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Pierre Foucry, président du directoire de la CEPAL / Photo 7 Jours à Clermont
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Économie

Caisse d’Epargne Auvergne Limousin : prudence malgré de bons résultats

Dans une situation mondiale instable, la CEPAL vient de publier de très bons résultats pour l'année 2025. Ils illustrent une bonne gestion de l'établissement bancaire dans un environnement économique parfois tendu. Son directoire garde donc les pieds sur terre face à une performance annuelle qui est la meilleure jamais enregistrée par la caisse.

Pierre Foucry président de la CEPAL, Caisse d’Épargne Auvergne Limousin, a présenté ses résultats de de l’année 2025. Avec 62,5 millions d’Euros de résultat net, soit une augmentation de 23 % et un PNB, Produit Net Bancaire, de 273 millions pour une hausse de 12 %, l’homme qui dirige l’établissement bancaire régional depuis 2024 montre une certaine forme de satisfaction tout en restant extrêmement prudent.

De la satisfaction et de la lucidité

7 Jours à Clermont  : Vous annoncez des résultats positifs, pour autant on vous sent sur la réserve, l’heure n’est pas aux feux d’artifice.. 
Pierre Foucry : Non. Déjà, ces résultats sont le reflet de l’engagement et de la contribution de toutes les équipes. Nos résultats positifs sont très portés par l’environnement. Ce sont des résultats qui sont très satisfaisants, mais je dis toujours qu’il y a la satisfaction, mais il y a aussi de la lucidité. Quand on voit le début de l’année 2026, on se doit d’être très prudent et très lucide.

Quel était le contexte de 2025 ?
En 2025, le contexte, était favorable parce qu’il est très lié à l’environnement de taux. On a eu une baisse des taux, notamment sur l’épargne réglementée, qui a fait que le coût de notre ressource a beaucoup diminué, ce qui a permis d’augmenter notre produit net bancaire, qui est en fait notre chiffre d’affaires.

Cependant, vous restez attentif au coût du risque qui a doublé entre 2023 et 2025. À quoi est-ce dû ?
C’est tout simplement est reflet de l’engagement qu’a notre banque sur ses territoires. Elle accompagne ses clients dans leurs différents projets. Il est assez normal qu’en lien avec la situation de l’économie française et de nos territoires, on ait une hausse de ce coût du risque. C’est aussi le reflet d’une politique de provisionnement prudente. Donc je dirais, c’est normal pour une banque de prendre du risque. Après, à nous d’avoir un appétit au risque qui soit conforme à notre activité.

Concrètement pour une banque, c’est quoi le coût du risque ?
C’est ce que l’on appelle du coût du risque sur des “encours douteux ou compromis”, c’est-à-dire que c’est vraiment du coût du risque que l’on enregistre sur des situations d’entreprises ou de particuliers en difficulté. C’est vraiment du coût du risque qui est avéré, autrement dit, des particuliers ou des agents économiques qui ne remboursent pas leur crédit.

Est-ce que le monde bancaire est devenu plus difficile depuis quelques années avec les crises économiques, les guerres, l’inflation, la finance qui fait le yo-yo ?
Je dirais que c’est à la fois compliqué et passionnant. Chaque année, on se dit qu’on va commencer l’année de manière normale, et chaque année, on a quelque chose qui nous tombe sur le coin de la tête. Notre rôle, c’est d’être serein, résilient, solide, pour continuer à accompagner l’ensemble de nos clients et d’être un pôle de réassurance pour l’ensemble de nos clients et de nos partenaires. Comme le disait un ancien patron du groupe, Laurent Mignon : « Les banques sont la solution. Avant elles étaient le problème, maintenant elles sont beaucoup la solution. » J’ai un peu ça comme leitmotiv. On doit être une solution de financement, d’accompagnement et parfois aussi de conseil.

La CEPAL, chalengée par les banques en Ligne

Les banques traditionnelles avec des agences de proximité sont des plus en plus en concurrence avec les banques en ligne. Quel est le positionnement de la Caisse d’Épargne face à à ces établissements ?
Ce sont avant tout des concurrents, des confrères, mais des concurrents. Et donc, la réponse qu’on essaie d’apporter au sein de la Caisse d’Épargne Auvergne Limousin, c’est de dire qu’on doit être une banque sans distance. Qu’est-ce que ça veut dire, une banque sans distance ? C’est de dire : que vous soyez en agence, que vous soyez avec nos centres de relation clientèle, avec votre conseiller, sur notre application ou sur notre site, vous devez avoir une qualité et une homogénéité de service. Vous devez être capable de faire vos opérations soit vous-même, soit les initier en digital et les finaliser dans une agence. Donc, c’est vraiment d’être sans couture et d’apporter ce qu’on appelle, nous, le meilleur de l’humain et du digital. Donc, ce sont des concurrentes qui sont notamment très compétitives en termes de prix, et nous on essaie d’apporter une autre réponse.

La CEPAL reste une banque de territoire mais vous avez annoncé des regroupements d’agences. Est-ce que vos clients doivent s’en inquiéter ?*
Pas du tout. Regrouper une agence en zone urbaine — parce qu’on le fait uniquement en zone urbaine — c’est apporter au même endroit plus d’expertise et plus de valeur ajoutée pour nos clients. Pour nos équipes, en termes d’environnement et de qualité de vie au travail, c’est aussi un environnement plus simple. Des agences de six ou sept personnes sont beaucoup plus simples à gérer pour un manager que des agences de deux ou trois.

Et sur les zones rurales, vous êtes attentif au fait qu’il ne faut pas casser le lien ?
C’est notre promesse relationnelle : être plus utile, plus proche, plus engagé. On essaie de maintenir le plus possible la présence dans les zones rurales. Cela peut passer par des aménagements, des ouvertures alternées, ou des agences itinérantes, même si nous n’avons pas encore testé ce dernier modèle. L’objectif reste de maintenir cette proximité.

Une banque engagée sur les projets métropolitains

Vous êtes partie prenante sur deux gros projets développé au sein de la métropole clermontoise : le Pic, et le quartier des Pistes. Comment la CEPAL intervient-elle ?
Pour les Pistes, ce n’est pas encore totalement public, mais on a vu l’ensemble des partenaires. On est en relation très proche sur le Centre des Matériaux Durables et pour le Pic. Je dis souvent « jamais deux sans trois ». La Caisse se doit d’être présente pour accompagner les acteurs dans le développement de son territoire, et participera probablement à la rénovation du quartier des Pistes.

*La CEPAL revendique 600 000 clients, 198 200  sociétaires, 138 agences et 4 centres d’affaires.

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À propos de l'auteur

Olivier Perrot

Pionnier de la Radio Libre en 1981, Olivier Perrot a été animateur et journaliste notamment sur le réseau Europe 2 avant de devenir responsable communication et événements à la Fnac. Président de Kanti sas, spécialisée dans la communication culturelle, il a décidé de se réinvestir dans l'univers des médias en participant à la création de 7jours à Clermont.

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