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analyse comptes 24 25 CF63
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CF63 – Des comptes 24/25 sur une pente dangereuse…

Pour son retour en Ligue 2, le Clermont Foot 63 a vu ses revenus chuter bien plus vite que ses dépenses. Malgré des recettes de transferts importantes et une trésorerie encore correcte au 30 juin 2025, le club a terminé la saison avec une perte nette de 6.721 millions d’euros. Les comptes montrent surtout un modèle économique devenu trop coûteux pour les ressources ordinaires du CF63.

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L'Essentiel

Pour 2024-2025, Clermont Foot 63 enregistre une perte nette de 6,721 M€, malgré des recettes de transferts élevées et une trésorerie de 8,842 M€ au 30 juin 2025.
Les revenus 2024-2025 restent limités: droits audiovisuels 5,897 M€, sponsoring 2,615 M€, affluence moyenne 5 135 spectateurs et billetterie 0,839 M€, panier moyen 163 €.
La masse salariale s’élève à 12,713 M€, les autres charges à 12,509 M€, soit 28,032 M€ hors transferts; déficit avant impôt −7,068 M€ et net −6,721 M€.

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Des revenus limités malgré l’aide à la relégation

Le Clermont Foot a perçu 5.897 millions d’euros de droits audiovisuels en 2024-2025. Ce montant reste loin des 17.307 millions touchés lors de la dernière saison de Ligue 1, mais il est supérieur aux 5.154 millions enregistrés en 2020-2021, année de la montée. L’aide à la relégation a permis au club d’être mieux traité que la plupart des équipes de Ligue 2, puisque seules trois formations ont reçu davantage.

Les recettes de sponsoring ont également progressé par rapport au précédent passage dans la division. Elles ont atteint 2.615 millions d’euros, contre 1.375 million quatre ans plus tôt. Cette amélioration reste toutefois relative : neuf clubs de Ligue 2 ont attiré davantage de revenus commerciaux. Le CF63 continue notamment d’évoluer dans l’ombre de l’ASM, qui concentre une grande partie des partenaires majeurs du territoire.

Au total, les produits hors transferts se sont élevés à 11.532 millions d’euros. Sans l’aide accordée aux clubs relégués, Clermont aurait figuré parmi les plus petits chiffres d’affaires de la division.

Un public encore trop peu nombreux

La relégation a aussi entraîné une forte baisse des recettes liées aux matches. Avec 5135 spectateurs de moyenne, le CF63 n’a obtenu que la 11e affluence de Ligue 2. La billetterie et les revenus associés ont rapporté 0.839 million d’euros, contre 2.355 millions lors de la dernière saison dans l’élite.

Le panier moyen par spectateur s’est limité à 163 euro, soit une baisse de plus de 30 % par rapport à la Ligue 1. Il s’agissait du sixième montant le plus faible du championnat. Ce manque d’engouement ne pénalise pas seulement la billetterie. Il réduit aussi le potentiel du sponsoring, du merchandising et des activités commerciales autour du stade.

Les autres produits ont rapporté 2.181 millions d’euros. Cette rubrique rassemble notamment la buvette, les ventes de maillots, les subventions et les redevances UEFA liées au centre de formation. Sa chute vertigineuse par rapport aux 19.199 millions de la saison précédente s’explique surtout par la fin des versements CVC, qui représentaient 16.5 millions d’euros.

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Une masse salariale trop élevée pour la Ligue 2

Le club a réduit ses dépenses de personnel après la relégation, mais pas suffisamment. La masse salariale chargée est passée de 22.959 à 12.713 millions d’euros. Elle reste très supérieure aux 7.665 millions dépensés lors de la saison 2020-2021.

Le problème est simple : les revenus ordinaires du club n’ont même pas permis de couvrir la masse salariale. Pourtant, Clermont disposait de la sixième enveloppe salariale de Ligue 2. Ce niveau de dépenses aurait dû lui permettre de viser bien mieux qu’un barrage pour éviter la relégation.

Le CF63 se retrouve ainsi dans une position difficile. Son effectif coûte trop cher par rapport à ses recettes, mais son budget reste très éloigné de celui des principaux candidats à la montée, dont les masses salariales se situaient entre 20 et 30 millions d’euros.

À cela s’ajoutent 2.300 millions d’euros d’amortissements liés aux achats de joueurs, principalement Caufriez et Pelmard. Leur maintien dans l’effectif a continué de peser sur les comptes.

