L'Essentiel
Cette exposition, réalisée en collaboration avec des experts iraniens, a été conçue pendant six mois et est la première du genre en France et en Europe, offrant un aperçu des légendes et de la nature comme sources d'inspiration dans l'art du Qalamkar.
Elle prépare également l'inauguration de la Maison du qalamkar à Ispahan en 2017, qui sera un centre de conservation et de formation autour de cet artisanat.
Une invitation au voyage
Le musée Bargoin propose jusqu’au 31 décembre une incroyable collection de qalamkar (prononcer « ralamkar »). Ces tissus traditionnels, originaires de la ville iranienne d’Ispahan, sont de grandes cotonnades, imprimées au bloc, avec des motifs souvent végétaux. A l’origine la partie centrale était dessinée à la main à l’aide d’un qalam, un roseau taillé en biseau. Ses usages sont variés : le qalamkar est utilisé pour la vie quotidienne, pour la confection des vêtements, pour la décoration : ainsi il sert de nappe, de couverture, de vêtement, de tenture. Grâce à la présentation de 45 pièces issues pour la plupart de collections privées, l’exposition invite le visiteur à s’immerger dans la vie d’Ispahan et de ses habitants. Le voyage débute avec la reconstitution d’un atelier-boutique tel qu’on pouvait en voir au bazar d’Ispahan. Charlotte Croissant, responsable du département Arts textiles au Musée Bargoin, nous guide jusqu’à la première section de l’exposition; elle est dédiée aux mythes et réalités et raconte certaines légendes qui nourrissent encore aujourd’hui la culture iranienne. Elle explique : “Les grandes histoires d’amour, comme celle de Leylî et Majnoun, souvent des amours impossibles, sont très souvent représentées sur des qalamkar. Elles évoquent aussi une quête spirituelle”. La vie à la cour, la chasse sont également présentes dans cette section. La deuxième partie de l’exposition est consacrée à la nature, source d’inspiration artistique inépuisable, éternelle pour les Iraniens.
Une exposition avant l’ouverture de la Maison du qalamkar
La réalisation de cette exposition a nécessité 6 mois de travail. Charlotte Croissant raconte : “Il n’y a jamais eu de précédent entièrement consacré à l’art du qalamkar en France et en Europe. On a travaillé avec des Iraniens et constitué un comité scientifique avec des Iraniens à Ispahan et en France. On a travaillé étroitement avec eux du début jusqu’à la fin de l’exposition et ce fut vraiment un très riche échange. Ils nous ont beaucoup appris, notre regard, aussi, leur a permis d’avoir une vision un peu différente”. L’exposition du musée Bargoin préfigure l’ouverture d’un espace dédié au qalamkar à Ispahan en 2017. La Maison du qalamkar sera à la fois un lieu patrimonial de conservation et de restauration des métiers et des savoir-faire, un espace d’information, d’animation et d’exposition permanent et un centre de formation.
A découvrir jusqu’au 31 décembre 2017 au Musée Bargoin, 45 rue Ballainvillier à Clermont-Ferrand.












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