Parmi les 100 projets départementaux retenus pour le Loto du patrimoine 2026, un seul figure dans le Puy-de-Dôme. Il s’agit de l’église Saint-Jean-Baptiste d’Esteil, dans le sud du département. La Mission Patrimoine pour la sauvegarde du patrimoine en péril portée par Stéphane Bern, déployée par la Fondation du patrimoine et soutenue par le ministère de la Culture et FDJ United va permettre de compléter une collecte en cours qui se monte actuellement à 19 000 euros auxquels s’ajoutent des dons de mécènes pour un total de près de 40 000 euros.
Rendre à la chapelle son volume d’origine
Saint-Jean-Baptiste est l’unique vestige roman du prieuré des « Dames de Fontevraud » fondé en 1151. Elle est classée au titre des monuments historiques depuis 1922 mais nécessite une restauration générale, via un projet engagé par la mairie d’Esteil et l’association Esteil en Histoire. L’extérieur et l’intérieur du bâtiment nécessitent des soins. Si pour l’extérieur, le chantier est assez classique, il l’est un peu moins pour la nef. Cette dernière a, en effet, été coupée en deux après la Révolution française. Un mur médian a été édifié pour créer une sacristie, mais aussi une partie agricole, ravagée par un incendie provoqué par l’envahisseur allemand le 14 août 1944. Le projet vise à rendre à la chapelle son volume d’origine dont les dimensions sont importantes : 30 mètres de long pour 15 mètres sous voûte, avec ogives et ouvertures retrouvées et à restaurer. L’église possède un clocher-mur, assez rare en Auvergne, qui a vu l’arrivée d’une nouvelle cloche en mai dernier.
Un lieu chargé d’histoire
Le prieuré d’Esteil fut fondé par la première abbesse de Fontevraud, Pétronille de Chemillé. L’église romane Saint-Jean-Baptiste témoigne de l’implantation en ce lieu (de 1151 à 1795) d’un ancien prieuré fontevriste à la suite d’une donation faite en 1149 par Bertrand d’Esteil (ou Bertrand Drac), seigneur de Châteauneuf et certains habitants à l’Ordre de Fontevraud. La Révolution française entraîna la sécularisation du lieu et la vente des bâtiments prieuraux durant l’an IV de la République, comme bien de l’État. En 1767, les moniales issues de l’aristocratie et de la bourgeoisie étaient encore une vingtaine à y vivre ; on les appelait les « dames de Fontevraud », du nom de l’abbaye royale située près de Saumur, en Anjou.







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