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Taupinières photo YM
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David Bory et les gazons pas forcément maudits

Aujourd’hui cinquantenaire David Bory, ancien ailier tricolore de l’ASM a émaillé son parcours de choix dûment assumés sans perdre de vue le vert des gazons. En bon biznessman, il a su aussi se lancer dans les projets qui lui tiennent à cœur.

« Bien content que les sangliers soient partis voir ailleurs, voilà maintenant que les taupes nous rendent visite » Malédiction ! Une taupe qui trace son chemin pour émerger sur le green du 10, voilà de quoi faire grimacer le ‘’jardinier en chef ’’ du Golf du val d’Auzon découvrant les dégâts.
David Bory, c’est le couteau suisse de ce 18 trous compact (par 54) qui s’étire sur 1534 mètres sur le bas de la commune du Crest au sud de Clermont. La casquette de ‘’greenkeeper’’, il la porte depuis le début de cette année 2026. « J’ai deux salariés en charge du parcours mais en cas d’indisponibilité et comme nous fonctionnons tous les jours, j’ai suivi une formation d’homme de terrain avec des pros afin d’assurer l’entretien et la qualité des installations. » Homme de terrain, finalement, la vocation de David ne date pas d’hier.

David Bory sur la tondeuse Photo YM
David Bory sur la tondeuse / Photo YM

Aux temps du jaune et du bleu

Né à Vichy il y a 50 ans, le petit David Bory fréquenta l’école de rugby et porta le maillot du Racing jusqu’en junior. Remarqué par les observateurs de l’AS Montferrandaise, il allait bientôt troquer le bleu et jaune pour le jaune et bleu en 1994. Les Saint-André, Ribeyrolles, Pradier, Nicol, Lhermet, Juillet, Marocco et compagnie venaient alors de projeter le club dans la lumière du Parc des Princes pour une finale certes perdue face à Toulouse mais ô combien chaleureuse.
Au fil d’un bail de 10 ans sur l’aile de l’attaque, l’ex vichyssois allait enfiler 209 fois le maillot de l’ASM pour marquer les 405 points de 81 essais. Au passage : Deux finales du championnat (1999 + 2001) et un titre en Challenge européen (1999).

En action avec l'ASM Photo Coll. D. Bory


Du jaune et bleu au bleu tout court, 18 sélections internationales venaient conforter son palmarès dont un grand chelem dans le Tournoi 2002 et un voyage australien pour la coupe du monde 2003. A l’époque, ses coéquipiers de l’ASM confortaient les rangs du XV de France : Magne, Vermeulen, Merceron, Tony Marsh, Privat, Rougerie…c’était autrefois. Et puis, courant 2004, vint le temps de la disgrâce quand se gâtèrent les relations avec l’entraîneur Alain Hyardet. Du banc des remplaçants au siège de tribune, l’avenir du trois- quarts aile ne semblait plus s’inscrire sur le gazon clermontois, même s’il lui restait une
année de contrat. Exit Bory, l’herbe serait-elle plus verte ailleurs ?

Partir, revenir

Après le passage d’une saison au Castres Olympique, c’est sur le gazon british du Recreation Ground de Bath que notre homme allait s’éclater. Une nouvelle aventure ponctuée par une demi-finale de HCup en 2006 et une finale du challenge européen 2007 perdue face à ses ex- coéquipiers de l’ASM galvanisés par la poigne de fer d’un Vern Cotter peu gantée de velours.
«A 32 ans, l’expérience que j’avais souhaitée étant faite, les perspectives de reconversion et celle de l’arrivée d’un enfant me ramenaient tout naturellement au pays. » Au pays…pas tout à fait encore puisqu’avant de retrouver l’Auvergne il y eut une escale en noir et blanc chez les voisins Coujous du CAB puis les Haut-Viennois de Saint-Junien et enfin Saint- Léonard-de-Noblat comme entraîneur au pays de Poupou. Fin de l’épisode rugby.


De retour à Clermont où le Bouclier de Brennus s’était enfin paré de jaune et bleu, le revenant se lançait dans les affaires de mise et de remise en forme en ouvrant une salle de sport à Aubière, « la première salle fitness moderne » précise l’intéressé. La mode aidant, il fut l’initiateur de la première salle de CrossFit dans le secteur. Pour les non avertis, le Crossfit combine l’haltérophilie, la gym et les sports d’endurance dans une méthode d’entraînement physique intense.

