Écouter l'article
L'Essentiel
La première période est encourageante avec l'égalisation de Cantero à 21e, mais la suite bascule quand Koné est touché dans la surface à 55e. L'arbitre ne sanctionne pas ce fait de jeu et le Red Star marque sur le contre.
Kena Kabeya et Koné présentent des prestations contrastées: Kabeya gagne 9 de ses 12 duels et Koné 9 de ses 10, mais leurs erreurs et le manque d'équilibre global coûtent finalement cher à Clermont.
Mais trois erreurs défensives, toutes plus ou moins évitables, ont fini par coûter très cher à un CF63 qui paie décidément le moindre de ses errements. Et si cette rencontre laisse entrevoir quelques progrès offensifs, elle confirme aussi une incapacité préoccupante à apprendre de ses erreurs. Une défaite d’autant plus difficile à digérer qu’elle fait désormais basculer Clermont dans la zone de relégation.
Une reprise qui s’annonçait forcément compliquée
La longue trêve internationale devait permettre au Clermont Foot de remettre un peu d’ordre dans son jeu, de récupérer certains joueurs et surtout d’intégrer plus efficacement les dernières recrues. Il y avait urgence. Toujours sans victoire après 7 journées, une première dans l’histoire du club, le CF63 retrouvait la compétition face à un Red Star qui n’avait franchement rien du candidat idéal pour débloquer son compteur.
Les Audoniens restaient sur 3 victoires consécutives et présentaient le meilleur bilan du championnat à l’extérieur, avec 3 succès et 1 nul en 4 déplacements. Une dynamique qui n’avait rien d’un hasard au regard de leur production offensive : 192 ballons touchés dans la surface adverse contre 113 pour Clermont, 110 tirs contre 57, mais également 47 corners obtenus, 58 dribbles réussis, 2 penalties provoqués et déjà 5 frappes sur les montants.
Autre particularité, le Red Star avait ouvert le score dans 86 % de ses rencontres, tandis que Clermont n’avait toujours pas mené une seule minute après 630 minutes de championnat. Les Franciliens avaient par ailleurs systématiquement marqué en déplacement, quand les Auvergnats étaient restés muets lors de 3 de leurs 4 réceptions.
Et parmi les nombreux dangers à surveiller figurait évidemment Damien Durand, déjà auteur de 4 buts, quatrième total de Ligue 2, avec 3.2 xG (buts attendus), 4.0 xGoT (buts attendus sur les tirs cadrés), 22 tirs, meilleur bilan du championnat, et 9 frappes cadrées, deuxième total. Le joueur était également le principal créateur audonien avec 12 occasions générées et 45 centres tentés, troisième total de la division dans ce dernier exercice.
Autrement dit, Clermont allait devoir hausser sérieusement son niveau pour espérer faire tomber un adversaire aussi performant. La question était surtout de savoir si les trois semaines de travail avaient permis à David Guion de trouver quelques solutions.
Une première période encourageante et un cadeau
Le début de rencontre n’a pourtant pas laissé beaucoup de temps aux bonnes intentions clermontoises pour s’exprimer.
Dès la 7e minute, une relance bien mal sentie de Kena Kabeya dans l’axe offre au Red Star une récupération dans une zone particulièrement dangereuse. Les visiteurs ne se font pas prier pour sanctionner cette erreur et prendre l’avantage.
Difficile de ne pas ressentir une certaine lassitude devant ce scénario. Clermont, et ce même Kena Kabeya, avaient déjà donné des buts de cette manière depuis le début de saison, et l’on pouvait espérer que ces situations auraient au moins servi de leçon. Manifestement, pas encore.
Malgré tout, les auvergnats ont rapidement commencé à trouver davantage de solutions offensives, avec une capacité à accélérer et à combiner que l’on avait finalement assez peu vue jusque-là.
À la 14e minute, Coulibaly adresse un excellent centre sur la tête de Semedo, qui trouve le poteau. Une situation qui ressemble d’ailleurs davantage à une grosse occasion manquée qu’à un véritable manque de réussite, tant l’attaquant semblait idéalement placé pour conclure.
Sept minutes plus tard, Enzo Cantero se charge de remettre les deux équipes à égalité d’une magnifique frappe dans la lucarne opposée. Un geste de grande qualité, mais également une belle récompense pour un Clermont Foot qui avait retrouvé de l’ambition dans son jeu.
