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Bombe nucléaire / Photo BnF
Bombe nucléaire / Photo BnF
Edito

Destruction, dissuasion, prolifération

Le 6 août 1945 est rentré dans les livres d’histoire. Ce jour funeste a explosé les repères et l’équilibre mondial.

Cataclysme à Hiroshima. La ville est broyée, pulvérisée, anéantie. La punition extrême infligée par les Américains au Japon est aussi une leçon donnée au monde entier et particulièrement à l’Union Soviétique qui, en ce milieu de XXe siècle, constitue déjà une menace existentielle. Et pour que la démonstration soit plus cinglante, plus significative encore, les USA frappent une seconde fois, trois jours plus tard. Hiroshima fume encore quand Nagasaki, à son tour, subit les foudres atomiques. La ville portuaire est réduite à l’état de cendres, de amas, de poussière. On sait aujourd’hui que ce péché originel, commis soi-disant pour épargner la vie à des milliers de soldats américains, était inutile, le Japon se trouvant alors sur le point d’annoncer sa capitulation. Les Américains se doutaient-ils que quelques années plus tard, leurs ennemis soviétiques se doteraient à leur tour de l’arme nucléaire, celle dont le nom seulement suffit à donner des sueurs froides et à faire des cauchemars ?

Machine infernale

Depuis 80 ans, la bombe atomique constitue l’épée de Damoclès par excellence, celle dont on ne se sert pas (plus) mais qui doit inciter à la prudence. « Ne va pas trop loin sans quoi je t’anéantis … »  Il y a de quoi réfléchir en effet.  Mais qui donc serait assez fou ou téméraire pour appuyer sur le bouton, déclenchant ainsi la machine infernale, un processus sans retour ?

La prolifération de l’arme fatale constitue toutefois un problème majeur. Elle est aujourd’hui dans les mains de gens peu recommandables. Pas très rassurant en effet de savoir Kim Jong-un, le despote nord-coréen, en mesure de s’en servir.

Mais au fait qui a droit de posséder l’arme de destruction massive et qui ne doit pas l’avoir ? Et à qui d’en décider ? Au nom de quoi ?

La guerre Détroit

L’Iran enrichit l’uranium depuis belle lurette et ça n’est évidemment pas pour de strictes buts civils. Comme si leur potentiel de nuisance terroriste ne suffisait pas, les Fous de Dieu aiguillés par les Gardiens de la Révolution, veulent à leur tour rejoindre le cortège des puissances nucléaires. Ils y parviendront sans aucun doute, ce n’est qu’une question de temps. Dans la guerre qu’il leur mène, Donald Trump semble en effet avoir renoncé à l’essentiel pour se concentrer sur des enjeux plus prosaïques, en premier lieu le Détroit d’Ormuz. Quatre vingt ans après Hiroshima, l’arme nucléaire a essaimé, s’est répandu sur tous les continents. Et si elle peut freiner les ardeurs, on la qualifie généralement de dissuasive, elle constitue aussi un engrenage infernal dont nul ne sait jusqu’où il peut nous conduire.

Marc François

Marc-Francois / Photo Fanny Raynaud
Photo Fanny Raynaud

 

 

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À propos de l'auteur

Marc François

A débuté le métier de journaliste parallèlement sur une radio libre et en presse écrite dans les années 80. Correspondant de plusieurs médias nationaux, rédacteur en chef de l’hebdomadaire Info Magazine (Clermont, Limoges, Allier) pendant 9 ans, il a présidé le Club de la Presse Clermont-Auvergne entre 2009 et 2013. Il est l’initiateur de 7 Jours à Clermont.

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