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L'Essentiel
Grenoble remporte 62 % des duels et Clermont 38 %, le milieu clermontois restant en difficulté.
La trêve internationale de trois semaines arrive au bon moment, et le prochain défi contre le Red Star offrira presque un nouveau départ.
Le contenu reste très insuffisant par séquences, notamment dans un milieu de terrain qui a énormément souffert, mais ce sixième partage des points en sept journées confirme aussi une qualité devenue difficile à nier : ce groupe ne lâche pas.
Cela ne suffira évidemment pas pour se maintenir sans progrès importants, mais au moins Clermont reste encore en vie en attendant que la longue trêve des 3 prochaines semaines permette, peut-être, de remettre un peu d’efficacité dans tout ça.
Un duel de fond de tableau
Sur le papier, difficile de vendre cette affiche comme un sommet de Ligue 2.
Grenoble n’avait pris qu’1 point à domicile, exactement comme Clermont à l’extérieur, soit la confrontation entre la plus mauvaise équipe chez elle et la plus mauvaise en déplacement. Les statistiques offensives grenobloises étaient encore plus parlantes : seulement 3.4 xG, 7 grosses occasions créées, 66 ballons touchés dans la surface adverse, 1,3 ballon récupéré par match dans le dernier tiers et 39 % de possession moyenne, derniers bilans du championnat dans chacun de ces secteurs.
Le CF63 ne faisait guère mieux avec 4.2 xG, 8 grosses occasions, 97 touches dans la surface et 2.3 récupérations hautes par rencontre, le situant entre les quinzième et dix-septième places de Ligue 2 sur ces indicateurs. Malgré ses deux victoires, Grenoble apparaissait finalement même moins performant dans le classement théorique des xPoints.
Autrement dit, s’il existait un déplacement où Clermont pouvait espérer débloquer son compteur, c’était probablement celui-là. D’autant qu’après six journées, les Auvergnats n’avaient encore jamais gagné, jamais mené au score une seule minute et jamais marqué en première période. Et il fallait remonter à la saison 2009/2010 pour retrouver un CF63 ayant attendu aussi longtemps avant son premier succès.
Une entame ratée et un milieu logiquement en difficulté
Le début de rencontre explique une bonne partie des difficultés clermontoises. Grenoble presse, impose davantage d’impact et empêche le CF63 de ressortir proprement.
Le choix de David Guion d’aligner Grillot, Astic et Strotz dans l’entrejeu pouvait déjà sembler ambitieux compte tenu des absences de Kouamé, Baallal et Ackra ; il devient rapidement problématique lorsque les Isérois commencent à gagner pratiquement tous les duels dans cette zone.
L’ouverture du score arrive à la 19e minute après une relance mal négociée : le centre qui suit est dévié par Salmier dans ses propres filets. Ce but comporte une part de malchance, mais il naît encore d’une situation que Clermont aurait pu éviter beaucoup plus tôt.
Le scénario ressemble alors à plusieurs rencontres précédentes : une équipe sérieuse lorsqu’elle est installée derrière, mais qui se met elle-même en difficulté dès qu’elle doit construire sous pression. Grenoble (comme tant d’autres équipes depuis le début de saison) n’est pourtant pas particulièrement impressionnant. Il est simplement plus agressif et plus à l’aise dans une zone où Clermont paraît manquer à la fois de puissance et de solutions.
Grenoble – CF63 : Du mieux mais sans contrôle
La réaction met quelques minutes à arriver. Diop déclenche enfin une première véritable tentative à la 24e, puis Nyindong parvient à se retourner dans la surface neuf minutes plus tard sans trouver le cadre.
M’Bahia oblige ensuite Olliero à intervenir à la 38e. C’est peu, mais cela suffit à montrer que Grenoble n’est pas non plus en mesure d’étouffer durablement son adversaire. Clermont termine mieux la période tout en restant mené.
Le problème se trouve surtout dans la manière dont l’équipe arrive jusqu’aux trente derniers mètres. Les séquences sont laborieuses et demandent beaucoup d’efforts pour relativement peu de déséquilibre créé.
Nyindong est souvent isolé, Diop ne trouve pas les espaces nécessaires pour provoquer et Strotz tente de se rapprocher de l’attaquant sans que cela suffise à vraiment connecter le milieu avec l’avant. Le CF63 a donc quelques situations, mais toujours cette impression qu’il doit travailler énormément pour produire ce que d’autres équipes obtiennent en deux ou trois passes.

