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Culture Politique

Le Festival du court métrage a perdu son partenaire historique Canal +

Clap de fin entre Canal+ et le Festival du court-métrage de Clermont, qui actent la fin de leur collaboration. Une rupture symbolique qui ravive les débats sur le financement et l'indépendance de la création culturelle, mais qui surprend peu les observateurs du secteur.

Présent aux côtés de Sauve qui peut le court-métrage depuis 40 ans, Canal+ était, au sens propre, un partenaire historique du Festival du court de Clermont.
Il convient d’employer le passé, car la chaîne privée ne sera pas partenaire de l’édition 2027. La nouvelle est tombée par la voix d’Éric Roux, président réélu pour un troisième mandat, qui a simplement déclaré à nos confrères de La Montagne : « L’histoire s’arrête, tout simplement ». Ce n’est d’ailleurs pas la première fois qu’un gros partenaire se désengage du festival clermontois ; on peut même dire que c’est la vie ordinaire de toute manifestation d’envergure qui mixe autofinancement et financements publics-privés. Et comme l’a précisé Éric Roux, Canal+ s’est retiré d’autres manifestations.

Un désengagement progressif du festival

À peine l’information était-elle rendue publique que fleurissaient déjà les premiers commentaires éminemment politiques. Canal+ se retirerait au motif de sifflets lors de la diffusion des films promos de la chaîne en ouverture des séances de la dernière édition. Le raccourci est trop facile, trop simpliste. De plus, le comportement de certains spectateurs vis-à-vis du groupe Bolloré ne doit pas être amalgamé avec une quelconque inclination de l’équipe d’organisation.

Une fois de plus, un coup d’œil vers le passé permet de comprendre les choses. Il y a déjà plusieurs années que le groupe Canal réduit la voilure vis-à-vis du cinéma, et du court en particulier, bien avant le mouvement « Zapper Bolloré » qui anime actuellement une partie du monde de la création.

Déjà en 2020, Canal+ était au centre des discussions avec le départ de Pascale Faure, alors directrice des programmes courts de la chaîne. Indéfectible soutien de la profession et présente chaque année à Clermont pendant 30 ans, elle jouait un rôle majeur dans la production et la diffusion des films. « Canal+, le festival et le marché du court ont grandi ensemble », soulignait Anne Parent, ancienne responsable du Marché du Film Court dans une interview à Télérama, ajoutant : « Maintenant que Pascale est partie, quelle place le format va-t-il occuper sur la chaîne ? ». Le désengagement n’est donc pas une grande surprise et la décision est à replacer dans la stratégie globale de la chaîne, disparue de la TNT il y a un an.

« Le monde culturel n’a pas vocation à être docile pour mériter des financements »

C’est évidemment un nouveau coup dur pour le Festival clermontois qui a dû, en 5 ans, affronter un surcoût lié au Covid, puis une baisse de l’aide apportée par le Conseil régional. « Le monde culturel n’a pas vocation à être docile pour mériter des financements », a écrit sur les réseaux sociaux Hugo Franck, maire de Royat, en charge de la culture à la métropole, ajoutant : « Notre devoir est de garantir aux acteurs culturels la liberté de créer, de programmer et de s’exprimer. Une culture libre, pluraliste et indépendante n’est pas une option : c’est un principe. Les partenaires sont libres de leurs choix. D’autres auront, sans aucun doute et sans condition, l’ambition d’accompagner un Festival qui fait rayonner notre territoire et porte, bien au-delà de Clermont, les valeurs du cinéma et de la création », conclut l’élu.

De son côté, Hervé Prononce, président de Clermont Auvergne Métropole, rappelle que « dans un contexte actuel particulièrement instable, la culture doit plus que jamais nous rassembler et nous ouvrir sur le monde », précisant que la Métropole restera un soutien engagé et fidèle au Festival, mais aussi au projet de la Cité du Court. « J’appelle de mes vœux le rassemblement de tous les acteurs locaux et nationaux pour soutenir cet événement majeur, conforter son développement et assurer sa pérennité », rappelle le président, qui ne perd pas de vue que le festival du court-métrage représente, chaque année, plus de 10 millions d’euros de retombées économiques directes.

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À propos de l'auteur

Olivier Perrot

Pionnier de la Radio Libre en 1981, Olivier Perrot a été animateur et journaliste notamment sur le réseau Europe 2 avant de devenir responsable communication et événements à la Fnac. Président de Kanti sas, spécialisée dans la communication culturelle, il a décidé de se réinvestir dans l'univers des médias en participant à la création de 7jours à Clermont.

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