Des charges de fonctionnement qui ont peu baissé

Les autres charges ont atteint 12.509 millions d’euros, soit presque autant que la masse salariale. Elles comprennent notamment les équipements, le merchandising, les déplacements, l’entretien du stade, l’hospitalité, le fonctionnement administratif, le suivi médical et le centre de formation.

Ce montant est plus de deux fois supérieur à celui de la saison 2020-2021, où ces dépenses s’élevaient à 5.872 millions d’euros. Le club semble donc avoir conservé une partie du train de vie développé en Ligue 1 sans disposer des revenus nécessaires pour le financer.

L’analyse des comptes souligne évidemment le poids des frais de management versés à la holding suisse du président Ahmet Schaefer. Ils seraient restés proches de 4 millions d’euros malgré la relégation. Faute de comptes sociaux détaillés, il reste difficile de connaître précisément leur utilisation, mais leur montant contribue fortement aux interrogations sur la structure des dépenses du club.

Au total, les charges hors transferts se sont élevées à 28.032 millions d’euros. Elles étaient donc plus de deux fois supérieures aux recettes ordinaires.

Les ventes de joueurs limitent la casse

Le déficit des opérations hors transferts a atteint 16.500 millions d’euros. Le club a dépensé environ 2.5 fois ce qu’il a généré par son activité courante. Un tel écart ne peut être compensé durablement que par des ventes de joueurs ou par un apport de l’actionnaire.

Les transferts ont rapporté 9.106 millions d’euros. Cette somme correspondrait principalement aux départs de Cham pour 4 millions, de Neto Borges pour 1.5 million et au retour de prêt payant de Jacquet pour 1 million. Les autres ventes auraient permis de récupérer environ 2.5 millions supplémentaires.

Ces opérations ont réduit la perte, mais elles n’ont pas suffi à équilibrer les comptes. Le résultat avant impôt s’est établi à -7.068 millions d’euros et le résultat net à -6.721 millions.

La vente de joueurs reste une ressource normale pour un club comme Clermont, qui s’appuie sur la formation et la valorisation de jeunes éléments. Elle devient toutefois dangereuse lorsqu’elle sert à financer chaque année le fonctionnement quotidien, alors qu’aucun club ne peut être certain de réaliser régulièrement des transferts capables de combler un déficit aussi important.

Une situation encore positive, mais déjà fragile

Au 30 juin 2025, le CF63 disposait encore de 8.842 millions d’euros de trésorerie. Cette situation pouvait sembler rassurante, mais elle reposait en partie sur le soutien de l’actionnaire. Les comptes courants d’actionnaires ont en effet progressé de 2.171 à 7.178 millions d’euros.

La situation nette du club est tombée de 11.893 à 5.114 millions d’euros en un an. La perte de la saison a donc absorbé une grande partie des réserves constituées pendant le passage en Ligue 1.

Le club conserve néanmoins des actifs. Ses investissements, notamment dans le centre de performance, représentent 6.824 millions d’euros. Il possède également 5.214 millions de créances sur les transferts de joueurs. Ces sommes ne sont cependant pas immédiatement disponibles, car les paiements sont souvent étalés.

Les dettes financières ont augmenté pour atteindre 3.956 millions d’euros, notamment en raison de l’emprunt lié au centre d’entraînement. Les dettes sur les transferts sont également montées à 3.038 millions.

Repenser le club avant de parler de remontée

Les comptes 24-25 du Clermont Foot montrent un club qui a trop lentement adapté ses dépenses à la Ligue 2. Ses revenus restent modestes, son public peu nombreux et son activité commerciale insuffisante pour financer une organisation devenue beaucoup plus coûteuse qu’avant la montée.

Les ventes de joueurs et le soutien de l’actionnaire ont permis d’éviter une situation plus grave, mais ils ne peuvent pas constituer une solution permanente. Selon des éléments plus récents, l’exercice 2025-2026 aurait encore aggravé la situation, avec un déficit estimé à 13 millions d’euros.

Les déclarations du nouveau président Stéphane Tessier, selon lesquelles le club est passé près de la disparition, prennent donc tout leur sens. Avant de penser à retrouver la Ligue 1, le CF63 doit réduire ses charges massivement, renforcer ses revenus locaux et retrouver un fonctionnement compatible avec ses moyens réels. C’est ce qu’il semble se passer depuis l’arrivée du clan Tessier aux commandes du club.

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CF63 Insights est un compte Twitter (X) dédié au Clermont Foot 63 qui propose des analyses statistiques, de l'actualité et des débats autour du club Auvergnat.

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