Sport Féminin & Co, créée sous l’impulsion de Claude Michy au lendemain de l’épisode Covid, a fait sa rentrée, évoquant ses projets et ses ambitions pour la saison 26-27 par la voix de Florian Pitrau, représentant de l’association depuis sa création.
Pour certains des cinq clubs adhérents (Clermont Foot 63, Volley-ball Club de Chamalières, ASM Foot, Handball Clermont Auvergne Métropole 63 et ASM Rugby Féminin), la saison 25/26 a clairement été la meilleure et il s’agira de confirmer la dynamique au cours de la saison qui débute.
Pour l’association, la saison a été ponctuée par une conférence exceptionnelle rassemblant 200 personnes en présence notamment du coach de l’équipe de France féminine de handball et par une visite des installations du Clermont Foot par les staffs et les abonnés. Elle a aussi été l’occasion d’une redistribution de 60 000 euros aux clubs, grâce aux sponsors et aux abonnés.
Pour 26/27, Sport Féminin & Co ambitionne d’organiser un événement grand public à destination des jeunes et des familles pour faire découvrir les 4 sports et les 5 clubs, de proposer une conférence thématique au 1er trimestre 2027, de participer aux Trophées Marque Auvergne et de mettre sur pied une soirée pour les abonnés et de repenser son site Internet.
Cette saison, le Pass Sport Féminin évolue légèrement. Pour 70 €, les adhérents ont l’opportunité d’accéder à toutes les rencontres sportives des clubs et de bénéficier de nombreux avantages exclusifs et d’une participation à des soirées spéciales.
Par ailleurs, tous les clubs se sont mis d’accord pour proposer leur billetterie au tarif unique de 6 € par match.
« Oui, on est mieux médiatisés, il y a plus de monde dans les tribunes, il y a un petit peu plus de moyens financiers »
7JàC : Pour 2026-2027, Sport Féminin & Co reste sur son triptyque originel : valoriser, mutualiser et surtout financer ?
Florian Pitrau : Exactement. Trouver des moyens financiers, les clubs ne s’en cachent pas, surtout que tout est redistribué aux clubs adhérents. Mais c’est aussi plein d’actions. C’est valoriser, sur le territoire, les clubs de Sport Féminin & Co et c’est mutualiser aussi des moyens. Ça, c’est un peu plus en coulisses, les gens le voient moins, mais ça a servi à créer la salle de musculation, à créer des échanges entre les clubs au niveau des coprésidents, mais aussi au niveau des staffs sportifs.
7JàC : Pourquoi était-il nécessaire de valoriser ? Le rugby à Romagnat marchait bien, le volley-ball à Chamalières aussi. Alors pourquoi cette démarche de réunir des clubs féminins ?
F. P. : Déjà, il y a eu le Covid qui est un peu au milieu de la démarche, chacun recherchait aussi de nouveaux soutiens. Et après, les clubs étaient arrivés à un premier niveau de structuration, mais il fallait vraiment passer un cap pour devenir professionnels, en fait, tout simplement, on s’en rend compte aujourd’hui.
Alors oui, on est mieux médiatisés, il y a plus de monde dans les tribunes, il y a un petit peu plus de moyens financiers, mais Fabrice (Ribeyroles) vient de le dire, il y a trois joueuses professionnelles à l’ASM Rugby Féminin. Donc on a encore un parcours énorme à suivre. Tous les clubs aujourd’hui font attention, ont des projets qui restent difficiles et sont souvent à la recherche de nouveaux moyens, de nouvelles médiatisations. Donc, on a encore beaucoup de boulot.
7JàC : Le financement du sport féminin reste encore un problème ?
F. P. : Oui, c’est clairement un souci aujourd’hui. Mais il y a un souci aujourd’hui du financement global du sport. C’était un petit peu différent en 2024 avec les JO, qui ont apporté d’autres moyens, mais aujourd’hui, l’ensemble des clubs recherche des ressources. Tout le monde se professionnalise, le cahier des charges des ligues est de plus en plus fort, on crée des emplois, donc ça c’est top. Maintenant, aujourd’hui, on se heurte parfois à la recherche de finances. Le modèle du très gros mécène, comme il peut y avoir dans le rugby, dans le foot, est peu présent aujourd’hui dans le sport féminin. On est plutôt sur un modèle économique classique : billetterie, partenariat privé, subventions, bien évidemment. Il faut que tout ça vive et que tout ça augmente le panier global.
7JàC : C’est là que l’association intervient en travaillant sur la billetterie ?
