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Stéphanie Dhur : “J’aime faire avancer les gens ensemble”

Cette semaine, salle Vercingétorix à Romagnat, Marie-Françoise Magignot a tourné la page de dix belles années de présidence au sein de l’ASM Romagnat Rugby Féminin, devenue aujourd’hui ASM Rugby Féminin. Nouveau nom, nouvelle présidence incarnée par Stéphanie Dhur, engagée dans le sport associatif depuis de longues années et qui compte bien faire perdurer le club au plus haut niveau avec l’aide de toutes les personnes concernées.

7 Jours à Clermont : Vous êtes très engagée dans le domaine du sport. Qu’est-ce qui vous a poussé à rejoindre le club de l’ASM Rugby Féminin et à prendre la présidence ?
Stéphanie Dhur : En effet, je suis engagée dans l’associatif au service du sport, ce que j’ai fait au sein du club de Clermont Saint Jacques Gymnastique. Ce que j’aime avant tout, ce sont les associations qui se mettent au service d’un sport, pour que le plus grand nombre puisse y accéder et y grandir. Le sport est un élément fondateur pour le vivre-ensemble. Concernant la présidence de l’ASM Rugby Féminin, c’est une opportunité qui s’est présentée à moi. Les dernières années, je me suis beaucoup intéressée à l’évolution qu’avait prise le rugby masculin jusqu’à sa professionnalisation. En parallèle, je regardais ce qui se passait chez les filles. Cela faisait partie des sujets de discussion que je pouvais avoir avec Jean-Claude Pats (président de l’ASM Clermont Auvergne) avec qui je travaille de temps en temps. Au moment où la place s’est libérée, Jean-Claude s’est souvenu de tout cela. Il sait que j’aime faire avancer les gens ensemble. Il m’en a donc fait la proposition.

7JàC : L’ASM Rugby Féminin brille à l’internationale et aussi par sa formation ? Quels vont être vos principaux axes de travail ?
S. D : Avec le recul que j’ai, je vois trois axes de travail qui sont dans un premier temps de continuer à développer la formation comme nous le voyons avec l’excellent parcours de notre capitaine Mathilde Lazarko. Nous devons aussi continuer de travailler avec les clubs du territoire avec cette idée de partenariat pour faire grandir tout le monde et structurer le rugby féminin qui est en plein essor.

Ensuite, c’est de poursuivre nos efforts sur le double projet, car le rugby féminin, même s’il est de haut niveau, n’est pas encore professionnel. Les filles doivent être proactives dans la définition de leur double projet, notamment au niveau professionnel, car nous savons tous que jouer au rugby s’arrête un jour. Il faut donc se préparer à l’après-rugby et avoir quelque chose à côté.

Enfin, le troisième point est de travailler sur la structure. Comme nous l’avons vu lors de l’assemblée générale, nous avons un budget de Fédérale 1. Les budgets sont encore petits, il nous faut les faire grandir. Cela ne va pas se passer en une saison. En attendant, ce sont les bénévoles et les dirigeants qui doivent s’organiser pour que cela tienne.

« Exploiter le potentiel économique de l’agglomération »

7 Jours à Clermont : La concurrence est de plus en plus rude avec des clubs comme Bordeaux, Toulouse, voire Toulon qui met des moyens énormes. Comment comptez-vous rivaliser avec ces grosses écuries ?
Stéphanie Dhur : Nous aurons les recettes des matchs et nous allons continuer à travailler avec nos partenaires institutionnels et nos sponsors. Nous allons donc travailler sur cet ensemble de moyens financiers pour pouvoir offrir les meilleures conditions. Nous devons également être en capacité d’être au point sur le double projet, comme évoqué précédemment. Des agglomérations comme Lyon, Toulouse, Bordeaux ont des atouts énormes en termes socio-économiques et académiques. Il faut que nous exploitions au maximum le potentiel que nous avons dans la métropole clermontoise et aux alentours. Nous devons travailler ensemble avec les universités, les écoles, les entreprises pour pouvoir rivaliser.

Nous avons quelque chose qui est là depuis très longtemps et que nous retrouvons en rejoignant le One ASM : ce sont nos valeurs. Les joueuses viennent pour notre staff et pour nos valeurs. Si nous mettons par-dessus les conditions financières et socio-professionnelles qui vont bien, nous disposerons d’un cocktail efficace et pertinent. Le projet One ASM va amener encore plus de confort aux filles, et symboliquement de leur donner les mêmes moyens que les garçons au niveau des infrastructures. C’est un grand pas en avant. Cela va nous permettre de travailler sur d’autres aspects du rugby comme la récupération, le soin pour ne citer qu’eux.

« Nous parlons de rigueur, pas de rigidité »

7 Jours à Clermont : Fabrice Ribeyrolles nous dit souvent : « Seul le travail paie ». Vous êtes d’accord avec cela, vous qui insistez sur le mot rigueur ?
Stéphanie Dhur : Oui, tout à fait. Les deux mots ne sont pas antinomiques. C’est une évidence. Il faut de la rigueur dans le travail, de la rigueur dans le respect des valeurs, dans le collectif. C’est dans la répétition et l’amélioration chaque jour des petites choses que nous tendons vers l’excellence. Il faut faire les choses proprement comme on s’est dit, et nous mesurons ce que cela donne avant de recommencer. Nous parlons de rigueur, pas de rigidité.

7JàC : Pour conclure, madame la Présidente, un club n’est rien sans ses bénévoles qui sont là au quotidien pour mettre les filles dans les meilleures dispositions pour qu’elles s’épanouissent sportivement et professionnellement. C’est un point très important pour vous ?
S.D : Oui, c’est un point important en effet. Ce qui m’a convaincue de rejoindre le club, outre la compétition, c’est le fait de m’être rendue sur le bord du terrain et d’avoir reçu un superbe accueil des dirigeants présents ce jour-là, et bien sûr de Marie-Françoise Magignot. Tout cela a été pour moi le signe de ce que je cherchais. Je vois des bénévoles engagés qui donnent de leur temps. Sur le côté socio-professionnel, nous devons être à l’affût de toutes les entreprises qui veulent accompagner les filles (emplois, stages, alternances). Tout cela va nous aider à faire des propositions solides aux filles.

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À propos de l'auteur

Philippe Thivat

Philippe Thivat, est correspondant d’un hebdomadaire dans l’Allier et intervenant auprès de l’ASM Romagnat rugby féminin en tant que rédacteur journaliste sportif. Il est également engagé dans le rugby citoyen qui œuvre grâce à ce sport à l’intégration des personnes handicapées et de personnes migrantes.

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