On ne peut actuellement visiter ce bâtiment emblématique de la Vallée de Royat que lors de visites guidées en particulier à l’occasion des JEP, Journées Européennes du Patrimoine.
La Taillerie de Royat ouvrira donc ses portes ce week-end, offrant aux visiteurs une plongée dans une bulle spatio-temporelle. Fermée en 2004, la taillerie est restée dans son jus et l’on pourrait croire que les employés, partis la veille au soir, vont bientôt “embaucher” pour tailler des pierres semi-précieuses.
Un peu d’histoire
Fin XIXe siècle, un ingénieur et minéralogiste chamaliérois, Joseph Demarty, souhaite relancer l’exploitation de l’améthyste sur le territoire. Il exploite alors plusieurs filons du côté du Vernet-la-Varenne. En 1890, il achète un moulin sur la Tiretaine pour y installer un atelier de pierres de taille et crée la Société des pierres précieuses d’Auvergne. L’énergie hydraulique permet d’actionner les meules, et la station thermale de Royat fournit une riche clientèle de curistes français et étrangers, attirés par les améthystes, fluorines, jaspes, agates et autres quartz.
Treize ans plus tard, en 1903, Joseph Demarty met en vente son atelier. Un Alsacien, Jean Staehling (ou René selon les sources), se porte acquéreur et fait agrandir les locaux pour y installer un espace de vente. Sous la houlette des Staehling père et fils, la taillerie tourne à plein régime durant les Années folles, employant jusqu’à 80 salariés. La taillerie ouvre même des succursales de luxe à Biarritz, Cannes et Paris.
En 1943, la Taillerie de Royat change encore de main. Staehling la vend à Honoré Fleury, dont la famille conservera l’affaire jusqu’à la fin de l’activité industrielle.
En 2004, les portes de l’entreprise se ferment définitivement, mais l’outil de production reste en l’état, figé pour offrir un témoignage exceptionnel de l’activité.
Un futur musée ?
Aujourd’hui, la commune de Royat est propriétaire de la taillerie. Le bâtiment, inscrit à l’inventaire des Monuments Historiques, est d’architecture rationaliste, mêlant béton, brique et pierre. Il est l’œuvre de l’architecte clermontois Jean Guillot. Depuis plusieurs années, la ville de Royat ambitionne de valoriser le lieu et de le transformer en espace muséal des arts lapidaires, avec l’aide de partenaires publics. Le Muséum Henri-Lecoq a d’ailleurs réalisé un inventaire complet de l’équipement scientifique, des installations techniques et des collections de minéraux dans le cadre d’une mission nationale de sauvegarde du patrimoine.
La nouvelle équipe municipale devra se positionner sur le projet, dont on imagine qu’il intéresse le nouveau maire, architecte de profession.
En attendant la nouvelle vie de la taillerie de Royat, il sera possible de la visiter pour les JEP, les 19 et 20 septembre à 10 h, 11 h, 14 h, 15 h et 16 h. Les réservations sont obligatoires auprès de l’Office de tourisme Clermont Auvergne Volcans, les places étant en nombre limité.











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