Il est né à Montreuil au tout début des années 60. Bruno Boudjelal pratique la photo comme un mode de vie qui interroge sans cesse sa propre identité confrontée à la nôtre. Son itinéraire personnel l’a mené en Algérie, en 1993, à la source de ses origines paternelles. Quête personnelles qui sera le point de départ de dix années d’exploration qui l’amèneront, entre carnet de voyage et témoignage, à passer du noir et blanc à la couleur et à assumer la subjectivité de son point de vue.
Une réalité complexe
Bruno Boudjelal, photographe engagé sans doute, perçoit la question de l’identité comme étant singulière et inscrite dans une histoire collective. Ainsi, à travers des récits en images, il tente d’approcher une réalité forcément complexe. « Mais plus la réalité est complexe, plus la diffraction des points de vue est intéressante » estime-t-il. Lauréat du Prix Nadar en 2015 pour son livre Algérie, clos comme on ferme un livre, il est exposé en France et à l’étranger par les plus grandes institutions. Membre de l’agence VU, il publie régulièrement ses photos dans la presse.
« Une si longue résidence »

Invité en résidence par la Ville de Clermont, le photographe a travaillé pendant deux ans dans les quartiers de Croix-Neyrat, Les Vergnes, Champratel afin de présenter plusieurs séries photographiques et vidéographiques sur des thèmes comme le voyage, la maison, l’attente mais aussi le tramway… « C’est la première fois de ma vie de photographe que j’ai effectué une si longue résidence » témoigne-t-il. « J’ai longtemps pensé qu’elle serait une simple parenthèse dans mon travail mais, force est de constater aujourd’hui qu’elle s’inscrit dans l’ensemble des travaux que je conduis depuis longtemps. Cette recherche de soi, cette quête de savoir d’où l’on vient mais aussi, question plus importante, celle de savoir où l’on va. » Le travail clermontois de Bruno Boudjelal fera aussi l’objet d’une restitution en septembre prochain le long de la ligne de tramway. En attendant, photos et vidéos sont à découvrir à l’Hôtel Fontfreyde lors d’une exposition intitulée « Habiterai-je un jour dans la maison? ».
Du 4 mai au 23 septembre à l’Hôtel Fontfreyde, centre photographique de Clermont, 34 rue des Gras.
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