La suite du premier acte confirme cette impression. Le CF63 réussit à davantage conserver le ballon dans les zones intéressantes, se montre plus entreprenant et parvient à mettre le Red Star sur le reculoir.
À la pause, le score de parité laisse donc quelques regrets. Clermont a plutôt bien réagi et a montré qu’il pouvait exister face à l’une des formations les plus convaincantes de Ligue 2. Ce qui, compte tenu des dernières semaines, constituait déjà une évolution appréciable.
Le tournant du penalty non sifflé
La seconde période commence pourtant par une alerte sérieuse. Guivarch doit remporter un face-à-face particulièrement difficile dès la 46e minute pour éviter que les Audoniens ne reprennent immédiatement l’avantage.
Le Red Star semble alors avoir retrouvé la maîtrise, mais Clermont reste dans son match et continue de chercher des solutions.
Puis arrive la séquence qui va largement conditionner la suite de la rencontre.
À la 55e minute, Koné s’infiltre dans la surface adverse à la récupération d’un corner totalement raté et tombe au contact d’un défenseur. L’arbitre ne bronche pas. Dans la continuité de l’action, le Red Star récupère le ballon, se projette rapidement et inscrit son deuxième but.
À vitesse réelle, on pouvait avoir le sentiment que Koné cherchait davantage à obtenir une faute qu’à poursuivre son action. Une impression qui demeure, même si les images laissent également apparaître un contact au niveau de son pied qui aurait pu justifier un penalty.
Difficile donc d’être catégorique sur la décision arbitrale. Mais il faut reconnaître qu’entre la possibilité d’un penalty en faveur de Clermont et ce but encaissé sur le contre suivant, la rencontre a basculé sur un détail particulièrement cruel.
Cela n’exonère pas pour autant le CF63 de sa responsabilité. Koné prend un risque en cherchant le contact sur une phase de jeu où la perte du ballon laisse nécessairement son équipe très exposée. Et derrière, le repli défensif ne permet pas de corriger ce déséquilibre.
À la 68e minute, le Red Star frappe encore sur une transition, cette fois sans véritable polémique arbitrale pour alimenter les regrets. La défense clermontoise recule, laisse trop facilement progresser le porteur et finit par céder une nouvelle fois.
Florian Bianchini réduira finalement l’écart sur un penalty peu évident à la 89e, sans laisser suffisamment de temps aux Auvergnats pour envisager un nouveau retour.
Et voilà comment Clermont, après avoir montré des choses intéressantes et retrouvé une certaine efficacité offensive, termine finalement la soirée sans le moindre point.
Pas forcément aussi équilibré qu’il y paraît
Les chiffres permettent de nuancer les impressions laissées par cette rencontre.
Clermont termine avec 1,71 xG contre 2,33 pour le Red Star. Mais la différence devient nettement plus importante lorsqu’on retire les penalties, puisque les xG hors penalty sont de 0,92 pour le CF63 contre 2,33 pour les visiteurs.
Les Audoniens se sont également procuré 12 occasions contre 7 et ont touché 30 ballons dans la surface adverse contre 20.
Il serait donc excessif de considérer cette défaite comme totalement imméritée ou de prétendre que Clermont aurait bien maîtrisé son adversaire.
Le Red Star a globalement produit les situations les plus dangereuses, notamment dans une seconde période où sa capacité à se projeter rapidement a mis en évidence certaines limites du bloc clermontois.
La possession, à 56 % pour les visiteurs contre 44 %, confirme également cette légère supériorité dans la maîtrise du ballon.
Pourtant, Clermont n’a pas été dépassé dans tous les domaines. Les Auvergnats ont remporté 53 % des duels contre 47 %, parcouru 5 km supplémentaires et réalisé 24 courses à haute intensité de plus que leurs adversaires.
Autrement dit, difficile de remettre en cause l’investissement physique d’une équipe qui continue de répondre présente malgré les résultats.
Enfin, les buts empêchés, à -0,26 pour Guivarch contre -0,68 pour le gardien du Red Star, ne traduisent pas non plus une rencontre au cours de laquelle la différence aurait été faite par une prestation exceptionnelle dans les cages.
Clermont a surtout affronté une équipe capable d’exploiter beaucoup mieux les espaces et les erreurs adverses. C’est précisément ce qui sépare aujourd’hui ces deux formations au classement.
Une naïveté qui coûte trop cher
Clermont a mieux joué, mais s’est fait piéger pour perdre à la fin. C’est probablement le principal paradoxe de cette rencontre.
