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Le puy de Dôme, emblème du département, n'était pas encore surmonté d'une antenne.
Histoire

Le département du Puy-de-Dôme en 1885…

En 1885, Adolphe Joanne publiait le livre "Géographie du Puy-de-Dôme", contenant de nombreux chiffres et informations sur l'état du département en cette fin de siècle.

En ces temps-là, dont quatre ou cinq générations seulement, nous séparent, la France comptait un peu plus de 39 millions d’habitants. Le pays réservait des funérailles nationales à Victor Hugo et le Vietnam devenait français. Jules Grévy était réélu à la présidence de la République tandis que Jean-Baptiste Antoine Blatin exerçait le mandat de maire de Clermont. Plus tard, il allait prendre en charge la direction du Grand Orient. C’est en cette année 1885 que les éditions Hachette et Cie publiaient un petit livre, Géographie du Puy-de-Dôme, écrit par Adolphe Joanne. Un ouvrage assorti de seize gravures et d’une carte coloriée.

Antoine Blatin peint par Thomas Degeorge.

J’ai retrouvé ce livre, vendu 7,50 Francs, au fond d’un placard, en cherchant évidemment toute autre chose. Dans une écriture austère, il contient une mine d’informations sur ce qu’était alors le territoire. « Un département formé, en 1790, de la basse Auvergne, portion de l’Auvergne, d’une fraction du Bourbonnais et d’une partie du Forez, territoires dépendant du Lyonnais » nous apprend Adolphe Joanne en guise de préambule.

Un territoire peuplé

En 1885, le Puy-de-Dôme compte 566.000 habitants, contre un peu plus de 660.000 aujourd’hui. Ses 273.000 hommes et 281.000 femmes en font le 16e département français le plus peuplé. Il a « gagné » près de 59.000 habitants depuis le début du siècle, 1801 ayant été la date du premier recensement officiel. Parmi cette population, vivent 800 étrangers. L’auteur nous apprend que la durée moyenne de vie n’excède pas 37 ans et 8 mois. Ou encore que l’on a enregistré 12.251 naissances en 1883 (« plus 502 morts nés ») contre 12.517 décès. Le livre précise aussi « presque tous les habitants du Puy-de-Dôme sont catholiques. On ne compte que 780 protestants et une centaine d’Israelites. »

Avec ses 43.033 habitants, Clermont figure alors parmi les treize plus grandes villes françaises. Seules neuf villes, dans le pays, dépassent, en effet, les 50.000 habitants. Thiers, pour sa part, compte 15.333 habitants (contre 11.805 en 2015). Riom, Ambert et Issoire affichent respectivement des populations de 10.304, 7.700 et 6.303 habitants. Et parmi les communes périphériques de Clermont, le dernier recensement indique des chiffres de 3552 pour Aubière, 3157 pour Pont-du-Château, 2270 pour Cournon, 1807 pour Chamalières, 1825 pour Cébazat, 1700 pour Romagnat, 1584 pour Lempdes ou encore 1415 pour Royat.

La place Gilbert-Gaillard à Clermont.

Agriculture et autres

A la fin du XIXe siècle, la France est évidemment un pays très agricole. Adolphe Joanne nous apprend ainsi qu’à cette époque, dans le Puy-de-Dôme, l’agriculture « occupe » 392.000 personnes. Et ça n’est pas tout, il poursuit son énumération chiffrée : « on y compte 18.500 bons chevaux, 1600 mulets et 4850 ânes. 250.600 animaux de l’espèce bovine, notamment des veaux de belle race, que les marchands du Midi et du centre viennent chercher jusque dans l’arrondissement d’Issoire ; 305.600 moutons de races du pays et 4300 de races perfectionnées ; 90.500 porcs ; 22.550 chèvres ; et 25.900 ruches, ayant produit, en 1881, 97.125 kilogrammes de miel et 33.670 kilogrammes de cire. » Suit une comptabilité tout aussi détaillée de la production céréalière ou encore de légumes, de chanvre, de trèfle, de luzerne ou encore de vin (939.000 hectolitres produits). En matière industrielle, il n’est pas encore question de fabrication de pneumatique (même si les entreprises Michelin et Cie-suite à la reprise de l’entreprise Barbier Daubrée et Bergougnan ne vont pas tarder à être créés). Ce sont les richesses minérales qui dominent . « Elles sont variées, et leur exploitation, quoique déjà active, pourrait occuper un plus grand nombre de bras » assure Adolphe Joanne. Et d’évoquer également, la coutellerie dans le bassin thiernois et la papeterie. Sans oublier, bien-sûr, le thermalisme, alors, en plein développement. A ce propos, l’auteur nous apprend : ” les sources incrustantes de Saint-Alyre, à Clermont, ont formé par leurs dépôts sur la Tiretaine deux ponts, très rapprochés et dont le plus considérable est appelé Pont Naturel ou Pont du Diable. Ces sources sont exploitées pour la fabrication des incrustations. Une d’elles, la Source des Bains (18°), alimente un établissement thermal fréquenté surtout par les habitants de Clermont.

En 1885, le département est traversé par huit chemins de fer, d’un développement total de 339 km. Il est sillonné par 473 Km de routes nationales et 497 de routes départementales. Sans oublier 595 km de “chemins vicinaux de grande communication”. Si les premières automobiles et bicyclettes viennent d’être créés, on circule essentiellement en voitures à cheval. Le tramway, pour sa part, sera inauguré cinq ans plus tard à Clermont.

La gare de Clermont à la toute fin du XIXe siècle.

 

À propos de l'auteur

Marc François

A débuté le métier de journaliste parallèlement sur une radio libre et en presse écrite dans les années 80. Correspondant de plusieurs médias nationaux, rédacteur en chef de l’hebdomadaire Info Magazine (Clermont, Limoges, Allier) pendant 9 ans, il a présidé le Club de la Presse Clermont-Auvergne entre 2009 et 2013. Il est l’initiateur de 7 Jours à Clermont.

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