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Natacha Moussu et un âne Bourbonnais Photo Philippe Thivat
Natacha Moussu et un âne Bourbonnais/ Photo Philippe Thivat
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L’âne bourbonnais, présent sur le territoire depuis le début du XIXe siècle

À l’occasion de la journée « À travers Champs », Natacha Moussu, présidente de l’Association française de l’âne bourbonnais, évoque le passé et le présent de cet animal emblématique qui a su traverser les époques.

Organisée à Gannat, la journée « À travers Champs », consacrée à l’agriculture locale, a permis une rencontre avec Natacha Moussu, présidente de l’association française de l’âne bourbonnais. Cet animal, qui a su traverser l’histoire, rend aujourd’hui bien des services à qui veut l’accueillir.

L’âne bourbonnais, une population passée de 6 000 à moins de 600 animaux

Philippe Thivat : Natacha, rappelez-nous l’histoire de l’âne Bourbonnais sur le territoire.
Natacha Moussu : Dès le début du XIXe siècle, il y avait une population d’ânes très importante dans le Bourbonnais, sans que la race ne soit reconnue. Après la mécanisation, le nombre est passé de 6 000 à moins de 600 animaux. En 1987, une poignée d’éleveurs se sont dit que cela serait bien de faire reconnaître la race. Après un long travail de recensement, celle-ci a été reconnue officiellement en 2002 par le ministère de l’Agriculture. Depuis cette date, nous pouvons gérer la partie génétique de la race de l’âne Bourbonnais.

P. T. : Quels travaux agricoles étaient confiés à l’âne bourbonnais avant la mécanisation ?
N. M. : Dans le Bourbonnais à l’époque, il y avait de grosses fermes avec des métayers, et l’âne était le seul animal que le métayer pouvait avoir en propriété. Il était essentiellement utilisé par la femme du métayer pour les petits travaux de la cour de ferme. Ce n’était pas le gros cheval de trait consacré aux importants travaux de labour. L’âne bourbonnais faisait toute la partie maraîchère. Il réalisait aussi tous les petits travaux de la ferme, comme du débardage par exemple, sans oublier son rôle dans les transports.

ânes Bourbonnais Photo P. Thivat
ânes bourbonnais Photo P. Thivat

« Un animal rustique et sensible »

Philippe Thivat : Aujourd’hui, combien d’animaux sont recensés et comment faites-vous pour pérenniser la race ?
Natacha Moussu : Dans la race de l’âne bourbonnais, il y en a 300 (effectif reconnu), avec une vingtaine de naissances par an. Il faut d’abord trouver un débouché pour les animaux en valorisant leur utilisation (il faut savoir qu’un âne vit presque 40 ans). Il faut donc installer des éleveurs, puisque le nerf de la guerre est d’avoir des naissances. C’est un animal à la fois rustique et sensible. Il a besoin de pas mal de foin l’hiver. Il faut prévoir la visite du vétérinaire une fois par an pour les vaccinations, ainsi que celle du maréchal-ferrant. Il faut qu’il dispose d’un abri l’été pour se protéger du soleil, et l’hiver de la pluie et du vent. Il faut donc être vigilant.

P. T. : Quelle est son utilité aujourd’hui ?
N. M. : Aujourd’hui, le principal débouché pour l’âne bourbonnais est le tourisme, avec les randonnées et la location d’ânes bâtés. Il y a une grosse partie lait qui vient ensuite, avec le lait d’ânesse et sa transformation en cosmétiques. Nous retrouvons l’âne aussi dans une dimension de maraîchage, avec des exploitants qui désirent s’installer en traction animale. Il est très adapté aux petites surfaces (travail sous serre) avec une cadence de 4 à 5 km/h, ce qui est plus facile pour le maraîcher à suivre avec son outillage. Sans oublier la partie médiation animale qui se développe de plus en plus. Il sait être polyvalent.

Le prix d’un âne bourbonnais oscille entre 1 500 et 2 500 €. Le siège de l’Association française de l’âne bourbonnais est situé à Braize, dans l’Allier. On peut aussi la retrouver sur les réseaux sociaux.

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À propos de l'auteur

Philippe Thivat

Philippe Thivat, est correspondant d’un hebdomadaire dans l’Allier et intervenant auprès de l’ASM Romagnat rugby féminin en tant que rédacteur journaliste sportif. Il est également engagé dans le rugby citoyen qui œuvre grâce à ce sport à l’intégration des personnes handicapées et de personnes migrantes.

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