Sur le plan offensif, Clermont a montré davantage de choses que lors de la plupart de ses précédentes sorties. Les mouvements ont été plus spontanés, certains joueurs ont enfin réussi à accélérer et l’équipe a même proposé quelques combinaisons intéressantes dans les trente derniers mètres.
Il faut évidemment rester mesuré, mais pour une fois, on a pu avoir le sentiment que le CF63 possédait quelques arguments pour inquiéter son adversaire autrement qu’en espérant une erreur ou un coup de pied arrêté.
Le problème est que ce regain d’ambition s’est accompagné de nouvelles largesses défensives.
La mauvaise relance de Kena Kabeya, le contre consécutif à l’action de Koné et la facilité avec laquelle les Audoniens ont traversé le terrain sur leur troisième réalisation rappellent une réalité assez préoccupante : Clermont commet beaucoup trop d’erreurs qui semblent pourtant parfaitement identifiées.
La répétition devient d’ailleurs plus inquiétante que les erreurs elles-mêmes.
Un jeune joueur peut naturellement se tromper dans ses choix, particulièrement lorsqu’il découvre ou apprend encore les exigences de la division. Mais lorsqu’une même situation se reproduit plusieurs fois, le problème dépasse la simple maladresse individuelle.
Il faut alors s’interroger sur les consignes de relance (éviter les relances courtes au sol dans l’axe sur des phases hautes adverses), les solutions proposées autour du porteur, l’équilibre collectif lors des phases offensives et la capacité de l’équipe à anticiper la perte du ballon.
D’autant que le Red Star présentait précisément les qualités pour sanctionner ces faiblesses. Avec 5.4 récupérations dans le dernier tiers adverse par match, meilleur total de Ligue 2 et plus du double de celui d’un CF63 classé 16e dans ce domaine, les Franciliens avaient les moyens de mettre constamment la première relance clermontoise sous pression.
Leur vitesse de projection a fait le reste.
Et même si Clermont figure parmi les équipes qui concèdent le moins de frappes cadrées, avec le 2e meilleur bilan du championnat dans ce domaine, cette statistique ne protège pas contre les situations offertes directement à l’adversaire.
Le Red Star, équipe ayant également reçu le plus de cartons jaunes depuis le début de saison avec 19 avertissements (et qui a été très, voire trop ?, épargnée par l’arbitre de la rencontre), aurait peut-être pu être davantage contrariée par une équipe clermontoise plus juste techniquement.
Mais pour cela, encore aurait-il fallu éviter de lui faciliter le travail.

Semedo et Cantero apportent des profils différents
Parmi les rares véritables satisfactions de la soirée, les premières prestations de certaines recrues méritent d’être soulignées.
Luis Semedo a notamment apporté une présence qui manquait cruellement au CF63 depuis le début de saison. Capable de résister dos au but, de servir de point d’appui et de remettre ses partenaires dans le sens du jeu, l’attaquant a remporté 4 de ses 6 duels et tenté 3 frappes, meilleur total clermontois.
Cela tranche sensiblement avec les difficultés d’Okou, entré à sa place et qui a de nouveau perdu 6 duels sur 8.
Semedo n’a évidemment pas tout réussi, et sa tête sur le poteau constitue un raté qui aurait pu changer le cours de la rencontre. Mais au moins a-t-il donné l’impression de pouvoir peser sur une défense et d’offrir de véritables solutions à ses partenaires.
Enzo Cantero a lui aussi confirmé les promesses entrevues lors de ses précédentes apparitions. Son but est évidemment magnifique, mais il serait dommage de réduire sa prestation à cette seule frappe.
Son aisance technique, ses déplacements et sa rapidité dans les prises de décision offrent quelque chose de différent sur le côté droit. Il pourrait bien devenir l’un des joueurs importants de cette attaque.
Son petit gabarit reste néanmoins une limite dans le combat physique, avec 6 duels perdus sur 9, et il devra apprendre à contourner cette faiblesse en privilégiant ses qualités de vivacité.
Admar a également montré quelques dispositions intéressantes. Assez discret au départ, il s’est progressivement davantage impliqué, faisant preuve d’une certaine spontanéité dans ses initiatives et d’une qualité technique qui pourrait rendre des services.
Là encore, tout est loin d’être acquis : ses 10 duels perdus sur 11 illustrent un manque d’impact particulièrement important à ce niveau.
Mais dans une équipe qui cherche désespérément des joueurs capables de créer quelque chose avec le ballon, ces premières impressions méritent qu’on lui accorde davantage de temps.
