Son nom et son visage sont familiers à de nombreux Clermontois. Dans les années 80, le photographe indépendant et autodidacte Régis Nardoux tient d’abord une boutique de photo avant de filer dans le monde de la pub qui fait appel à son talent pour des portraits et des images de personnages en situation. En 1987, il réalise des images de théâtre pour le Petit Vélo, célèbre salle de spectacle du quartier Fontgiève. Cette collaboration est une sorte de tour de chauffe au cœur du monde culturel. Il multiplie alors les collaborations avec des salles comme les Comédies de Saint-Étienne et de Clermont, mais aussi avec des compagnies. Il accompagne les incontournables de l’époque : Le Wakan Théâtre, le Théâtre du Pélican, Écart Théâtre, L’illustre Famille Burattini. En parallèle, il réalise des catalogues d’artistes, d’expositions de peintures et de sculptures pour l’ESA de Clermont, le FRAC ou le MARQ. Il est également photographe de la « Semaine de la Poésie » dès ses débuts à Clermont. Après toutes ces années passées à immortaliser des personnages publics, Régis Nardoux ressent le besoin de travailler pour lui, de développer davantage un travail qui se rapproche de celui de plasticien.
“Je photographie le banal”
“Mon chemin photographique est un choix émotionnel, un espace de pause et de silence”, explique Régis Nardoux qui se considère aujourd’hui comme un photographe d’ambiance. “Je ne cherche pas l’événement, mais considère que l’événement doit naître du regard (…) cherchant à extraire, à prélever dans ces « instants apparemment sans importance », ce fragile bruissement qui nous échappe et qui pourtant résonne dans nos solitudes”, ouvrant ainsi la question du décalage entre la réalité et la perception. “Je photographie le banal, je cherche dans l’interstice de l’ombre, dans la fissure du temps, le moment éphémère lorsque s’alignent ma pensée, mon regard et mon émotion”. Ce propos est étayé par ses images marquées de noirs profonds, de crépuscule, de lumière incertaine, comme pour mieux créer les conditions du mystère.
À la recherche du “bruissement”
Régis Nardoux n’avait pas exposé dans l’agglomération clermontoise depuis plusieurs années, sa dernière exposition remontant à 2020 à la Galerie Sténopé après 30 ans de présence sur les cimaises. C’est donc avec une satisfaction non dissimulée que les amateurs de photographie peuvent aujourd’hui retrouver son travail à la Galerie municipale d’Art de Chamalières.
En utilisant un objectif de 50 mm, considéré comme le classique absolu, le plus proche de la vision humaine, il propose un partage de “ces fragments du banal qui, par la magie du regard et du dispositif photographique, se transfigurent”. Son approche sensible et poétique invite à découvrir le fameux « bruissement » qui l’anime désormais.
Exposition Régis Nardoux, Un bruissement d’ombre jusqu’au 2 mai 2026.
Du mardi au vendredi de 10h à 12h et de 14h à 18h, le samedi de 14h à 18h, Galerie municipale d’Art de Chamalières boulevard Giscard d’Estaing

















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