Il y a un an, le constat était déjà sombre. Aujourd’hui, il s’est aggravé. De la Gironde aux Landes, en passant par le Var, la France fait face à une explosion des surfaces brûlées, marquées par des évacuations massives et le sacrifice tragique de sapeurs-pompiers en intervention.
Mais la dynamique du risque a changé de nature : ce qui touchait principalement le Sud menace désormais l’ensemble de l’Hexagone. Les massifs de moyenne montagne et la Chaîne des Puys – Faille de la Limagne ne sont plus à l’abri. C’est la raison pour laquelle Lionel Chauvin a rédigé une tribune expliquant que face à cette vulnérabilité grandissante, le monde agricole apparaît comme un rempart de première ligne : En effet, la déprise agricole et l’embroussaillement agissent comme de véritables bombes à retardement alors que les paysans et éleveurs constituent le premier bouclier de prévention sur le terrain, tout en garantissant l’autonomie alimentaire locale.
Qui finance vraiment les pompiers ?
Dans sa tribune le président Chauvin rappelle que contrairement à une idée reçue bien ancrée, ce n’est pas l’État qui finance la majorité des secours en France, mais bien les collectivités territoriales. Plus de 90 % du budget des SDIS (Services Départementaux d’Incendie et de Secours) est porté par les collectivités territoriales dont près de 60 % de ce montant est pris en charge par les seuls Départements.
En l’espace de deux décennies, l’effort financier des Départements a plus que doublé, passant de 1,6 à 3,3 milliards d’euros. Mais en face, les mécanismes d’accompagnement de l’État montrent leurs limites : la TSCA Taxe Sur les Conventions d’Assurance ne couvre que 48 % de cet effort, sur la base de critères de répartition obsolètes appuyés sur le parc automobile de… 2003.
Face à l’urgence, le département du Puy-de-Dôme a choisi d’injecter des moyens massifs pour soutenir ses effectifs, qu’ils soient professionnels ou volontaires :
4 millions en 2022, puis 5 millions d’euros d’aides exceptionnelles en 2023 ont été fléchés. Et depuis 2024, 1 million d’euros supplémentaire en fonctionnement et 2 millions en investissement sont votés chaque année. Le président a fait les comptes : la collectivité a accordé 44,7 millions d’euros d’effort cumulé depuis 2021.
Les revendications adressées à l’État
Alors que les Départements traversent une crise financière, la situation actuelle atteint ses limites structurelles. Selon les élus locaux et le réseau Départements de France, les pistes de solution sont pourtant déjà identifiées par plusieurs travaux officiels comme le rapport Accary-Gleyze de 2022, le rapport Falco de 2023,ou celui de Beauvau de la sécurité civile.
Les collectivités réclament désormais des mesures concrètes et immédiates avec une fiscalité dédiée via la création d’une taxe additionnelle sur le foncier bâti affectée directement au financement des SDIS, une répartition juste avec une taxe revalorisée et dynamisée, calculée selon la réalité des risques de chaque territoire et enfin une compensation des missions avec la juste indemnisation des interventions sanitaires assurées par les pompiers au-delà de leur périmètre initial.Face à la pression climatique et budgétaire, le message adressé à l’État est clair : sans réengagement financier à la hauteur des enjeux, c’est l’ensemble du modèle de protection civile et du contrat social territorial qui risque de partir en fumée. Lionel Chauvin ne mâche pas ses mots “Nous, Départements, n’attendons ni un rapport de plus, ni des trémolos au pied des Canadair. Nous attendons des actes. Vite. Les forêts brûlent et nos finances également !”













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