On peut également espérer que Kouamé, qui semble progressivement prendre ses marques, contribue à donner davantage de maîtrise à un milieu qui en manque encore trop.
Ces quelques éléments ne suffisent pas à garantir une amélioration rapide, mais ils permettent au moins d’entrevoir des solutions que l’on ne distinguait pas aussi clairement avant la trêve.
Kena Kabeya et Koné : apprendre plus vite
À l’inverse, deux prestations résument assez bien les frustrations laissées par cette soirée.
Ethan Kena Kabeya a vécu un match difficile malgré un investissement physique indéniable. Avec 9 duels gagnés sur 12, il termine même avec le meilleur total de duels remportés de la rencontre.
Mais cette activité ne suffit pas à effacer sa responsabilité sur l’ouverture du score. Sa passe plein axe était particulièrement risquée dans les circonstances et ne laissait pratiquement aucune possibilité de rattrapage en cas d’interception.
Plus préoccupant encore, il a plusieurs fois été pris dans son dos en raison d’un placement approximatif et d’une anticipation insuffisante des courses adverses.
Son potentiel reste intéressant et sa désignation comme joueur du mois de septembre par les supporters n’était pas usurpée. Mais il doit rapidement corriger ces erreurs de lecture et de prise de décision, car elles peuvent coûter infiniment plus cher que toutes les bonnes interventions réalisées par ailleurs.
Le cas de Koné est assez comparable.
Lui aussi a été très présent dans le combat, remportant 9 de ses 10 duels. Pourtant, sa prestation reste largement ternie par cette action qui précède le deuxième but adverse. Le débat sur le penalty est légitime, mais sa tendance récurrente à rechercher le contact plutôt qu’à poursuivre son effort commence à devenir un véritable problème. Un problème partagé par pas mal de joueurs d’ailleurs…
Il possède des qualités de percussion que peu de joueurs clermontois peuvent revendiquer. Encore faut-il qu’il les exploite jusqu’au bout et qu’il mesure mieux les conséquences de certains choix.
Plus généralement, la faiblesse technique collective continue d’être préoccupante. Parmi les 9 joueurs ayant perdu le plus de ballons dans cette rencontre, 6 portent le maillot clermontois : Bianchini (20), Koné (17), Salmier (16), Admar (15), Coulibaly (14) et Cantero (13).
Un bilan d’autant moins satisfaisant que Clermont n’a pas eu la majorité du ballon.
Cette accumulation de pertes de possession explique aussi pourquoi l’équipe peine encore à installer durablement son jeu, même lorsqu’elle parvient enfin à produire quelques mouvements intéressants.
Il devient difficile de progresser collectivement lorsque chaque séquence construite peut se terminer par une transmission imprécise ou une décision individuelle mal sentie.
Une défaite encourageante mais pas sans conséquence
Il serait un peu facile de ne retenir que le résultat et de considérer cette rencontre comme une nouvelle prestation ratée.
Clermont a montré davantage d’intentions, quelques progrès dans son animation offensive et surtout de nouveaux profils qui pourraient aider David Guion à construire une équipe plus dangereuse.
Mais il serait tout aussi trompeur de s’accrocher uniquement à ces éléments positifs pour expliquer que la victoire finira bien par arriver.
Car cette fois, le CF63 a marqué et joué un football parfois plaisant, mais il a quand même perdu. Et cette défaite lui coûte davantage qu’un simple mauvais résultat : Clermont se retrouve désormais relégable.
L’accumulation des regrets commence donc à peser lourd. Entre les occasions manquées, les décisions arbitrales discutables et surtout les erreurs individuelles répétées, les Auvergnats semblent toujours trouver une nouvelle manière de laisser filer des points.
La prochaine séquence, face à Laval puis Guingamp, ne permettra plus de se satisfaire d’une prestation encourageante contre un adversaire supérieur sur le papier.
Il faudra gagner, et probablement commencer par ne plus offrir des situations que l’adversaire n’aurait pas nécessairement su créer tout seul.
Ce groupe a montré depuis le début de saison qu’il possédait de l’envie et une certaine capacité de réaction. Désormais, il doit surtout démontrer qu’il sait apprendre, progresser et transformer ces qualités en résultats.
Car en Ligue 2, les performances encourageantes ne rapportent aucun point. Et le CF63 commence sérieusement à en manquer.
Voir la réaction de David Guion












Commenter