Accueil » Sports » Aline Picard-Stelly : « Je suis admirative de toutes ces joueuses et de leur investissement »
Aline Picard Stelly @bystephphotography
Aline Picard Stelly @bystephphotography
Sports

Aline Picard-Stelly : « Je suis admirative de toutes ces joueuses et de leur investissement »

Bénévole au club de l’ASM Rugby Féminin depuis quelques saisons, Aline Picard-Stelly s’implique totalement dans l’accompagnement des joueuses de l’Élite 1. Pour 7 Jours à Clermont, elle revient sur cette belle saison réalisée par les joueuses de Fabrice Ribeyrolles et de Vincent Fargeas, même si elles ont dû laisser le titre de championnes de France à Bordeaux.

7 Jours à Clermont : Aline, comment es-tu arrivée au sein de l’ASM Rugby Féminin en tant que bénévole ?
Aline Picard-Stelly : Ma fille a joué au rugby à l’ASM Rugby Féminin et je suis naturellement devenue bénévole en parallèle. On fait un gâteau, puis on tient la buvette, on conduit un minibus et ainsi de suite ; une fois que l’on a mis un pied dans l’équipe de bénévoles, où il y a une ambiance vraiment sympa et conviviale, on n’en repart plus !

7JàC  : Tu as suivi l’équipe Élite sur toute la saison, déplacements compris. Peux-tu nous expliquer exactement ton rôle ?
A. P-S : Je suis référente au sein de l’équipe Élite 1. Nous sommes deux, avec mon binôme Jean-Philippe, à avoir ce rôle. Je suis là principalement pour décharger le staff sportif et les joueuses en gérant l’extra-sportif pour toute l’équipe. Je centralise les informations données par les différents intervenants : entraîneurs, prépa physique, nutritionniste, coordinateur de match et les demandes des joueuses. Pour tous les matchs, il y a la partie administrative de la feuille de match, puis la préparation de tout le matériel nécessaire, des tenues de match et de la logistique sur place. Lorsque l’on joue à l‘extérieur le jour du match, je suis le lien avec les organisateurs, les arbitres et les représentants fédéraux, et je finalise les documents administratifs.

Pour Aline Picard-Stelly, la finale ne reflète pas la belle saison

7 Jours à Clermont : Il faut parfois partir la veille pour jouer à Lille ou à Toulon, par exemple. C’est une organisation particulière ?
Aline Picard-Stelly : Il y a un long trajet et une nuit d’hôtel, ce qui a un impact financier pour le club, et il faut prévoir un peu plus de logistique. Partir la veille, c’est quand même plus confortable pour les joueuses, ce qui leur permet d’être dans de meilleures dispositions pour aborder leur match.

7JàC : Quels sont tes plus beaux souvenirs et, forcément, tes plus grandes déceptions lors de cette saison où le club a fini en tête du championnat ?
A. P-S : Mes plus beaux souvenirs sont toutes ces belles victoires cette saison avec la première place du championnat, et aussi avec les supporters (qui font parfois de nombreux kilomètres) toujours présents pour soutenir les joueuses. L’ASMRF était première du championnat et a gagné les deux matchs contre Bordeaux. Le résultat de la finale n’est pas du tout le reflet de leur belle saison.

7JàC: Qu’est-ce qui t’a le plus marqué au cours de cette saison ?
A. P-S : Je suis très admirative de toutes ces joueuses investies et engagées, qui ne sont pas professionnelles et jouent en amatrices. Elles alternent sans relâche travail et entraînements tous les jours et par tous les temps.

ASM RF équipe Élite Photo Philippe Thivat
ASM RF équipe Élite / Photo Philippe Thivat

« J’espérais tellement ce titre »

7 Jours à Clermont : Outre l’aspect sportif, le volet humain est aussi très important auprès des filles. Je suppose que l’on s’attache à ces joueuses qui donnent tout pour le rugby ?
Aline Picard-Stelly : Elles sont toutes vraiment attachantes, avec leurs personnalités et leurs caractères différents. Je les aime beaucoup. J’essaye toujours d’avoir une petite oreille qui traîne pour savoir ce qui pourrait leur faire plaisir. Elles sont pleinement investies dans le rugby et surtout dans le collectif de cette belle équipe, je suis admirative.

7JàC : Qu’as-tu pensé de cette finale perdue à Biarritz contre Bordeaux, loin des terres auvergnates ?
A. P-S : C’était assez loin pour les supporters et les familles qui voulaient venir soutenir l’équipe et vivre cette finale. Je crois tellement en cette belle équipe que j’ai été déçue lors de la finale à Biarritz ; j’espérais tellement ce titre pour elles et le staff, pour les joueuses et Vincent pour qui c’était le dernier match avec l’équipe. Cette finale n’a malheureusement pas été la conclusion que tout le monde espérait.

« Les joueuses attendent des faits »

7 Jours à Clermont : Le club voit Vincent Fargeas partir, ainsi que d’autres joueuses qui ont marqué l’histoire du club. Tu te sens prête à repartir dans cette saison où l’ASM Rugby Féminin va prendre la direction, en février 2027, de la cité du rugby ?
Aline Picard-Stelly : Vincent était à l’ASMRF depuis huit ans, c’est quelqu’un de très compétent et c’est une belle personne. Il va nous manquer, mais il reste dans le rugby et je pense qu’il aura toujours un petit œil tourné du côté de Clermont. Des joueuses qui s’en vont ont eu aussi un passage ou un grand parcours au sein du club, cela va créer de l’émotion et des changements sportifs. Je continue bien sûr cette belle aventure avec l’Élite 1 pour la saison prochaine. Nous attendons la finalisation de la Cité du rugby, cela permettra de réunir les différentes équipes sur un seul site. La Cité du rugby apportera des infrastructures et des innovations qui vont permettre d’avoir des entraînements dans les meilleures conditions et de pouvoir mettre la joueuse au centre du projet de performance sportive de haut niveau pour mieux se projeter sur le championnat.

7JàC : Dernière question Aline, quel est ton regard sur le rugby féminin aujourd’hui ? Les choses vont-elles assez vite, après les annonces de la Fédération Française de Rugby ?
A. P-S : Dans de nombreux sports, il y a un très gros décalage entre les équipes masculines et féminines, c’est le cas dans le rugby. En France, il n’y a que très peu de joueuses qui sont sous contrat fédéral pour environ le SMIC par mois. Elles sont donc très majoritairement amatrices ; elles ont des entraînements tous les jours, voire plusieurs fois par jour, intercalés avec leurs études et leur travail pour gagner leur vie. Il y a eu un révélateur lors des matchs de la Coupe du monde, notamment contre l’Angleterre où, là-bas, les joueuses sont professionnelles. Lors de grands événements, le rugby féminin franchit des paliers, mais le processus est très lent. Il y a des amorces d’avancées, il y a eu des annonces de faites ; les joueuses veulent participer à l’évolution de leur statut et attendent des faits. Je reste optimiste et souhaite les voir prochainement vivre pour et grâce à leur sport qui est le rugby féminin.

Partager :

À propos de l'auteur

Philippe Thivat

Philippe Thivat, est correspondant d’un hebdomadaire dans l’Allier et intervenant auprès de l’ASM Romagnat rugby féminin en tant que rédacteur journaliste sportif. Il est également engagé dans le rugby citoyen qui œuvre grâce à ce sport à l’intégration des personnes handicapées et de personnes migrantes.

Commenter

Cliquez ici pour commenter

Sponsorisé

Les infos dans votre boite

Sponsorisé