageant. Nantes a été limité à 10 tirs, 0,72 xG et 0,67 xA, des chiffres qui traduisent une relative solidité retrouvée.
Reste néanmoins à savoir si cette amélioration tient réellement au dispositif ou à la faiblesse d’un adversaire lui aussi très peu inspiré.
Au milieu, en revanche, les difficultés demeurent.
Avec un joueur axial de moins, Clermont a régulièrement manqué de solutions pour construire. Nsimba est resté trop bas, les distances entre les lignes ont été importantes et les sorties de balle ont souvent ressemblé à des exercices de survie.
L’entrée de Koné a apporté un peu plus de mouvement, sans véritablement régler le problème.
Difficile de condamner un système après une seule rencontre, mais force est de constater qu’il n’a pas permis de répondre aux principales lacunes de cette équipe sur ce match.
Devant ? Désespérants.
C’est évidemment le constat le plus préoccupant.
Avec seulement 3 tirs, 0,31 xG et 10 ballons touchés dans la surface adverse, Clermont a livré l’une de ses prestations offensives les plus pauvres de la saison lors de ce Nantes – CF63.
Et pourtant, les Auvergnats ont marqué et auraient même pu gagner !
Un paradoxe qui ne doit surtout pas masquer la réalité : le CF63 reste incapable de construire suffisamment d’occasions pour espérer s’imposer régulièrement.
Semedo a été quasiment inexistant, Cantero trop peu entreprenant et Bianchini beaucoup trop intermittent malgré son superbe but.
Mais au-delà des individualités, c’est surtout le manque de mouvement collectif qui interpelle. Les joueurs semblent rarement proposer des appels coordonnés, les transmissions manquent de spontanéité et les rares situations favorables sont souvent gâchées par un temps d’arrêt ou une passe de trop.
Après autant de semaines de travail, difficile de ne pas s’interroger sur la capacité du staff à mettre en place une animation offensive cohérente.
Quelques individualités sauvent les apparences
Bianchini reste évidemment l’un des rares motifs de satisfaction. Sa qualité de frappe lui permet de marquer dans des situations improbables, même si sa prestation reste contrastée. Son oubli défensif sur le but nantais et ses 11 duels perdus sur 16 rappellent qu’il doit encore apporter davantage dans le jeu.
Sambia a également montré des choses intéressantes. Auteur d’une superbe passe décisive, il termine avec 9 duels remportés sur 12, meilleur total de la rencontre. Sa capacité à peser physiquement et à trouver des ouvertures pourrait être précieuse s’il parvient enfin à gagner en régularité.
Guivarch a lui aussi retrouvé un peu de confiance grâce à son intervention décisive en fin de match.
Enfin, les entrées de Koné et surtout de Douane ont apporté davantage de percussion et de spontanéité. La qualité technique de ce dernier, illustrée par son ouverture pour Hunou, mérite certainement qu’on lui accorde une nouvelle chance.
Dans une équipe aussi peu créative, il serait dommage de se priver d’un joueur capable de faire des différences.
D’autres continuent d’inquiéter
À l’inverse, Semedo a traversé la rencontre sans véritablement exister, ne remportant aucun de ses 5 duels et ne tentant pas la moindre frappe.
Son isolement explique en partie cette prestation, mais il doit également être capable d’offrir davantage de solutions dos au but.
Nsimba a lui aussi déçu dans un rôle de piston qui devait pourtant lui permettre de participer davantage aux offensives. Beaucoup trop bas, il n’a pratiquement rien apporté dans les zones dangereuses.
M’Bahia reste également très loin du joueur intéressant aperçu la saison précédente, malgré un repositionnement qui semblait davantage correspondre à ses qualités. Simple méforme ou conséquences d’un été compliqué ? Difficile de trancher, mais son rendement devient préoccupant.
Plus généralement, le fait que 3 des 4 joueurs de champ ayant perdu le plus de ballons soient clermontois, avec Nsimba, Kena Kabeya et M’Bahia, illustre les difficultés persistantes de l’équipe à ressortir proprement.
Contre un Nantes aussi peu tranchant, ces pertes de balle n’ont pas été trop lourdement sanctionnées. Ce ne sera pas toujours le cas.
La pression toujours sur Guion
C’est finalement la principale interrogation laissée par cette rencontre.
Après une préparation estivale, plusieurs semaines de championnat et une longue trêve internationale, Clermont ne semble toujours pas disposer d’une véritable identité collective.
Et pourtant, l’entraîneur clermontois essaie vraiment des choses et prétend avoir une vision : les systèmes changent, les joueurs sont régulièrement repositionnés, mais les mêmes difficultés persistent.
Certes, le groupe a montré un peu plus de résistance dans les duels que face à Guingamp. Mais l’équipe reste globalement apathique, manque d’initiatives et donne trop souvent l’impression de subir les événements plutôt que de chercher à les provoquer.
Le problème est-il uniquement mental ? Les consignes sont-elles trop restrictives (ou trop libres) ? Les joueurs adhèrent-ils encore pleinement au discours de leur entraîneur ?
Impossible de répondre avec certitude, mais ces questions deviennent légitimes.
Et même si les joueurs portent évidemment leur part de responsabilité, David Guion doit être jugé sur sa capacité à faire progresser collectivement son équipe. Or, dans ce domaine, les signes encourageants restent particulièrement difficiles à identifier.
Rodez, un premier juge de paix ?
Avec ce nouveau match nul, Clermont reste à la 17e place et continue de voir les journées défiler sans parvenir à inverser la tendance.
Le déplacement à Nantes a permis d’éviter une nouvelle défaite, mais certainement pas de rassurer sur le fond.
Certes, la défense a retrouvé une certaine cohérence et quelques individualités ont montré qu’elles possédaient les qualités nécessaires pour faire des différences. Mais l’animation offensive reste catastrophique et le milieu continue de manquer de maîtrise.
La réception de Rodez, samedi prochain, s’annonce donc particulièrement importante.
Non seulement parce que Clermont doit impérativement commencer à gagner, mais aussi parce que cette rencontre pourrait devenir déterminante pour l’avenir de David Guion.
La patience était légitime en début de saison. Elle devient beaucoup plus difficile à justifier lorsque les mêmes problèmes se répètent sans amélioration tangible.
Le CF63 a sauvé un point à Nantes. Mais il n’a toujours pas trouvé son football.
Et c’est bien cela qui doit aujourd’hui inquiéter.













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