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Marc François.
Photo Fanny Reynaud.
Edito

Les frères jumeaux de l’audiovisuel

Qui se ressemble, se combat. Les grands médias audiovisuels s’épient et en oublient d’être créatifs.

Le test est facile et le constat se révèle flagrant : tournez légèrement le bouton de votre radio deux minutes environ avant que ne survienne l’heure exacte. Exemple : 8h58 ou 11h58.  Prêtez alors l’oreille aux propos tenus. Inévitablement, il sera question de pluie, de nuages, d’anticyclones, d’orages ou de masses d’air, le tout suivi de températures relevées dans différentes villes de France. C’est l’heure sacrosainte du bulletin météo, invariablement donné juste avant la session d’informations. Celle-ci doit débuter à l’heure pile. Même topo, même durée, même chronologie, même sensibilité pour l’ensemble des radios généralistes : on se fait concurrence et l’on applique strictement les mêmes recettes, les mêmes formats, les mêmes formules.

Des clones

Ce test réalisé sur les principales stations radiophoniques peut s’appliquer aux chaînes de télévision à l’heure de la grand-messe du journal d’informations : le 13 heures et le 20 heures. Aucune, bien-sûr, n’a envisagé d’avancer sa montre, de se décaler, de se singulariser. Non, les infos, c’est 20 heures et pas 19h30 ou 21h … Prenez un présentateur, vedette si possible, et il va distribuer les sujets tout en usant de son prétendu charisme ou charme dans une chronologie rarement surprenante. Rien ne ressemble plus au journal de TF1 que celui de France 2, qu’on le veuille ou  non. La recette est identique, immuable, on dirait des clones…

Psychorigides

Les grands médias audiovisuels manquent terriblement d’originalité, de singularité, d’inventivité, de prises d’initiatives, de goût du risque, de créativité, de talent. Ils se marquent à la culotte, copient sur le voisin, se font la guéguerre sur fond d’audience et de recettes publicitaires. Psychorigides, ils s’enferment dans des schémas, des normes, des modèles, rythmant le quotidien à coups d’a priori et de fausses certitudes. Frères ennemis, adversaires dans la conquête de marchés, ce sont en fait des frères jumeaux.

À propos de l'auteur

Marc François

A débuté le métier de journaliste parallèlement sur une radio libre et en presse écrite dans les années 80. Correspondant de plusieurs médias nationaux, rédacteur en chef de l’hebdomadaire Info Magazine (Clermont, Limoges, Allier) pendant 9 ans, il a présidé le Club de la Presse Clermont-Auvergne entre 2009 et 2013. Il est l’initiateur de 7 Jours à Clermont.

1 Commentaire

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  • Mais qui regardent / écoutent encore leurs foutaises ?
    La télévision, je n’en ai jamais eu ; cela m’a surtout permis de ne pas payer la taxe audiovisuelle, laquelle pour de nombreuses personnes, semble proposer un large choix de médiocrités.
    Quant aux stations, même sanction : après six mois de crise sanitaire, je ne me sentais plus capable d’entendre une revue journalière du nombre des morts du Covid, et/ou celui des personnes dans les services des urgences et de réanimation, ni non plus les 53 millions – 68 d’adultes moins 15 d’enfants – d’experts en épidémiologie.
    Un peu comme les faits divers quoi… à qui pouvaient bien servir ces chiffres, et quel était la signification de nous les fournir, sinon que de nous abreuver de choses non-essentielles, et de tenter de nous tenir sous une forme de psychose.
    Les ‘News’, je les prends ‘as and when’ comme on dit, et si j’en ai loupé quelques unes, et bien ce ne sont pas celles-ci qui me gâcheront la journée. Ah oui, parce qu’il faut bien remarquer qu’à part les horreurs du quotidien que les médias ne souhaitent surtout pas nous épargner, les bonnes nouvelles sont plutôt rares récemment, n’est-ce pas ?
    Alors, à la semaine prochaine pour les prochaines actualités ! 😉

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