Accueil » Edito » La forteresse est tombée
Roses fanées Photo Rahime Gül Pexels
Photo Rahime Gül Pexels
Edito

La forteresse est tombée

Remue-ménage à la mairie de Clermont, passée de gauche à droite. Comme quoi les vérités ne sont jamais intangibles.

Qui l’eut cru. Le changement intervenu à l’Hôtel de ville à Clermont reste, pour beaucoup, une surprise ; en tout cas, un chamboulement majeur dans une cité qui avait jusque-là le cœur à gauche. Par habitude ou par conviction ?

Certes, le coup passa près en d’autres circonstances. En 1995, par exemple, mais le candidat de « centre-droit » avait une toute autre envergure politique que Julien Bony. Valéry Giscard d’Estaing, ancien président de la République, l’homme de Chamalières, s’était cassé les dents sur la citadelle socialiste, échouant pour un peu plus de 620 voix face à Roger Quilliot, lui-même pourvu d’une dimension nationale. En 2014, aussi, Jean-Pierre Brenas avait loupé le coche d’assez peu (plus de 2000 voix tout de même) mais les élections, à l’échelle nationale, avaient alors été marquées par une véritable « vague bleue », emportant tout sur son passage … sauf Clermont.

Conditions réunies

Cette édition 2026 fut donc la bonne pour une opposition mêlant droite « modérée »  et centristes. La qualification pour le second tour du Rassemblement National aurait pu constituer une épine dans le pied voire un écueil infranchissable pour l’équipe de Julien Bony mais pour les électeurs d’opposition le réflexe fut avant tout celui du vote utile.

Si, après deux mandats dissemblables, Olivier Bianchi, a perdu, c’est sans doute que la sociologie de la ville a changé et que les vieux clichés droite-gauche ne sont plus tout à fait valables dans notre société éclatée. Mais pas seulement…

L’élan de l’alternance

Olivier Bianchi, rose devenu très vert, a reconnu lui-même certaines « maladresses ». Les travaux résultant du projet « Inspire », qui se voulait « visionnaire », ont brutalisé la ville, mis à mal l’activité commerciale et déplacé les nuisances vers d’autres quartiers qui se sentent légitimement défavorisés. L’insécurité grandissante dans une cité longtemps paisible a aussi joué un rôle conséquent, même si  la responsabilité ne peut évidemment être attribuée au seul maire. Son refus d’armer la police municipale a pu paraître une façon de ne pas affronter la réalité d’un phénomène qui n’est pas un fantasme. Laisseriez-vous votre fille se promener seule le soir à Clermont ? Quant à l’alliance avec La France Insoumise, dont certains relents ne sentent pas bon, elle n’aura pas eu l’effet escompté par le maire sorti. Reste évidemment un désir d’alternance plutôt sain et légitime en démocratie. Et c’est ainsi que, contre toute attente, Clermont bascula…

Marc François

Marc-Francois / Photo Fanny Raynaud
Marc-Francois / Photo Fanny Raynaud
Partager :

À propos de l'auteur

Marc François

A débuté le métier de journaliste parallèlement sur une radio libre et en presse écrite dans les années 80. Correspondant de plusieurs médias nationaux, rédacteur en chef de l’hebdomadaire Info Magazine (Clermont, Limoges, Allier) pendant 9 ans, il a présidé le Club de la Presse Clermont-Auvergne entre 2009 et 2013. Il est l’initiateur de 7 Jours à Clermont.

Commenter

Cliquez ici pour commenter

Sponsorisé

Les infos dans votre boite

Sponsorisé