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Bibliothèque métropolitaine clermontoise : Fouilles archéologiques sur l'emplacement du futur jardin de lecture / Photo 7 Jours à Clermont
Fouilles archéologiques sur l'emplacement du futur jardin de lecture / Photo 7 Jours à Clermont
Histoire Patrimoine

Chantier de l’Hôtel-Dieu : les origines de Clermont se révèlent

Pendant que des ouvriers s’affairent à l’intérieur du bâtiment historique de l’Hôtel-Dieu qui se métamorphose progressivement en Bibliothèque métropolitaine, une équipe d’archéologues fouille l'emplacement du futur jardin de lecture et font parler des vestiges datant du IIe siècle, lorsque la cité auvergnate se nommait Augustonemetum.

Depuis novembre dernier, une équipe d’archéologues de la société Archeodunum fouille le sol de l’emprise foncière l’ancien Hôtel-Dieu à la recherche du passé de la capitale auvergnate. La transformation du site qui deviendra à terme la Bibliothèque métropolitaine donne l’occasion de comprendre l’organisation ancienne de la ville. Après avoir fouillé une première zone au pied du grand escalier, l’équipe dirigée par Marco Zabeo travaille actuellement sur une zone située entre le bâtiment de l’IAE (ex Faculté dentaire) et l’ancienne Polyclinique. C’est à cet endroit que prendra place le futur jardin de lecture. La campagne s’achèvera à l’automne avec les fouilles sous l’ancienne Cour d’honneur et aura permis de déployer, au total,  2 000 journées de travail de terrain apportant bon nombre d’informations.

Un axe nord-Sud de 5 mètres de large

La zone de fouille se situe sur le versant sud-ouest de la butte de Clermont, sur laquelle la ville d’Augustonemetum fut construite selon la tradition gréco-romaine, avec un plan de ville en terrasse et une trame orthogonale composée d’îlots de 90×110 mètres. Cette trame se retrouve encore dans l’organisation actuelle de la ville. Sur la zone où sont actuellement menées les fouilles, les archéologues ont mis à jour une voie de circulation nord-sud de 5 mètres de large datant du IIe siècle, parallèle à l’actuel boulevard Charles de Gaulle. Sur cette voie, se trouve les fondations de ce qui pourrait être la porte d’une voie orientée ouest-est. Le « mobilier » trouvé à cet endroit, de la céramique, des clous, un manche de pilon… laisse à penser que la zone était une sorte de secteur artisanal qui regroupait des commerces et les habitations des artisans. Les archéologues n’ont à ce jour pas fait de découvertes extraordinaires, ce qui permet de confirmer que cette partie de la ville était assez modeste. Cependant, les habitations étaient alimentées en eau par des tuyaux de bois et des installations hydrauliques existaient sous la voirie.

mur de pierre sèche Fouille Zone 2 Hôtel-Dieu Clermont
restes du bâtiment bâti avec la technique des murs en pierre sèche.

Vraisemblablement abandonnée au IIIe siècle, elle fût ensuite utilisée, dans sa partie supérieure, durant le moyen-âge, pour la construction d’un grand bâtiment en pierre sèche doté d’un silo enterré et d’un puits en pierre. Ces vestiges sont importants pour comprendre l’histoire de la ville, car jusqu’à présent, il n’avait été trouvé que peu d’éléments entre l’antiquité et la période moderne, elle même, pas toujours documentée. Pas exemple on ne sait pas grand-chose d’un bâtiment situé au nord-est du site, sans doute démoli au début du XXe siècle, qui possédait une pièce enterrée et un accès au réseau des galeries situées sous l’Hôtel-Dieu.

Des couches de remblais et un sol très sec

La visite du chantier révèle que les fouilles sont menées à une étonnante profondeur. Plus de 8 mètres séparent, en effet, le pied des arbres conservés et le niveau de la chaussée de l’axe nord-sud. Les coupes permettent d’ailleurs de distinguer les différentes couches de remblais apportées au fil du temps, témoins d’une reconstruction de la ville sur la ville. Autre particularité, la zone étudiée est particulièrement sèche alors qu’à quelques dizaines de mètres la constructions d’immeubles a nécessité l’assèchement des terrains ou la construction sur pilotis.
La campagne se poursuivant, l’équipe va continuer d’investiguer encore plus profondément, à la recherche de nouveaux éléments. Cela nécessite une destruction partielle de ce qui a été mis à jour, au grand dam des archéologues qui cependant reconnaissent qu’il faut bien détruire pour avancer. Malgré tout, ils protégeront certains vestiges avec du géotextile afin que leurs futurs collègues puissent les retrouver… dans quelques siècles.

À propos de l'auteur

Olivier Perrot

Olivier Perrot

Pionnier de la Radio Libre en 1981, Olivier Perrot a été animateur et journaliste notamment sur le réseau Europe 2 avant de devenir responsable communication et événements à la Fnac. Président de Kanti sas, spécialisée dans la communication culturelle, il a décidé de se réinvestir dans l'univers des médias en participant à la création de 7jours à Clermont.

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