7 Jours à Clermont : Qu’est-ce qui vous a poussé à choisir Clermont pour implanter votre projet ?
Henri Le Pargneux : Le projet a été soutenu à l’origine par Action Logement. Nous avions convenu en interne, à DiverCités, que Lyon serait un bon environnement pour le projet pilote. Par la suite, nous avons rencontré Action Logement pour créer un deuxième lieu en Auvergne-Rhône-Alpes. Action Logement nous a mis en lien avec Auvergne Habitat, qui s’est tout de suite montré intéressé par le projet. Pour des raisons de calendrier immobilier, ce deuxième site, qui se trouve aujourd’hui à Clermont-Ferrand, est finalement sorti de terre avant Lyon. Les premiers habitants neurotypiques arrivent ce mois-ci, et les premières personnes TSA arriveront au mois d’octobre. Ces dernières sont dans une dynamique de travail, de recherche d’emploi, mais peuvent également s’inclure dans des activités associatives. Pour pouvoir habiter (donc payer son loyer), cela passe par un emploi (sauf si l’on bénéficie de l’AAH). Elles peuvent bénéficier également du dispositif de l’emploi accompagné par exemple. Il n’y a pas forcément besoin d’une reconnaissance de travailleur handicapé, mais plutôt d’un diagnostic avéré d’autisme. DiverCités veut tout mettre en œuvre pour faciliter la vie de la personne TSA, aussi bien au niveau du logement que de l’emploi.
7JàC : Avec une équipe d’éducateurs présente pour accompagner ?
H. LP : L’animateur présent sur place ne relèvera pas du médico-social, puisque c’est un dispositif d’habitat à vocation inclusive. Chacun des habitants pourra, s’il le souhaite, bénéficier d’un accompagnement indépendamment du projet lui-même (médico-social ou autres, puisque la personne habitera chez elle). Le projet prévoit un tiers-lieu au rez-de-chaussée de l’immeuble qui sera géré par « Chez Daddy », qui est une structure lyonnaise qui se développe un peu partout en France. Dans ce tiers-lieu, il y aura une salle dédiée aux personnes TSA avec un accompagnateur spécifique.
Des aménagements conçus pour répondre aux besoins de la population TSA
7 Jours à Clermont : À l’intérieur du logement et dans sa proximité, tout a été pensé pour répondre aux particularités des personnes TSA ?
Henri Le Pargneux : L’agencement, les peintures, l’isolation ont été pensés spécifiquement pour répondre aux besoins de la population TSA. Tout comme dans l’espace de tiers-lieu. La pièce spécifique du tiers-lieu est dotée d’entrées et de sorties donnant dans la pièce principale, mais aussi sur l’extérieur. Tout a été pensé pour que les personnes puissent se sentir au calme. Tout l’enjeu est de créer des conditions pour que la personne soit bien, sans non plus tomber dans quelque chose de trop spécifique. Nous avons voulu trouver l’équilibre entre les deux. Nous sommes dans une résidence qui est bien organisée, à laquelle il faudra ajouter une certaine bienveillance que nous espérons entre tous les habitants. DiverCités veut faire la synthèse entre un habitat qui soit sécurisé et adapté à la fois et qui induit un mode de vie le plus ordinaire possible.
7JàC : Vous avez également différents partenaires qui gravitent autour de ce projet et, face à l’explosion des cas de TSA, ces 15 places vous semblent-elles suffisantes ?
H LP : Un de nos partenaires historiques est « La Fondation Jacques Chirac ». Nous avons été très rapidement en contact avec la Maison du Parc, dont l’une des directrices, Lætitia Socat, s’est montrée très intéressée par ce projet. Nous avons aussi des acteurs locaux comme l’équipe mobile autisme (EME2A, de l’Adapei63), qui est intégrée à la démarche. Nous sommes également en contact, depuis plusieurs années, avec l’Association hospitalière de Sainte-Marie, sans oublier Handi-Sup et Adis (Action développement insertion solidarité). Les partenaires vont nous aider pour la présélection des candidats, en collaboration avec Auvergne Habitat. Nous avons pris la décision de nous limiter à la création de 15 appartements, car nous ne voulions pas nous approcher du fonctionnement d’un établissement spécialisé. Si nous devions augmenter le nombre d’habitants avec TSA, cela se ferait dans un autre lieu, sur ce même modèle d’une quinzaine de personnes. Globalement, ce chiffre de 15 nous correspond bien. Nous allons expérimenter au fur et à mesure et ajuster si cela est nécessaire.
7JàC : Ce projet, pour conclure, trouve ses inspirations dans des pays étrangers, comme au Canada par exemple ?
H LP : Le projet a plusieurs inspirations sur le fond de l’autisme. L’organisation d’une résidence pour personnes autistes est d’inspiration canadienne, mais elle vient aussi de ma propre expérience au sein de Ti’Hameau, spécialisé dans l’accompagnement de projets d’habitat inclusif. C’est-à-dire de considérer que, quel que soit le degré de handicap ou de la perte d’autonomie, on peut vivre chez soi dans une logique d’inclusion. C’est un modèle que je développe depuis plus de 20 ans en France et qui fonctionne.
Informations : site web : DiverCités
















Commenter