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Marc François.
Photo Fanny Reynaud.
Edito

Le grand va et vient de l’été

Je pars, tu rentres, il s'en va, elle revient. Nous prenons la route, vous préférez l'autoroute. Ils et elles n'éviteront pas les bouchons. C'est la ritournelle de l'été.

Tout le monde le sait : c’est le week-end par excellence où il ne faut pas mettre une roue sur la chaussée surchauffée. Et pourtant, rien n’y fait. Ils sont plusieurs millions d’irréductibles à reproduire le même schéma, année après année. On appelle ça le chassé-croisé, le temps où « juilletistes » et « aoûtiens » se croisent sur routes et autoroutes, entassés, agglutinés, empilés, culs à culs, pare-choques contre pare-choques, asphyxiés par les gaz d’échappement et essorés par une chaleur accablante. Et toujours sous l’œil bienveillant de l’ineffable Bison Futé, un nom qui en dit définitivement long sur la considération que nos responsables ont pour « les masses populaires ».

Ça s’est donc déroulé ces dernières heures en plein milieu de ce « drôle » d’été au cours duquel les masques côtoient les slips de bain et où l’épidémie s’est insinué jusque dans les têtes.

Ceux d’en face

Chassé-croisé, cela signifie le début pour certains, la fin pour d’autres. Un va et vient de destins et d’impressions contrastées. Ceux qui rentrent ont le teint halé mais le visage grave et les sentiments en berne ; ceux qui partent, blancs comme linge, nourrissent des perspectives heureuses et d’agréables projets : se partager entre la sieste et le farniente et, pour le reste, dormir le plus possible. Voilà qui ne devrait pas être trop fatiguant tout de même.

Ils ont longuement attendu. Alors ils se sont jetés comme des morts de faim, le coffre bondé de valises, de sacs et d’objets en tous genres. Parmi lesquels le masque, évidemment, devenu le sésame de notre époque ou peut-être le tube de l’été. Les autres, ceux d’en face, ont rangé leurs illusions au fin fond de leurs valises. Elles pourront peut-être leur resservir l’année prochaine. Si le grand méchant coronavirus ne les a pas dévorés.

Un refrain

Week-end de chassé-croisé. Me revient à l’esprit une chanson de Gilbert Bécaud qui disait en substance : «  C´est en septembre/ Quand les voiliers sont dévoilés/ Et que la plage tremble sous l´ombre/ D´un automne débronzé/ C´est en septembre/ Que l´on peut vivre pour de vrai… » Dans un mois, c’est vrai, la mer sera plus belle… mais la liberté d’attendre n’est pas donnée à tout le monde.

À propos de l'auteur

Marc François

Marc François

A débuté le métier de journaliste parallèlement sur une radio libre et en presse écrite dans les années 80. Correspondant de plusieurs médias nationaux, rédacteur en chef de l’hebdomadaire Info Magazine (Clermont, Limoges, Allier) pendant 9 ans, il a présidé le Club de la Presse Clermont-Auvergne entre 2009 et 2013. Il est l’initiateur de 7 Jours à Clermont.

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