L’équipe du FRAC Auvergne a dû patienter longtemps pour pouvoir présenter, enfin, sa première exposition dans la Halle aux Blés, un lieu entièrement repensé pour pouvoir accueillir de grandes expositions et amplifier la médiation culturelle.
Pour marquer cette renaissance tant attendue, la Halle dévoile une exposition inaugurale saisissante, intitulée « Les mues éternelles », à découvrir du rez-de-chaussée jusqu’au sommet de ses deux étages, l’ensemble déployé sur 900 m2 d’exposition.
Rassemblant 60 œuvres de 40 artistes provenant des collections du Frac Auvergne — enrichies par les dépôts du Centre National des Arts Plastiques et de la ville de Saint-Priest, ainsi que de l’IAC Frac Rhône-Alpes —, ces créations appellent à l’humilité face au temps qui passe. Il s’agit là d’une invitation irrésistible à embrasser le changement, car comme le suggère le thème général de l’exposition, rien n’est jamais figé pour l’éternité.
Un lieu patrimonial métamorphosé
Dès l’entrée, le ton est donné. L’architecture réhabilitée de la Halle aux Blés se dévoile dans toute sa complexité et sa beauté, exacerbée par le contraste entre le gris volcanique et le blanc galerie : un véritable dédale d’espaces jouant avec les hauteurs sous plafond, les transparences, les perspectives vertigineuses et les recoins inattendus. Au-delà des œuvres, les traces du passé surgissent, révélant l’énergie des anciennes vies de ce bâtiment historique qui, après avoir abrité le marché aux céréales de Clermont, accueillit des contingents d’artistes en devenir au sein de l’école de dessin et des arts et métiers — les « beaux-arts », comme on peut encore le lire sur la façade principale, rue Ballainvilliers.
Entre joie et inquiétude : le grand paradoxe de la métamorphose
Imaginée en co-commissariat par Élise Girardot, directrice du FRAC et Laure Forlay son adjointe, l’exposition « Les mues éternelles » explore un thème aussi universel qu’urgent : la transformation. Tout comme les glaciers — ces « neiges éternelles » en apparence figées mais en réalité portées par une régénération vitale aujourd’hui menacée par le climat —, la métamorphose possède deux visages. Elle peut être joyeuse, revigorante et porteuse d’espoir, ou au contraire sombre, inquiétante et subie. L’exposition invite les visiteurs à ressentir physiquement et psychiquement ces bouleversements, qu’ils soient sociétaux, environnementaux ou intimes.
La vaste palette de l’art contemporain
Au cœur d’un parcours foisonnant, la peinture s’affirme plus vivante que jamais. Tantôt classique, tantôt éclatée mais aussi revisitée à travers la photographie, la vidéo, la sculpture ou le textile, elle se réinvente au contact des grands récits de l’histoire et de l’évolution des paysages.
À travers des jeux de textures, de luminosités et d’échelles, les œuvres présentées témoignent de la vitalité exceptionnelle d’une collection. Car le Frac Auvergne le rappelle sans cesse : une collection d’art n’est pas un musée figé, c’est un « organisme vivant » qui s’enrichit depuis plus de quarante ans.
Une pléiade d’artistes d’exception présentée par le FRAC
Pour rédiger la première page de la nouvelle histoire du FRAC Auvergne, les commissaires ont réuni une impressionnante constellation de talents de différentes générations, dont Makiko Furuichi, qui a bénéficié d’une carte blanche in situ.
L’exposition permet de retrouver : Caroline Achaintre, Etel Adnan, Jimmy Beauquesne, Léa Belooussovitch, Abdelkader Benchamma, Clément Cogitore, Sylvain Couzinet-Jacques, Daniel Gustav Cramer, Mimosa Echard, Gloria Friedmann, Agnès Geoffray, Noémie Goudal, Simon Hantaï, Lukas Hoffmann, Nona Inescu, Aneta Kajzer, Kapwani Kiwanga, Tarek Lakhrissi, Natacha Lesueur, Didier Marcel, Maude Maris, Sara Masüger, Marie-Claire Messouma Manlanbien, Sirous Namazi, Josèfa Ntjam, Patrick Neu, Gloria Oyarzabal, Gerald Petit, Gerhard Richter, James Rielly, Armelle de Sainte Marie, Pierre Saxod, Zineb Sedira, Claire Tabouret, Patrick Tosani, Luc Tuymans, Sandra Vásquez de la Horra et Jeanne Vicerial.
Les mues éternelles, du 25 septembre 2026 (à partir de 16h) au 7 février 2027 Frac Auvergne – Halle aux Blés, rue Ballainvilliers, Clermon, entrée libre











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