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Fouilles archéologiques à Corent Photo CD63
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Patrimoine

Conseil départemental : mettre en valeur le patrimoine archéologique

Nouveau chantier à Corent, valorisation en réalité virtuelle et démarche vers le label « Grand Site de France » : le Puy-de-Dôme investit massivement pour révéler les secrets de son passé arverne. Entretien avec Sébastien Galpier, vice-président du Conseil départemental délégué à la culture et au patrimoine.

L’ouverture en début de semaine d’un nouveau chantier de fouillesarchéologiques sur le site de Corent illustre l’engagement du Conseil départemental du Puy-de-Dôme à mettre en valeur le riche patrimoine archéologique du département.
Le plus souvent, les fouilles sont préventives, c’est-à-dire que des relevés sont faits avant que les sites soient détruits ou recouverts, comme cela a récemment été le cas pour les constructions de l’Hôtel-Dieu de Clermont ou l’aménagement de la place des Carmes.

Le Conseil départemental, de son côté, fait appel à des opérateurs, mais surtout à des universitaires, pour fouiller et mettre au jour des vestiges destinés à être sauvegardés et mis en valeur pour une intégration dans des parcours patrimoniaux et touristiques. C’est ainsi que le temple de Mercure au sommet du puy de Dôme, le plateau de Gergovie, les sites de Gondole et Corent, mais aussi les musées de Gergovie, Bargoin et Lezoux constituent un maillage témoignant de l’histoire et favorisant la transmission.
Au sein de l’institution départementale, il existe une Direction des Grands Sites Patrimoniaux, alors que Sébastien Galpier, vice-président du Conseil départemental, est l’élu en charge de la culture et du patrimoine.

Comprendre comment était organisée la vie des Arvernes

7 Jours à Clermont : Le Conseil départemental est un financeur des projets liées à la valorisation du patrimoine archéologique, mais son rôle le plus important n’est-il pas la transmission et la pédagogie ?
Sébastien Galpier : Absolument. Une fois que les fouilles ont été faites, nous, on essaie de les valoriser à travers des situations paysagères, à travers des aménagements paysagers pour faire des évocations de l’époque gauloise. C’est un investissement fort du Conseil départemental que de soutenir ces valorisations et également de faire ces évocations. Ce sont des évocations physiques, sur place, où l’on voit des choses, mais également des évocations numériques, c’est-à-dire à travers des casques de réalité virtuelle avec la société Court-Jus Productions. On produit des images également numériques pour que les gens puissent voir des images scientifiques… ce qu’était le village gaulois de Corent, par exemple.

7JàC : Que rêvez-vous de voir émerger des nouvelles fouilles à Corent ?
S. G : Alors, dans l’idéal (rires)… le casque de Vercingétorix ! Non, plus sérieusement, on est sur un chantier de fouilles qui a un intérêt parce que c’est un atelier monétaire qui est, comme le dit Mathieu Poux, une découverte unique en Europe. Donc, c’est vraiment d’avoir l’ensemble de la chaîne de production de l’atelier monétaire, la suite logique des recherches de 2024. Et plus largement, c’est d’avoir du mobilier archéologique qui nous donne à comprendre encore mieux comment était organisée la vie de nos ancêtres arvernes, et comment était organisée cette cité gauloise de Corent qui aspire à être à un moment donné la capitale des Arvernes. En tout cas, ce sont les résultats que Mathieu Poux déduit des trouvailles qui ont été faites depuis 25 ans déjà que les chantiers de fouilles à Corent ont été ouverts.