Sous le maillot de Bath Photo Coll. D.Bory
Sous le maillot de Bath Photo Coll. D.Bory

David Bory ou l’étoffe du biznessman

Éclectique en affaires, le coach portait aussi un intérêt aux métiers de l’évènementiel qui lui valut de se positionner pour l’achat du ‘’Domaine du Val d’Auzon’’ (séminaire, incentive, restauration de groupes…) alors en vente. Affaire non conclue mais le fonds de commerce du ‘’voisin de dessous’’, à savoir le Golf, se trouvait bientôt disponible. Ni une ni deux, cette fois on se la tope (et non la taupe !) avec le vendeur Paul Bonnichon qui avait largement contribué à l’essor de ce parcours. C’était en 2020. « J’avais pratiqué un peu le golf en Angleterre et mon fils aîné Eliott jouait déjà à l’Auzon. J’ai donc été emballé ! » Pas question d’expédier les affaires courantes.


Angélique, l’épouse de David Bory, est aujourd’hui directrice du Golf qui compte près de 500 pratiquants, lui est président de l’Association Sportive qui comprend une dizaine d’équipes en compétition dans toutes les catégories, depuis l’école de golf jusqu’aux seniors en nationale. Une affaire qui marche aussi parce que la pratique sportive est accompagnée d’une offre de restauration et de convivialité. « Il nous a fallu revoir toute la partie restauration qui est maintenant aboutie avec une bistronomie qui nous permet de faire régulièrement 50 couverts en hiver et une centaine en été au déjeuner. »

Photo Golf du Val d'Auzon
Photo Golf du Val d’Auzon

Des perf et des projets

Cet équipement qui compte 11 salariés permet d’accueillir des compétitions nationale comme en septembre dernier la finale du Championnat de France de la Ligue Interclubs de Pitch and Putt. Sur des trous ne dépassant pas 90 mètres, 120 joueurs (ne disposant que de 3 clubs dont un putter) représentant 16 clubs, étaient en lice. Et qui a gagné ? Non pas Toulouse, mais bien les locaux du Val d’Auzon emmenés par Jacky (photo avec David).

L'équipe championne de France photo Golf Val d'Auzon
L’équipe championne de France photo Golf Val d’Auzon


Le golf faisant toujours bon ménage avec le rugby, si les montferrandais des Antipodes rôdent fréquemment sur le parcours des volcans à Orcines, d’autres jouent du drive et de l’approche au Val d’Auzon. Killian Tixeront y a fait son apprentissage et Barnabé Massa suivait sa trace lors de la compétition de Pitch and Putt. Plus haut dans la performance,
David Bory tenait le rang en compagnie de son fils Eliott qui, à 18 ans, possède l’index 0, l’un des meilleurs en Auvergne (1).
À part ça, Papa Bory, dont le fils cadet Enael qui a 8 ans joue aussi de la petite balle blanche et fréquente l’école de rugby de Saint-Genès-Champanelle, poursuit son activité personnelle de préparateur physique avec les hockeyeurs des Sangliers Arvernes, les compétiteurs du Val d’Auzon et des clients particuliers.
En complément de sa formation, l’ex montferrandais a passé une semaine de prises d’infos sur la préparation physique et les données data en compagnie du staff de l’ASM Clermont. « J’ai de très bonnes relations avec le club et j’ai pu m’immerger dans le travail qui précède le match » Ton ressenti ? « J’ai pu constater que le job était fait au fil de la semaine. Après, les jours de match… ».
Rugby, Golf mais pas que, l’esprit d’entreprise habite le couple Bory. Il vient tout juste d’acquérir le château de Theix afin de créer une structure d’accueil pour l’évènementiel et la mise au vert des sportifs, portée par les nombreux hébergements du site. Les voyages scolaires continueraient d’y être les bienvenus.
S’il y en a qui restent les deux pieds dans le même crampon… !

(1) Index : Il mesure le niveau de jeu et le potentiel d’un golfeur (calcul très compliqué à comprendre pour un néophyte)

Château de Theix Au golf Photo Yves Meunier
Photo Château de Theix / Au golf Photo Yves Meunier
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À propos de l'auteur

Yves Meunier

Bourbonnais originaire de Gannat où il s’est essayé au rugby sous le maillot de l’ASG pendant une douzaine d’années. Diplômé d’Etudes Supérieures en Sciences Economiques à l’Université de Clermont. Journaliste à France3 Région de 1972 à 2007. Aujourd’hui impliqué avec des amis dans une aventure viticole du côté de Saint-Emilion et toujours en prise avec le sport auvergnat au sein de l’Union des Journalistes de Sports en France.

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