Ce week-end, une photo de Maximilien Lamy est devenue virale, reprise par des grands médias du monde entier. On y voit un couple de vacanciers à la plage, confortablement assis sur des petits fauteuils pliants, à l’abri du soleil sous un parasol bien français aux couleurs d’une boisson anisée. Ce couple, a priori en vacances, se détend sur le sable de Lacanau, un spot réputé pour être le paradis des surfeurs. Ce jour-là, il y a assez peu de chances qu’ils puissent voir le fameux rayon vert. Ce qu’ils ont en face d’eux est un incendie monstrueux, qui donne au ciel des couleurs étranges et qui transforme la Gironde en un gigantesque brasier incontrôlable.
L’histoire se répète
Le photographe a demandé de ne pas juger ce couple à coups de commentaires sur les réseaux sociaux, aussi faciles que déplacés. Le cliché de ce couple face à un spectacle d’apocalypse qui possède, il faut bien l’avouer, quelque chose de fascinant, est un vrai symbole. Celui d’un monde qui part en fumée et en particules fines. L’incendie de la Dune du Pilat il y a 4 ans, qualifié à l’époque de « mégafeu », n’était finalement qu’une alerte puisqu’il n’avait détruit « que » 7 000 hectares. Plus lointain, en 1949, le massif forestier des Landes de Gascogne avait déjà été dévoré par un feu, qui avait détruit 52 000 hectares de forêt et entraîné la mort de 82 personnes. L’histoire se répète avec ce sentiment que l’homme ne tire finalement que peu d’enseignements de ces moments dramatiques pour la population, pour la faune et la flore et bientôt pour l’économie du territoire.
« Notre maison brûle »
Ce nouvel incendie va-t-il enfin convaincre les climatosceptiques qui restent sourds aux arguments des lanceurs d’alerte ? René Dumont et son verre d’eau en 1974 était un précurseur. 5 ans plus tard, Haroun Tazieff expliquait déjà le phénomène du réchauffement climatique et de ses répercussions à venir, mais à l’époque ses arguments étaient systématiquement balayés, y compris par la presse. Les politiques, eux, n’avaient d’yeux que pour le PIB, l’économie internationale, la France forte quoi qu’il en coûte. Seul Jacques Chirac avait osé le fameux « Notre maison brûle et nous regardons ailleurs » au Sommet de la Terre en 2002.
Aujourd’hui, les maisons brûlent en Gironde comme dans le monde entier et nous sommes bien obligés de les regarder en constatant que la nature ne fait pas les choses à moitié lorsqu’elle prend le dessus, reléguant l’homme à peu de chose.
Sur la côte Atlantique, le fameux A400M attendu comme le Messie n’est finalement passé que deux fois sur la zone et les pompiers, combattants héroïques, font ce qu’ils peuvent avec des moyens certes importants mais qui paraissent presque dérisoires. Face à ce monstre incandescent, l’humilité reste de mise.
Le ciel de Clermont, témoin de l’apocalypse
Même en Auvergne, où l’on a parfois l’impression d’être protégé, on a pris conscience des répercussions d’un tel phénomène, lorsqu’en plein après-midi, le ciel est devenu jaune, l’air irrespirable et l’odeur de brûlé insupportable. Ce week-end, Bordeaux était étrangement proche du Massif central. Les habitants de la Terre du Milieu ont peut-être pris conscience que l’âge de l’insouciance écologique est révolu. Les incendies se multiplient dans des zones jusqu’alors épargnées, même le puy de Dôme a eu droit cette année à son incendie, heureusement vite maîtrisé. Cette semaine, les prévisionnistes annoncent une nouvelle vague de canicule. La flore va encore souffrir, les réserves d’eau vont baisser un peu plus et il faudra sans doute faire face à de nouvelles péripéties.
L’été 2026 laissera de nombreuses traces et lorsque les pluies d’automne seront revenues, si elles reviennent, il s’agira alors de tirer le bilan et d’agir en conséquence car il devient urgentissime d’imaginer le monde de demain.








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