Sébastien Galpier et Matthieu Poux Photo CD63
Sébastien Galpier et Matthieu Poux Photo CD63

Objectif labellisation en Grand Site de France

7 Jours à Clermont : Non loin de Corent, il y a le plateau de Gergovie avec son Musée archéologique de la bataille de Gergovie. Le Conseil départemental sera-t-il associé au vaste projet fréquemment évoqué par la Région, type « Cité des Gaulois » ?
Sébastien Galpier : Alors là, je laisserai bien sûr la Région répondre. Mais en tout cas, le département du Puy-de-Dôme a deux grandes missions : la valorisation du Groupement d’Intérêt Public, avec la recherche archéologique, bien entendu, que l’on subventionne et que l’on aide administrativement et moralement aussi. Avoir des collectivités comme le Département qui soutiennent l’archéologie, c’est très important pour les scientifiques. On a également la labellisation en Grand Site de France de Gergovie et des sites arvernes associés. Donc ça, ce sont les deux grandes missions du département du Puy-de-Dôme dans le Groupement d’Intérêt Public. Et d’ailleurs, le 30 juin dernier, lors de l’Assemblée générale des Grands Sites de France, le Département a labellisé les sites arvernes et Gergovie en sites associés à l’Association des Grands Sites de France.

7JàC : Que veut dire « associés » par rapport au classement Grand Site de France ? Le Puy de Dôme, par exemple, est classé.
S. G : Oui, le puy de Dôme est classé. Là, on en est au tout début du classement, c’est-à-dire qu’on a commencé à poser la première pierre à l’édifice pour amener Gergovie et les sites arvernes vers le classement en Grand Site de France. C’est-à-dire que tout reste à faire. C’est une démarche qui est longue, sur 7 à 8 ans. Mais en tout cas, la première pierre est posée et elle a été validée par l’Association des Grands Sites de France.

7JàC : Donc cela nécessite qu’il y ait une collaboration entre toutes les parties prenantes. Pour un Grand Site de France, il faut qu’il y ait un vrai parking à Gergovie, il faut que le site archéologique Corent soit facilement accessible…
S. G : Absolument. Il y a tout un travail de valorisation à faire, mais aussi un travail de médiation avec les collectivités locales. D’ailleurs, il est prévu que j’aille à la rencontre de l’ensemble des Com-Coms concernées et des villes qui sont concernées par cette labellisation pour qu’il y ait un travail qui soit vraiment collaboratif.

7JàC : Finalement, tout cela est très politique… dans tous les sens du terme.
S. G :  Politique… les Gaulois étaient très politiques, de toute façon. On a découvert un hémicycle sur place, c’est parce qu’ils avaient des réunions entre chefs et ils s’organisaient… ils organisaient la vie de la cité autour de cet hémicycle. Ils prenaient des décisions politiques. Donc déjà, la politique était partie prenante. Et déjà, l’atelier monétaire nous prouve aussi qu’il y avait un intérêt économique sur ce site arverne. Et de façon générale, les Arvernes étaient un peuple très puissant, rival des Éduens bien entendu, de Bibracte. Mais en tout cas, à un moment donné, ces peuples se sont réunis pour combattre César à Gergovie. Et donc, c’est ce qui rend l’ensemble si extraordinaire : on a un site qui représente un grand événement historique qui est la bataille de Gergovie, mais cette bataille de Gergovie, c’est une toute petite photographie de ce qu’était la vie des Gaulois à cette époque-là.
Et nous, on essaie de décrypter vraiment l’ensemble de l’histoire, de leur vie, de leur quotidien, de leurs habitudes, de leurs croyances également. On a un sanctuaire à Corent qui explique cette vie aussi cultuelle. Et donc toute cette démarche-là s’inscrit dans un contexte global où l’on essaie de déchiffrer l’ensemble de la vie de nos ancêtres arvernes.

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À propos de l'auteur

Olivier Perrot

Pionnier de la Radio Libre en 1981, Olivier Perrot a été animateur et journaliste notamment sur le réseau Europe 2 avant de devenir responsable communication et événements à la Fnac. Président de Kanti sas, spécialisée dans la communication culturelle, il a décidé de se réinvestir dans l'univers des médias en participant à la création de 7jours à Clermont.

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