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Marc François.
Photo Fanny Reynaud.
Edito

Les langues, le vent, le temps…

La langue est à l’image d’une population : vivante, mouvante, bouillonnante, perméable, évolutive. Elle ne cesse de se modifier au fil des époques. …

Bien avant les véhicules à moteur, les avions, les automobiles, les satellites et même les vagues massives d’immigration, le monde était ouvert. En dépit des frontières, des obstacles naturels, des océans à perte de vue, l’être humain s’est révélé un voyageur, un découvreur d’espace inlassable, reculant sans cesse les horizons. Tels ces marins voguant vers des terres inconnues qui- peut-être- n’existaient pas. S’ils transportaient, parfois, dans leurs soutes des maladies susceptibles de décimer les populations indigènes, ils traînaient aussi dans leurs bagages leurs idées, leurs coutumes, leur dieu, leur insolence mais aussi leurs modes de vie et débarquaient avec leur façon de s’exprimer…

Brassage, mélange, les cultures se chevauchaient, s’entrecroisaient, se pénétraient de façon violente ou plus subtile. Pour le pire et parfois le meilleur ; la guerre et le commerce ; l’amour et la mort.

Un grand chambardement

Cette interpénétration des cultures et des modes d’expression n’est pas la seule source d’évolution des langues. L’expression humaine est à l’image de la génétique. Elle s’auto-régule, s’adapte à l’environnement, transforme, accommode, élimine. L’évolution des langues, celle des mots, répond aussi à la loi de la nature et à la théorie de l’évolution : les faibles s’effacent, seuls les plus forts survivent.

Une langue est ainsi un paysage sans cesse érodé par les vents, élimé par les intempéries, façonné par les eaux et les glaces voire ciselés par les tremblements de terre.

De nos jours

L’hyper-technologie et l’ultra-communication- dont la tyrannie s’abat aujourd’hui sur la planète- créent à leur tour un choc brutal sur le « parler » et l’écriture. Un clic, des tweets… et l’expression s’adapte : plus courte, plus facile, plus simple, plus spontanée et immédiate. La modernité ne s’embarrasse pas de fioriture, de romantisme, ni d’esthétique. Elle n’a d’autre ambition que l’efficacité, la facilité, l’instantanéité, l’uniformisation, le rendement. Les langues, qui sont d’abord un mode de communication entre les hommes, en seront forcément impactées. N’en déplaise aux puristes et aux nostalgiques.

 

À propos de l'auteur

Marc François

A débuté le métier de journaliste parallèlement sur une radio libre et en presse écrite dans les années 80. Correspondant de plusieurs médias nationaux, rédacteur en chef de l’hebdomadaire Info Magazine (Clermont, Limoges, Allier) pendant 9 ans, il a présidé le Club de la Presse Clermont-Auvergne entre 2009 et 2013. Il est l’initiateur de 7 Jours à Clermont.

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