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Sébastien Jolivet, fondateur de la Distillerie Genestine
Sébastien Jolivet, fondateur de la Distillerie Genestine
Économie Gastronomie

Génestine : du garage à Durtol au sommet mondial des spiritueux

Relancée en 2021 par Sébastien Jolivet, la marque historique Génestine vient de remporter une médaille d'or aux World Drinks Awards à Londres avec sa Royale Menthe. Retour sur la success-story d'une distillerie auvergnate qui allie aujourd'hui tradition, export et spiritourisme.

Les World Drinks Awards sont aux vins et spiritueux ce que les Oscars sont au cinéma. Chaque année, dans différentes catégories, les meilleurs producteurs du monde entier se retrouvent en compétition, le meilleur des meilleurs étant officiellement déclaré lors d’une traditionnelle cérémonie qui se déroule à Londres.
Pour cette année 2026, dans la catégorie Liqueur de menthe, c’est un produit auvergnat qui décroche la distinction : la Royal Menthe, distillée par Génestine, la PME locale créée il y a 5 ans par Sébastien Jolivet. Jusqu’alors, plusieurs de ses produits avaient été distingués dans ce concours ; en revanche, c’est bien la première fois que Génestine décroche un Best of the World et la médaille d’or qui va avec.

Les ventes à l’export se réveillent

Distillée au pied du puy de Dôme avec des huiles essentielles de menthe bio produites en France, la Royal Menthe était déjà l’une des deux meilleures ventes de la marque avec la liqueur de mandarine. « J’estime que cette distinction va faire grimper les ventes de 20 à 30 % », explique le dirigeant qui, retenu en France pour raisons familiales, n’a pas pu assister personnellement au sacre londonien de son breuvage. « Cette distinction est un véritable coup de projecteur international et, d’ailleurs, les ventes à l’export se réveillent. C’est aussi une reconnaissance de notre travail, d’autant que les dégustations en amont ont lieu à l’aveugle ». Sébastien Jolivet constate déjà que ses clients réguliers, autant les restaurateurs que les cavistes, commandent davantage et il se tient prêt à augmenter la production.

De la cave au garage et à l’entrepôt

Sébastien Jolivet parle de ses produits avec un accent qui trahit sa naissance dans le sud de la France, entre Nîmes et Arles. Sa faconde en dit également long sur sa formation. Avec des études pour devenir sommelier, puis une formation dans une école de commerce, c’est naturellement qu’il a trouvé un emploi chez un grand distributeur de boissons. Son père, qui était liquoriste amateur, et sa mère, cordon-bleu, lui avaient transmis un virus qui s’est réveillé pendant la période Covid. Possesseur d’une cave dans le centre historique de Clermont, l’idée de créer sa distillerie a fini par éclore.

7 Jours à Clermont avait rencontré Sébastien Jolivet en 2021, au moment où il venait de « réveiller » la distillerie clermontoise, jadis installée place Lamartine. Considérée au début du XXe siècle comme la plus importante de France, elle avait fermé dans les années 1950. Le vermouth « Le Gaulois », vendu en France et à l’étranger, en était le produit vedette et c’est tout naturellement qu’il est devenu le premier produit commercialisé par la nouvelle société « Liqueurs Génestine », distillé dans un garage à Durtol à partir de vins d’Auvergne. Le Gaulois est devenu un élément d’un triptyque de boissons régionales avec La Grande Gentiane et La Verte, une verveine au taux d’alcool raisonnable. Aujourd’hui, la gamme est composée de 10 spiritueux différents, 11 à la rentrée prochaine.

Le développement de l’activité a contraint l’entrepreneur à quitter son garage pour un entrepôt de 700 m² à Orcines, où travaillent désormais 11 personnes à la production et à la commercialisation. 35 agents commerciaux représentent Génestine partout en France et entre 5 et 10 % de la production est exportée vers Singapour, la Thaïlande, le Canada et dans la moitié des pays européens.

Faire de Génestine une grande marque française

Le développement est, sans aucun doute, le dada de Sébastien Jolivet qui, après avoir réveillé la marque Génestine, entend l’imposer comme une grande marque française de spiritueux, sans pour autant tomber dans l’industriel. Les liqueurs auvergnates resteront artisanales et ne se retrouveront a priori jamais sur les linéaires de la grande distribution.

Pour cela, il a développé le concept de « spiritourisme », une activité qui complète la production liquide. L’idée est de faire découvrir aux touristes, mais aussi aux Auvergnats, son activité de liquoriste et l’histoire de la maison fondée en 1845 par Antoine Génestine. Des visites guidées* de la distillerie à Orcines et de la cave-musée dans le centre ancien de Clermont sont ainsi proposées toute l’année les vendredis et samedis (plus régulièrement durant les vacances) et deux boutiques renforcent le dispositif pour les amateurs qui se contentent de déguster — bien entendu avec modération — et de repartir avec un ou des flacon(s).

Jamais à court d’idées, en particulier en marketing, Sébastien Jolivet a aussi développé en interne une gamme de produits dérivés (vêtements, parapluies, cartes…) et commercialise, dans les deux boutiques, des confitures de sa marque tout en hébergeant quelques produits made in Auvergne sélectionnés chez des producteurs amis.

*Possibilité de visites privées en groupe – enfants bienvenus.

Royal Menthe à la cave et devant Londres
Photo 7 Jours à Clermont / Illustration Génestine
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À propos de l'auteur

Olivier Perrot

Pionnier de la Radio Libre en 1981, Olivier Perrot a été animateur et journaliste notamment sur le réseau Europe 2 avant de devenir responsable communication et événements à la Fnac. Président de Kanti sas, spécialisée dans la communication culturelle, il a décidé de se réinvestir dans l'univers des médias en participant à la création de 7jours à Clermont.

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