Osengo, association engagée dans l’ESS (Économie Sociale et Solidaire) spécialisée dans la formation professionnelle et l’accompagnement vers l’emploi, a lancé, en début d’année, son dispositif Upengo sous forme d’incubateur d’entreprises.
Upengo est une structure légère animée par trois personnes seulement : Louis Paul Malga, Bertrand Guillaume et Billy Babel, en collaboration avec Stéphanie Vissac, consultante en Formation – RH au sein d’Osengo. “On se rend compte qu’aujourd’hui les travailleurs veulent manager leurs carrières différemment et que le CDI n’est plus la priorité”, explique Louis Paul Malga, qui, à titre personnel, préfère le CDD. “Ce que veulent les gens aujourd’hui, c’est avoir des emplois ou des missions qui, quotidiennement, donnent du sens à leur vie. Ils souhaitent également travailler en toute autonomie. C’est ce qui explique le développement actuel du freelance, très en vogue depuis le Covid”.
Dans la lignée de l’accompagnement classique d’Osengo, Upengo cible prioritairement les demandeurs d’emploi ou les salariés en transition de carrière vers la création de sociétés mais aussi de micro-entreprises, ce que l’on appelle généralement les auto-entrepreneurs.
Ce positionnement a d’ailleurs permis d’obtenir un financement du FSE (Fonds Social Européen), l’Europe s’étant fixé une priorité sur le retour à l’emploi.
60 % du dispositif, qui reste totalement gratuit pour les porteurs de projets, est financé par l’Europe. Les 40 % restants sont apportés par Osengo en attendant un développement probant du mécénat, qui ouvre d’ailleurs un crédit d’impôt de 60 % pour les entreprises et 66 % pour les particuliers.
Des promotions de 10 porteurs de projet
“Nous travaillons par promotions de 10 projets maximum”, explique Billy Babel. “Sur les quatre départements de l’ancienne région Auvergne, nous débutons par la phase Embarquement avec de la détection et de la sensibilisation via un audit de 1h30. Celui-ci donne lieu systématiquement à l’édition d’un rapport de 15 pages dans lequel sont mises en évidence la viabilité et la maturité du projet. Lorsque nous atteignons 30 audits, nous sélectionnons les 10 meilleurs projets, qui intègrent le parcours Ascension, sur plusieurs semaines dans les locaux d’Osengo”. Les porteurs de projets sont suivis, soit collectivement pour le business plan, soit individuellement sur des sujets comme la levée des freins, le financement, le local ou encore le prototypage. L’équipe travaille également à l’organisation d’un concours de pitch pour ouvrir le volet communication.
Huit projets pour la première promo Upengo
Upengo suit actuellement huit porteurs de projet pour sa première promotion : un restaurant, trois applications mobiles, une société d’évaluation de patrimoine boisé par drone, une vidéaste freelance et deux structures de bien-être. “Les profils et les projets sont variés”, commente Louis Paul Malga, qui aime faire remarquer que, sur le logo de la structure, le N est un peu particulier puisqu’il est en forme de flèche vers le haut. Ce choix est très symbolique car il illustre que le fait de créer son entreprise avec Upengo agit comme un véritable ascenseur entrepreneurial, mais aussi, dans certains cas, comme un ascenseur social.
Créations et défaillances
Upengo a été créé dans un environnement économique qui incite à changer de modèle mais qui est caractérisé par la fragilité des projets. Entre 50 et 55 % des entreprises créées disparaissent durant les cinq premières années.
Selon l’INSEE, il s’est créé 1 165 800 entreprises en France en 2025, soit une hausse de 5 %. Les créations d’entreprises restent donc en augmentation, atteignant un nouveau record après une stabilisation entre 2021 et 2023. Les immatriculations de micro‑entrepreneurs et les créations de sociétés augmentent de 6 %, tandis que celles sous le régime d’entreprises individuelles classiques continuent de diminuer (-4 %).
Si le nombre de créations d’entreprises continue de croître dans la plupart des secteurs, le commerce tire son épingle du jeu avec +11 %, les activités de services administratifs et de soutien affichent +12 % et les transports et l’entreposage +6 %.
Ces chiffres positifs ne doivent cependant pas masquer le fait que cette même année 2025 marque un tournant pour le tissu entrepreneurial français. Selon Infogreffe, après une année 2024 caractérisée par une montée progressive des difficultés, les douze mois écoulés ont vu s’installer une dégradation plus marquée de la situation des entreprises en activité. La hausse des radiations, le maintien d’un niveau élevé de défaillances et la persistance des tensions financières ont confirmé, au fur et à mesure des trimestres, l’installation de fragilités durables au sein du tissu économique, malgré un niveau de création d’entreprises resté soutenu.











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