F. P. : Oui, un petit peu. Pour certains clubs, on est un gros partenaire, même pour quasiment les cinq. L’idée, c’est aussi de se dire que certains partenaires privés, notamment, ont parfois du mal à rentrer dans un club pour tout un tas de raisons : choix politiques, choix décisionnels au sein de leur structure. Par contre, un projet global qui porte sur l’ensemble du territoire avec une autre visibilité, ça, ça les intéresse. Et on a dans nos partenaires, dans les cinq mécènes privés, des personnes qui ne sont pas forcément partenaires de nos clubs. Donc c’est assez intéressant et ça permet de proposer aussi une nouvelle vision du partenariat à certaines entreprises.
7JàC : En chiffres, cela représente combien ?
F. P. : L’année dernière, on a redistribué 60 000 € aux différents clubs. Lors de notre meilleure saison, un petit peu après le Covid, on est montés à 100 000 € de budget pour Sport Féminin & Co, ce qui n’est vraiment pas négligeable. L’idée, c’est de retrouver assez rapidement ce niveau.
7JàC : Pour le grand public, il y a le Pass Sport Féminin & Co. Que pouvez-vous nous en dire ?
F. P. : Le Pass Sport Féminin & Co est toujours dans cette idée de mutualiser. C’est de se dire que les gens viennent supporter le sport féminin et pas tel ou tel club. C’était aussi une demande des gens, des supporters. Et du coup, pour 70 €, vous avez accès à l’ensemble de la billetterie de nos cinq clubs. Les cinq clubs ayant grandi, maintenant il y a aussi une billetterie en place dans tous les clubs. Donc c’est vraiment un abonnement, comme quand vous êtes abonné dans un seul club, mais là vous êtes abonné à cinq clubs. Voilà, c’est disponible sur notre site et ça coûte 70 € pour l’ensemble de la saison.
Vers une ouverture de Sport Féminin & Co à d’autres clubs dans l’avenir ?
Jours à Clermont : Depuis 2021, Sport Féminin & Co regroupe cinq clubs. Est-ce que dans l’avenir, on peut imaginer qu’il y en ait d’autres ? Et pourquoi ne sont-ils pas encore là ?
Florian Pitrau : Alors, c’est une question à laquelle je vais répondre. Évidemment, après c’est aux coprésidents et aux cinq clubs de le faire. Mais on en a déjà discuté plusieurs fois en réunion. Le club qui tape le plus à la porte, c’est le basket au sens large, avec les différentes mutualisations qu’ils ont faites aussi entre eux, côté ASM, Beaumont, Cournon, etc. Il y a eu déjà pas mal de discussions. C’est un sport collectif féminin qui est à haut niveau. La trajectoire aujourd’hui, c’est de se dire qu’on n’était pas totalement prêts déjà à accueillir un nouveau club. Il y a aussi une question de finances. Ça veut dire que derrière, on ne redistribue pas à cinq, mais à six. Pour autant, c’est dans les discussions. Et vous l’avez compris, cette année, il y a plusieurs projets qui sont mis sur la table, et cela en fait partie. Ça peut aussi être un moyen de continuer notre dynamique, de créer quelque chose d’autre. Donc c’est un ni oui ni non. C’est qu’aujourd’hui, on n’est pas matures, on n’est pas prêts à y répondre comme il faut. Par contre, c’est clairement dans les échanges. Tout à fait.
7JàC : Cela veut dire qu’un ou deux clubs de plus, ce n’est pas forcément plus d’argent qui rentre pour Sport Féminin & Co, mais par contre plus d’argent redistribué, donc un affaiblissement pour les autres ?
F. P. : C’est la première chose qu’on peut se dire quand on attaque une réunion. Maintenant, souvent, on se dit aussi qu’on a encore plus de visibilité, on a encore plus de monde qui s’intéresse à nous, il y a d’autres gens qui rentrent dans Sport Féminin & Co. Donc on le voit plutôt en se disant : c’est une opportunité, mais il faut savoir la créer comme il faut. Et les conditions n’étaient pas totalement réunies, surtout que, vous l’avez vu aussi vous dans les médias, le basket sur le territoire, eux-mêmes avaient déjà des enjeux de se structurer entre eux sur un niveau N1 notamment. Donc voilà. Clairement le message, il n’y a pas de secret, c’était de dire : faites le travail au sein du basket local, et après on reviendra voir, un peu discuter.
7JàC : L’association va rester bloquée sur le sport collectif ?
F. P. : Alors là, pour le coup, c’est très difficile de répondre parce que, encore une fois, il faudrait solliciter les coprésidents. On n’en a jamais parlé, pour le coup. On fait des trophées individuels pour mettre en avant des individus qui performent, parce qu’il y a plein d’athlètes féminines qui sont au top sur Clermont-Ferrand et toute la région. À ce jour, ça n’a pas été évoqué. Voilà, c’est vraiment du sport collectif de haut niveau.











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