Première mesure concrète une semaine après la mise en place du nouveau conseil municipal : la Ville de Clermont va procéder au rétablissement de l’éclairage public nocturne sur l’ensemble de son territoire à compter de ce vendredi 3 avril 2026.
Un arrêté municipal vient d’être publié, conformément à une promesse de campagne de Julien Bony. Elle est une réponse aux attentes exprimées par un certain nombre de Clermontois en matière de sécurité et de qualité du cadre de vie. La mesure d’extinction de l’éclairage public nocturne avait été prise pour des raisons économiques, pour faire face à l’envolée du prix de l’énergie en 2021/2022.
Clermont l’avait appliquée sur les zones hors centre-ville (pour simplifier, à l’extérieur des boulevards de ceinture), laissant l’éclairage dans l’hypercentre et le long de la ligne de tram.
Julien Bony faisait partie des candidats favorables au retour de l’éclairage nocturne sur toute la ville, un cheval de bataille commun avec de nombreux candidats aux municipales, partout en France.
Le débat de l’éclairage nocturne reste sans réponse
Si l’argument sécuritaire est souvent brandi, selon les experts, il reste difficile d’établir une relation entre éclairage et insécurité car de nombreux facteurs entrent en jeu. Sur cette question, il est d’ailleurs davantage question de ressenti que de faits avérés.
Professeur en criminologie à l’université belge UC Louvain, Vincent Francis, interrogé par l’AFP, avait expliqué que l’extinction a un effet dissuasif sur les infractions pour lesquelles il augmente le risque, pour le malfaiteur, d’être repéré. Des études américaines ont de leur côté prouvé que les vols à l’arraché sont plus facilement commis lorsqu’il y a un bon éclairage, car les malfaiteurs peuvent repérer leur cible plus facilement. Les typologies de quartier entrent également en jeu. Dans les zones résidentielles où la lumière est éteinte, les habitants sortent moins et les domiciles sont par conséquent mieux surveillés et potentiellement moins sujets aux cambriolages. Mais dans un centre-ville commerçant, l’effet est contraire car moins de piétons dans les rues rend la détection des agissements suspects plus difficile.
En l’absence de données fiables (le ministère de l’Intérieur n’en a pas), c’est peut-être la police de Berlin qui a la bonne formule : « Un meilleur éclairage de l’espace public ne conduit pas nécessairement à davantage de sécurité, alors que des rues sombres ne conduisent en règle générale pas à une augmentation de la criminalité violente. »
La sécurité plonge l’écologie dans l’ombre
L’association éclairage public nocturne et sécurité a fini par occulter la question écologique. Les scientifiques ont tendance à dire que les lumières nocturnes perturbent des espèces, diurnes ou nocturnes, dans leurs cycles jour-nuit, avec une modification des comportements reproductifs, alimentaires et d’orientation. Elles auraient également un impact sur la santé humaine, en perturbant les cycles de sommeil. Là encore le débat reste ouvert et il semble qu’un éclairage bien adapté et restreint peut réduire les nuisances sur la faune.
Reste la question du poids économique de l’électricité et des notes salées que doivent payer les communes qui laissent l’éclairage toute la nuit. Clermont a déjà démarré la modernisation de son éclairage public, avec le passage d’une partie du parc existant à la technologie LED, et la nouvelle équipe municipale souhaite poursuivre cette transition vers 100 % du parc afin de réduire l’empreinte énergétique et l’impact environnemental. Mais l’équipement LED reste encore un coût important pour la collectivité, même si, au bout du compte, elle s’y retrouve avec des remplacements moins fréquents et une facture moins élevée.
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