Domination territoriale, mais en danger sur les transitions
Après la pause, Clermont récupère davantage le ballon et Grenoble accepte progressivement de défendre plus bas. La possession finale, 56 % pour le CF63 contre 44 %, traduit ce changement de physionomie.
Les Auvergnats se procurent également 8 occasions contre 5 et touchent 17 ballons dans la surface adverse contre 15. Leur xA atteint même 0,95 contre 0,76. Pourtant, les xG ne sont pas aussi explicites, avec 0,81 pour Clermont contre 1,39 pour Grenoble…
Cela résume assez bien ce Grenoble – CF63 : le CF63 a davantage construit et approché le but, sans forcément créer les situations les plus dangereuses.
Grenoble, lui, est resté capable de faire très mal dès que les espaces apparaissent et Guivarch a dû, notamment, sortir un double arrêt décisif à la 76e minute pour empêcher son équipe de sombrer.
Le différentiel de buts empêchés souligne d’ailleurs son importance, avec 0,31 côté clermontois contre -0,51 pour son homologue. Sans cette intervention, il est difficile d’imaginer Clermont revenir.
Un problème de duels
La donnée la plus préoccupante de la soirée reste probablement celle-ci : Grenoble remporte 62 % des duels, laissant seulement 38 % au CF63.
Et lorsqu’on regarde dans le détail, on comprend rapidement pourquoi. Grillot perd 11 duels sur 13, Strotz 5 sur 7, Astic 3 sur 4, tandis que Bianchini en abandonne 12 sur 17. Diop, lui, n’en gagne aucun et ne parvient pas non plus à éliminer son adversaire balle au pied.
Dans ces conditions, difficile de gagner durablement la bataille territoriale ou de sécuriser les deuxièmes ballons. Cela permet toutefois de conserver un peu d’espoir pour la suite : ce milieu était inexpérimenté et expérimental.
Le retour de Kouamé, de Baallal et même une meilleure condition physique de Sambia peuvent profondément modifier cet équilibre. Grillot reste précieux pour récupérer, mais il semble avoir besoin d’un partenaire capable de prendre davantage en charge la relance et de le protéger dans les impacts. Astic n’a pas pu apporter cette solution vendredi soir, et son utilisation à ce niveau paraît pour le moment encore un peu prématurée.
Quelques motifs d’espoir
Tout n’est heureusement pas négatif. Clermont a cadré 5 tirs, son meilleur total de la saison après seulement 12 lors des 6 journées précédentes.
Derrière, Kena Kabeya continue également de montrer des qualités intéressantes malgré son erreur dans la construction de l’ouverture du score grenobloise. Ses 13 interventions défensives constituent le meilleur total de la rencontre, à égalité avec Yohann Magnin, l’ancien Clermontois devenu un titulaire important du GF38 avec déjà 527 minutes jouées et 1 passe décisive cette saison.
M’Bahia a lui aussi retrouvé davantage d’impact et s’est montré plus entreprenant offensivement. Ce sont encore des éléments isolés, mais ils comptent dans une équipe qui cherche quelques certitudes.
Défensivement, le CF63 reste surtout capable de tenir ses rencontres suffisamment longtemps à portée pour espérer quelque chose dans les dernières minutes. C’est exactement ce qui lui a permis de rester en vie vendredi.

Strotz et Nyindong intéressants, Hunou finit (encore) par surgir
Offensivement, certaines associations méritent également d’être revues. Dans un rôle plus axial, Strotz a touché 6 ballons dans la surface adverse et délivré 3 dernières passes, meilleurs totaux clermontois, même si ses 16 pertes de balle et son manque d’impact défensif rappellent tout le travail restant.
Nyindong a, lui, touché 5 ballons dans la zone de vérité et tenté 3 tirs, meilleur total de son équipe. Il perd encore 7 duels sur 12 et rend 17 possessions, mais donne malgré tout l’impression de pouvoir fabriquer davantage de choses par lui-même qu’Okou lors de certaines rencontres précédentes.
Bianchini reste beaucoup plus difficile à évaluer : ses 23 ballons perdus constituent le pire total du match, mais ses 17 duels disputés montrent aussi qu’il a énormément participé au jeu sans être suffisamment impactant puisqu’il en a perdu 12. Sa remise décisive en fin de rencontre peut au moins lui offrir un peu de confiance.
Et puis il y a Hunou… Entré en cours de partie, il surgit à la 93e minute sur un centre de Cantero prolongé par Bianchini et place une tête puissante pour égaliser. L’idée de l’utiliser plus près du but continue donc de prendre de l’épaisseur. Ses déplacements offensifs et sa finition semblent tout simplement plus utiles dans cette zone que lorsqu’on lui demande d’organiser le jeu beaucoup plus bas.
La trêve arrive au bon moment
Ce 1-1 ne change pas fondamentalement le diagnostic. Clermont n’a toujours pas gagné après sept journées et en est désormais à 6 matchs nuls. Ce rythme ne permettra évidemment pas de rester éternellement au contact. À un moment, transformer les matchs serrés en victoires deviendra indispensable.
Mais il serait vraiment injuste de réduire ce groupe à ses limites techniques. Pour la 3e fois cette saison, le CF63 arrache un point après avoir été mené (dont deux fois dans les arrêts de jeu, ce qui n’arrivait pratiquement jamais les saisons précédentes). Ce n’est, évidemment, pas une preuve de domination footballistique intrinsèque dans une division homogène, mais c’est celle d’un état d’esprit qui semble intéressant. Et dans la situation actuelle, ce n’est pas du tout négligeable.
La trêve internationale de trois semaines arrive donc probablement au meilleur moment. Elle doit permettre de remettre plusieurs recrues à niveau, de récupérer les absents et surtout de clarifier la transition au milieu de terrain qui reste le principal point faible de cette équipe. Le prochain rendez-vous difficile face au Red Star offrira alors presque un nouveau départ.
Clermont reste dans le dur, parfois franchement laborieux, mais il refuse de sombrer. Ce n’est évidemment pas rassurant. C’est néanmoins assez pour continuer à espérer que, lorsque l’équipe sera enfin complète et mieux équilibrée, cette capacité à ne rien lâcher puisse servir à autre chose qu’à collectionner les matchs nuls.
Voir la réaction de David Guion












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