Pour avoir participé à un débat télévisé sur France 3 sur la chasse, il y a quelques années, en tant que journaliste, j’avais été frappé par l’absence totale d’argument fondé de la part du président de la fédération régionale de chasse. Ce qui au demeurant ne m’avait pas surpris, ce n’était pas la première fois que j’avais à faire à ce genre de responsable …
Rien d’étayé, seulement des sophismes du type : « heureusement que nous sommes là pour réguler la faune » ou « nous sommes en fait les seuls, les vrais écologistes. » Balivernes et contre-vérités faciles à démonter, tant le tableau de la chasse en réalité est noir et sans contraste.
Sous des airs aimables
Les chasseurs eux-mêmes veulent souvent se présenter sous un jour favorable. Selon eux, il y aurait dans leurs rangs les bons élèves et la mauvaise graine … Les bons auraient le fusil raisonnable, économe, « sélectif », quand les « mauvais » seraient des « viandards », tirant sur tout ce qui bouge et abusant de tout ce qui est rouge : le sang et le pinard.
« Ce que j’aime, c’est partir au petit matin avec mon chien et profiter pleinement de la nature » m’avait même confié un « gentil » chasseur qu’ on aurait pu prendre pour un poète … ou un doux rêveur. Pour un peu, j’aurais entendu les paroles de la fameuse chanson de Michel Delpech, dont mon grand-père raffolait. L’individu avait même eu le culot, je crois, de m’affirmer qu’au fond il aimait les animaux et pas seulement dans son assiette. Ce qui ne l’empêchait pas de rentrer la gibecière passablement ensanglantée et remplie de cadavres. Il avait fait un carton… Pour lui, ce n’était qu’un détail.
Le plaisir de tuer
Si l’on aime véritablement les animaux, si on les considère comme des êtres vivants, sensibles, respectables, doués d’intelligence, on ne peut évidemment que détester la chasse ; exécrer ce loisir qui consiste à cibler d’innocentes victimes, sans défense et à leur tirer une balle dans la peau… juste pour s’amuser, juste pour son bon plaisir. Car il n’y a pas d’autre explication à ce déchaînement de violence… C’est à la fois inutile, lâche et préjudiciable.
Septembre n’est pas seulement le mois des premières feuilles mortes, il est aussi, hélas, celui de la rentrée cynégétique. Et me reviennent en mémoire, les mots de l’écrivain corrézien Claude Duneton, né dans une famille paysanne : « La chasse a toujours été la distraction favorite des hommes de guerre en temps de paix, c’est-à-dire dans les périodes brèves où la chasse à l’homme n’est pas ouverte… »
Marc François









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